Dunkerque de Nolan : une fresque immersive

Voir Dunkerque, le film le plus attendu de l’année, réalisé par Christopher Nolan, le roi du blockbuster d’auteur, 10 jours avant sa sortie, c’était l’événement cinématographique de l’année !

Au cinema le 19 juillet, Dunkerque raconte en Mai 1940, l’évacuation de la ville (nommée Opération Dynamo), épisode majeur de la Seconde Guerre mondiale, au cours duquel 400 000 soldats britanniques et français encerclés sur la plage par les troupes allemandes ont été évacués.

Si il existe peu de films basés sur cette opération (excepté Dunkirk de Leslie Norman, ancien de la British Army, réalisé en 1958 ou Week-end à Zuydcoote, film désenchanté et anti-militariste de Henri Verneuil réalisé en 1964),  c’est que le sujet a peu inspiré le cinéma car dans les livres d’Histoire, Dunkerque reste une déroute et une débâcle.

Pourtant, pour les Anglais, elle est une victoire prometteuse et stratégique qui aura permis de sauver de nombreux hommes.

Nolan évite le film de guerre à grand spectacle pour nous livrer une grande épopée épique, universelle et surtout humaine en s’appuyant sur le livre de Joshua Levine, historien spécialiste de l’opération Dynamo.

Réalisé par l’auteur de The Dark Knight, Inception ou Interstellar, c’est un véritable challenge pour un film hollywoodien qui retrace une page d’histoire méconnue aux USA où il n’y est question d’aucun Américain.

Tourné loin des studios californiens Nolan a également choisi de tourner un film authentique dans des décors naturels (à Dunkerque).

Et on pense à Das Boat (1982) de Wolfgang Petersen, un des plus grands films de guerre sous-mariniers allemands (et un des plus grands succès du cinema allemand) en pleine Seconde Guerre mondiale la psychologie en moins. Car Nolan décrit une réalité plus qu’une fiction jusqu’au choix de son casting: le choix d’acteurs peu connus  (excepté Kenneth Branagh ou Mark Rylance) évite les références pour plus d’immersion (Harry Styles du groupe One Direction est une belle surprise !).

C’est aussi un film au coeur de l’action (à voir sans hésiter en IMAX pour une expérience cinématographique hors du commun !) : au sol sur la plage de Dunkerque, en pleine mer à bord des little ships ou dans les airs embarqués dans un cockpit de Spitfire pendant les combats aériens; c’est une fresque immersive totale! 

Définitivement, Nolan ne signe pas un film de guerre  – d’ailleurs on n’y voit jamais les Allemands – mais réhabilite l’Histoire, celle d’une « victoire dans la défaite » (dixit Churchill), une histoire de survie, celle de soldats qui avaient pour seule arme l’espoir.

Comme une résonance à l’actuelle crise des migrants en Europe, Dunkerque est loin d’être de l’histoire ancienne…

Au cinéma à partir du 19 juillet.

A découvrir également en Imax ( dans certaines salles ) et en 70 mm ( en exclusivité au Gaumont Champs-Elysées ou au Cinéma Grand Mercure à Elbeuf en Normandie ).

 

Written By

Atteinte de cinéphilie aiguë, Lorraine Lambinet, fille de projectionniste, a passé son enfance dans les salles obscures. Titulaire d'une Maîtrise Arts du Spectacle et Écrits Cinématographiques, elle a touché à tous les domaines du 7ème Art aussi bien à la programmation (Festival Quais du Polar, Courts du Polar), l'exploitation (Projectionniste), la réalisation (Assistante réalisatrice) ou la production (Assistante de production long-métrage ). Aujourd'hui, elle est Directrice d'un cinéma en région parisienne.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *