Écris que tu m’embrasses

Ce mardi vingt janvier, je m’en allai d’un bon pas vers la salle du petit Varia, rue Gray, dans l’optique de voir cette pièce au doux titre : Écris que tu m’embrasses. Ce qu’il faut que vous sachiez, de prime abord – et cela n’a aucun rapport avec la pièce en elle-même –, c’est que, lorsque vous projetez de vous rendre au Varia pour assister à un de leurs délicieux (ou moins délicieux, les goûts et les couleurs, n’est-ce pas, … Vous connaissez la suite !) spectacles et que, par le plus grand des hasards, cette même représentation se donne au petit Varia, ne vous rendez pas directement à la rue Gray, comme mon humble personne. Pour peu que vous aussi, vous manquiez cruellement de ponctualité, cela peut aboutir à une catastrophe notoire (c’est-à-dire pas de ticket et qui dit pas de ticket, dit pas d’accès à la salle et qui dit pas d’accès à la salle dit pas de possibilité d’assister au spectacle et qui dit pas de possibilité d’assister au spectacle dit retour au bercail le bec dans l’eau et un trajet – qui ne se fit, indubitablement, pas à vol d’oiseau – inutile et vain… Bref !). Heureusement pour mon imbécillité, tout rentra dans l’ordre mais, sachez donc qu’avant de vous rendre rue Gray, il vous faudra passer par la case « Rue du Sceptre » pour recevoir vos tickets.

Écris que tu m’embrasses relate un échange épistolaire entre un soldat, Thomas, qui n’a encore jamais reçu de courrier et une femme seule, Josée, qui n’a rien à perdre. Comment se sont-ils trouvés ? C’est simple (enfin, non, pas tellement) : Thomas est dans le régiment d’Adile, Adile est un ami de Simon, Simon est le cousin de Josée, Josée garde la maison de Simon pendant son absence (lui aussi est au front) et les femmes des amis de Simon (Mireille, Lucie et « la fouine ») viennent prendre le café chez elle – parce que son café est di-vin ! – et papotent pour oublier. Peu à peu, au fil des lettres, Thomas et Josée tombent amoureux, sans même s’être vus. Seulement, voilà, il y a un « hic » : Josée n’est pas vraiment une femme. Josée, c’est le cousin Simon, déguisé en femme pour échapper à la guerre. Dès lors, nous entrons de plein pied dans un sujet maintes fois traité : l’effet dévastateur de la guerre sur la psychologie humaine et sur les hommes (faussant tous les repères, entraînant la recherche identitaire et parfois même la folie).
Virginie Thirion a relativement bien traité ce sujet : une analyse correcte, bien que non détaillée. Quelques blagues bien senties, des paroles un peu crues qui font sourire, des comparaisons assez cocasses, des calculs abscons mais aussi des moments d’émotion des confidences, et puis surtout, de l’espoir… Tout cela accompagné d’une mise en scène originale mêlant jeu théâtral et projection, jouant sur les espaces et le décor.
Toutefois, le rythme était un peu haché. Quelques passages à vide, un développement qui ne semble pas toujours aller en profondeur, une fin qui nous laisse légèrement sur notre faim… D’autant que, être seul sur scène est un véritable défi : il est nécessaire de captiver le public et de garder son attention. Vraisemblablement, ce jour-là, Christophe Herrada n’était pas au sommet de sa forme. Écris que tu m’embrasses aurait pu être une bonne pièce : le texte, la mise en scène et le jeu n’étaient pas, en soi, mauvais. Loin de là ! Mais, en sortant, il reste un goût (bien qu’il y ait toujours « cette histoire de subjectivité » !) de trop peu.
Dommage…
Du 20/01 au 7/02/2009 au Petit Varia (du mardi au samedi à 20h00)

Texte et mise en scène : Virginie Thirion.

Avec: Christophe Herrada

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