Egalité des sexes ou égalité des hommes?

Qui peut le nier ? La question de l’égalité des sexes est loin d’avoir fini de faire couler de l’encre. A une époque où les femmes ont – enfin ! – réussi à sortir de leur cuisine et à obtenir, envers et contre tout, une certaine indépendance et une liberté d’action, il est évident que le combat n’en est pas pour autant terminé. Conférence, livres, émissions télévisées, spectacles,… L’égalité des sexes est encore au centre de tous les débats. Oui, les femmes peuvent travailler, comme les hommes, mais ont-elles droit au même traitement ? Cette question récurrente nous assaille de partout au point que des campagnes de sensibilisation à l’égalité des sexe au niveau professionnel ont été mises en œuvre et, notamment, concernant le nombre de femmes à la Commission Européenne.

Leur publicité a le mérite d’être simple et directe tout en mettant en exergue l’aliénation féminine sans aborder les tergiversations liées à l’égalité femme/homme (qui touchent principalement, comme vous le savez, les éventuelles différences de capacité intellectuelle et physique mais aussi et surtout, le problème de l’enfantement). Mais qu’en est-il des autres domaines professionnels ? La politique européenne est importante, bien sûr, mais dans notre quotidien professionnel, comment cela se passe, exactement ? Des actions sont-elles mises en oeuvre? La femme a-t-elle un appui lors de situations inégalitaires?

Et puis, ne nous leurrons pas, il n’y a pas qu’au niveau professionnel qu’il y a encore du travail à faire. Car, oui, les stéréotypes ont la vie dure.

Les femmes cuisinent, les hommes bricolent. Les femmes élèvent les enfants, les hommes pourvoient aux besoins de leur famille. Les femmes sont fragiles, sentimentales et les hommes sont forts et ne pleurent jamais. C’est comme ça, depuis que le monde est monde, chacun a sa place et est supposé y rester.

Combien d’hommes (et de femmes) pensent encore ainsi, sans parfois oser se l’avouer ? Combien d’hommes ne m’ont pas dit qu’une femme qui gagne plus qu’eux les mettrait bien trop mal à l’aise ? Combien de femmes se sentent obligées de prendre en charge la majeure partie de l’éducation de leurs enfants, simplement parce que ça va de soi ?

Mais pire encore, l’égalité des sexes a de vicieux ce que toutes les formes de sectarisme réformé engendrent : la suppression d’une ligne de conduite claire et un sentiment de honte et de malaise, quelle que soit la position dans laquelle on se trouve.

En effet, avant, les hommes avaient peur d’avouer qu’ils aimaient regarder des comédies musicales, par exemple, et les femmes d’affirmer qu’elles préféraient aller boire une bière que de passer l’aspirateur. Maintenant, les hommes ont aussi peur d’avouer aimer les comédies musicales qu’avoir envie de regarder un match de foot en buvant une bière devant le canapé pendant que leur femme prépare le repas alors que les femmes se sentent tout aussi gênées de mieux connaître les différents types de bières que les marques d’aspirateur que d’avoir envie d’arrêter de travailler pour se consacrer à l’éducation de leur progéniture.

En d’autres termes, on a tous (et là, au moins, on a le mérite d’être égaux) le cul entre deux chaises. Et, soyons francs, ce n’est pas ce qu’il y a de plus confortable.

Loin de moi l’idée de décrier le dur et long combat en faveur de l’égalité. Je ne fais que constater un état de fait… Tout ça pour dire que, si je salue et encourage toutes les initiatives visant à éradiquer toutes les formes d’inégalité et de sectarisme, peut-être serait-il utile de lancer des campagnes publicitaires visant à faire comprendre au citoyen lambda qu’il n’y a pas de norme et qu’il n’y en aura jamais. Et que rien ni personne ne peut remettre en question notre identité – forgée par nos croyances, nos envies et nos besoins – tant que celle-ci, bien sûr, n’entrave pas la liberté d’autrui*…

* Et comme le dirait Maïté, c’est une question de bon sens !

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