Dictionnaire superflu de la musique classique

Troisième édition, 500 pages et plus de 1000 entrées. Ce dictionnaire superflu de la musique classique remasterisé de la plume de Pierre Brévignon et Olivier Philipponnat se dit s’adresser aussi bien aux néophytes curieux qu’aux mélomanes avertis. Superflu, certes, mais aussi follement instructif!

Un peu de légèreté dans le monde de la musique classique, ça ne fait pas de mal. Il faut dire que celle-ci traîne derrière elle une bien longue et tumultueuse histoire. Plus de dix siècles d’âge, une majorité de timbrés faussement bouclés comme mécènes, ayant paradoxalement légué des œuvres exceptionnelles et impérissables… La réputation impressionne, le domaine, souvent taxé d’élitisme, semble inaccessible et impitoyable. Un lourd fardeau.

Qu’à cela ne tienne, Pierre Brévignon et Olivier Philipponnat, experts en la matière, nous livrent dans ce dictionnaire une mine d’infos fraîches et croustillantes sur l’univers de la musique classique, au sens (très) large. Le ton est donné dès la deuxième de couverture qui présente de fausses pochettes de disques (dieu que j’aurais payé cher pour entendre The Whoopi Goldberg Variations de Bach interprétees par Glenn Gould!). De Abba à Zymo-XYL, les entrées sont nombreuses. Très variées: pas question ici d’un énième dictionnaire scolastique sur les croches et les cymbales, ou de biographies longues et ennuyeuses de grands compositeurs, qui ne sont d’ailleurs autrement décrits que par des citations acides et honteuses de leurs (imp)pairs à mourir de rire. Et pour le moins inattendues: Berlusconi, cul, FBI, hareng et permis de conduire, notamment. Cherchez l’intrus.

Les descriptifs ne sont pas des plus tendres. Les mythes sont ainsi cassés, les réputations bousculées, pour le meilleur, et surtout pour le pire. Les mélomanes psychorigides ultraconservateurs et dépourvus de second degré (pauvres d’eux) se verront meurtris au plus profond de leur chair…

Superflu ? Évidemment, le guide le plaide haut et fort, mais il n’en est pas moins dénué d’intérêt, que du contraire! Il informe de manière audacieuse et originale sur des faits réels, donnant au lecteur la possibilité d’aller plus loin avec des références discographiques/extraits Youtube. On émettra par contre une petite réserve sur le fait qu’il soit destiné aussi bien aux mélomanes qu’aux amateurs; il faut un minimum de culture musicale pour en saisir les subtilités. Ce joyeux bric-à-brac illustré dans l’esprit d’un certain Auguste Derrière offre un regard décalé sur l’univers de la musique classique, la rendant plus accessible et amusante, au travers d’histoires et anecdotes savoureuses et délirantes. On rit, certes, mais on apprend aussi beaucoup, au hasard des entrées. Et quand l’humour rencontre l’érudition, c’est du tout bon!

Dictionnaire superflu de la musique classique, Pierre Brévignon et Olivier Philipponnat, Editions Le Castor Astral, 512p., 19.90€

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Coordinatrice éditoriale pour Culture Remains, j'use aussi de temps à autres de ma plume. Culturellement plutôt classique, je reste toujours ouverte à d'autres horizons.

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