Deux disques à écouter le soir: Hugo et Oscar and the wolf

Quoi de mieux pour commencer la semaine qu’un peu de musique? Ca tombe bien: deux albums absolument merveilleux viennent de sortir. Le retour inattendu du plus anglo-saxon des chanteurs français (qui se dit aussi Belge convaincu sur Facebook), Hugo. Et le premier album tout aussi réussi que mystérieux d’un jeune groupe belge, Oscar and the Wolf.

Hugo, l’homme du soir renaît au jour

 

Troisième album en dix-huit ans pour Hugo. Mais la rareté a parfois bon goût!
Troisième album en dix-huit ans pour Hugo. Mais la rareté a parfois bon goût!

 

Entre la nuit et le jour vient l’homme du soir, celui qui s’efface, qui s’évade, peu à peu, sur la splendide pochette de l’album L’homme du soir d’Hugo. Un retour flamboyant pour celui qui nous avait emmenés dans La Nacelle, en 1996. Mais si! La Nacelle, ce tube qualifié à l’époque de « Laurent Voulzy sous acide » et qui vous rappellera sûrement des souvenirs:

Dix-huit ans après, Hugo, Chastanet de son nom, revient avec son (seulement) troisième album sur lequel il a tout fait tout seul. C’est peu de dire que l’homme est un artiste rare.  Pourtant, avec son premier hit toujours apprécié sur les ondes radio, on avait l’impression qu’Hugo ne nous avait jamais quittés. Et Hugo est toujours là, plus que jamais, sa voix n’a pas changé, elle est toujours aérienne et douce, éternellement adolescente, on pense parfois à celle de Stanislas.

Et sa musique est toujours autant ultra-mélodique. Car oui, la religion d’Hugo, c’est la pop, mais pas n’importe laquelle: la pop anglo-saxonne, celle des Beatles, des Byrds… En désaveu de la culture pop française où les textes passent avant tout, Hugo écrit d’abord ses mélodies et y fait coïncider ses textes. Et c’est tant mieux! Dès l’entame de ce nouvel album, l’ambiance est résolument folk, un peu western aussi, mais trépidante surtout: la pop efficace nous entraîne vers les grands horizons, riche et intemporelle. Ça commence en douceur, lentement. Et au fur et à mesure, on n’a d’autre choix que de pousser le son tellement c’est bon. Depuis l’accident, J’entends, Je suis dans un train (qu’on se verrait bien prendre avec lui tant ses aventures ont l’air passionnantes), Nous nous assemblerons forment une véritable collection de petites perles.

Les textes, un brin fantasmagoriques, sont empreints d’insouciance, de légèreté. D’un peu de rêve aussi. De quoi se dire qu’après le retour réussi de Dalcan il y a quelques mois, la pop en français n’a jamais été aussi rayonnante. Et si Hugo n’est plus dans la nacelle depuis longtemps, il continue son envolée.

Hugo, L’homme du soir, Hot Puma Records, disponible en cd en Belgique et sur toutes les plates-formes digitales ailleurs.

Après Pierre, Oscar et le loup

OSCAR AND THE WOLF - ENTITY

Après le soir d’Hugo, vient la nuit étrange et happante d’Oscar and The Wolf, véritable OVNI qui vient de sortir son premier album Entity. J’ai découvert Oscar and the Wolf lors d’un périple nocturne, l’autoradio crachait de la bonne musique et tout d’un coup, énorme coup de coeur: Princes d’Oscar and the wolf, envoûtant. Un must diffusé largement depuis:

Un titre prometteur pour ce jeune groupe belge, prélude à un album tout aussi génial, prétexte à une autre virée automobile dans l’encre de la nuit. Car oui, l’album vaut le détour, dès le premier instant, avec son mélange métallique de techno industrielle, d’électronique et de pop, aussi froid qu’envoûtant. Chaque note est posée dans toute sa pureté et la voix de Max Colombie émane tel un fantôme, sans surdose d’effets et ne relâchant jamais son emprise. Les thèmes emplis de romantisme gothique emmènent l’auditeur en territoire vampire, entre science-fiction et l’oeuvre de Francis Bacon.

Parfois aux limites de la dance (Strange entity), on se prend à imaginer un remix de certains morceaux. Mais ne boudons pas notre plaisir, une chose est sûre: sans temps mort, les douze morceaux d’Entity scintillent et dévoilent un réel univers qu’on est impatient de découvrir sur scène (le 8 mai à l’Ancienne Belgique pour les chanceux ayant flairé le bon coup avant le sold out inévitable, aux Nuits Botaniques du 28 mai, durant les festivals de l’été comme Werchter ou le 24 octobre, de retour à l’AB).

Les échos du fin fond de l’océan magnifiquement reproduits sur Under the skin et le jazzy feutré Killer You (émotionnellement intense) en finissent de hanter la nuit. Oscar crie au loup, et nous, nous aurions tendance à crier au chef-d’oeuvre tant c’est brillant.

Oscar and the wolf, Entity, chez Pias.

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Cultureux vorace et journaliste avide, je me promène entre découvertes et valeurs sûres, le plus souvent entre cinéma, musique et bandes dessinées mais tout est susceptible d'attirer mon attention :)

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