Emilio Lopez-Menchero à la CENTRALE for Contemporary Art

D’Emilio López-Menchero, on connaît surtout l’intervention urbaine Checkpoint Charlie ou la série d’autoportraits des « Trying to be… ». L’exposition que lui consacre actuellement la CENTRALE for Contemporary Art est l’occasion de mieux découvrir l’univers singulier du facétieux artiste bruxellois.

Emilio López-Menchero est né en octobre 1960 à Mol en Belgique. Après une formation initiale en architecture, il a étudié les arts visuels à la Cambre à Bruxelles. Pluridisciplinaire, il utilise tour à tour la performance, la photographie, l’installation, le dessin, la vidéo ou la peinture.

La rétrospective de la CENTRALE for Contemporary Art divertit autant qu’elle fait réfléchir. Au gré de notre déambulation, nous croisons un toréro cycliste, un garde-frontière US, un Balzac dans le plus simple appareil ou le terroriste Carlos.

Le parcours s’ouvre sur une vidéo dans laquelle Emilio López-Menchero campe un gardien de musée dans la salle Rubens des Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique. Là, au lieu de surveiller les nombreux touristes, il griffonne au stylo bic des « copies » d’œuvres du maître flamand. La scène ne manque pas d’interpeller les visiteurs. L’exposition permet également de visionner les interventions d’Emilio López-Menchero en lien avec le monde de l’art. Lors de la Biennale de Venise en 1999, il s’improvise ainsi marchand ambulant et tente de vendre des mini-Atomium en plastique dans la « Cité des Doges ». En 2010, il filme des ouvriers faisant interruption dans l’univers très codifié de la foire Art Brussels en transportant un tube en polyéthylène de 12 mètres de long.

Mais la performance la plus marquante d’Emilio López-Menchero reste très certainement Checkpoint Charlie. Organisée en 2010 dans le cadre du festival Kanal, l’artiste plaça un Checkpoint plus vrai que nature pour séparer la très « hype » rue Antoine Dansaert d’une partie bien moins favorisée de la ville. L’exposition y revient largement avec une vidéo, mais aussi des photos, lettres et extraits de journaux.

Dans la grande salle de la CENTRALE, un imposant nuage d’oreillers attire notre attention. Intitulé Willkommen, Bienvenue, Welcome !, il rend hommage à Semira Adamu, jeune nigériane de 20 ans étouffée avec un coussin par des policiers lors d’une tentative d’expulsion à l’aéroport de Bruxelles en 1998. Cette œuvre, ainsi qu’un enclos grillagé et plusieurs dessins à l’encre de Chine, évoque le sort des migrants et des réfugiés.

La série d’autoportraits des « Trying to be… » est un autre élément incontournable de la carrière d’Emilio López-Menchero. A travers ces photographies, il « essaie d’être », d’incarner des personnages célèbres. La transformation passe par les cheveux, la barbe, une gestuelle, une attitude. Le résultat est souvent saisissant. Au fil de l’exposition, on se retrouve ainsi nez à nez avec de nombreux artistes (Pablo Picasso, James Ensor, Frida Kahlo…), mais aussi Yasser Arafat, Carlos ou même Marc Dutroux.

Enfin, la rétrospective nous offre la possibilité de découvrir un Emilio López-Menchero peintre. Et, incontestablement, cette facette plus méconnue de l’artiste bruxellois vaut à elle seule le détour.

Emilio López-Menchero
Jusqu’au 29.03.2015 à la CENTRALE for Contemporary Art, Place Sainte-Catherine 44, 1000 Bruxelles.
Du mercredi au dimanche : 10h30-18h.
Tarifs : 5€/4€/2,50€/1,25€/gratuit.
Plus d’informations sur le site de la CENTRALE for Contemporary Art.
Photo : © Emilio López-Menchero, Checkpoint Charlie, 2010.

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