Emportez Médor dans vos bagages !

Alors que le paysage de la presse belge francophone continue de se renouveler sous un angle qualitatif ces derniers mois, Médor fait désormais figure de valeur sûre reconnue par les amateurs d’informations précieuses et de sujets important, qu’ils soient à la Une des actualités ou tout simplement d’actualité bien qu’apparaissant de prime abord plus légers ou éloignés de notre quotidien.

Ce « trimestriel belge d’enquêtes et de récits » qui veut garder « les yeux ouverts » a en tout cas le mérite de permettre à ses lecteurs, à chaque nouvelle livraison, d’ouvrir les yeux sur une série de problèmes sociaux, politiques, économiques,… de notre plat pays, mais aussi sur les affaires et arrangements divers entre ceux qui prospèrent sur le dos de l’argent public, de la santé du public ou qui altèrent à leurs fins la sensibilité de notre système judiciaire pour ce fameux idéal de « justice ».

Ce numéro – déjà le septième ! – estival ne fait pas dans le registre de la lecture légère de vacances à emporter sur la plage pour se vider l’esprit (pour votre moral, lisez-le plutôt sur le trajet aller qu’au retour). À part le désormais classique « Médor à jouer » – dont on laissera aux parents le soin d’apprécier s’il est plus adapté à eux qu’à leurs enfants – et une BD très immersive dans l’univers du théâtre-action, signée Louis Theillier, Médor n’est pas là pour divertir, mais pour informer (avec un sens de l’humour affirmé, malgré le tout, il faut le reconnaître), et c’est tant mieux !

Au menu de ce numéro, il y en a pour tous les goûts : vasectomie, conflit israélo-palestinien, meurtres et enquêtes, gros sous, kazakhgate, Doel, endettement, justice, open source, etc.

Saviez-vous par exemple que, en 2016, près de 8 800 hommes belges ont décidé de subir un petit coup de bistouri en hôpital de jour pour pouvoir s’adonner au Netflix & Chill l’esprit plus libre et/ou permettre à leur partenaire d’arrêter de prendre la pilule ? Saviez-vous aussi que le fameux « compromis à la Belge », a été exporté (et quelque peu transformé au passage, on vous laisse le découvrir) en Israël par une militante originaire d’Anvers, figure emblématique d’une ligne dure pro-colonisation, en faveur d’une « souveraineté totale » sur les actuels territoires palestiniens, imposée par la force.

Un mot aussi sur le fameux kazakhgate, sa genèse – où s’entrelacent des enjeux financiers et des réseaux bien utiles – ainsi que son actualité, mais aussi sur le projet d’extension d’un centre commercial à Louvain-la-Neuve, qui a suscité une importante mobilisation et a donné lieu à une consultation populaire exprimant un rejet massif du projet, dont l’avenir ne semble pourtant pas encore avoir été scellé par les autorités politiques locales.

Comme toujours, Médor propose un entretien au format long avec une personnalité : cette fois-ci, il s’agit de la juge Manuela Cadelli, qui préside l’Association syndicale des magistrats (ASM), et avait signé une carte blanche remarquée dans Le Soir il y a plus d’un an, intitulée, de façon assertive, « Le néolibéralisme est un fascisme ».

Si vous voulez en savoir plus sur ces sujets, mais aussi sur bien d’autres encore, rendez-vous vite chez votre libraire ou chez les Magasins du Monde d’Oxfam, mais aussi dans de nombreux points de vente (a)typiques.

Médor : les yeux ouverts. Trimestriel belge d’enquêtes et de récits, n° 7, été 2017, 17 €. ISSN : 2466-6718.

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Je n'aime pas parler de moi. Ce qui ne devrait pas être un problème vu que c'est peu probable que vous vouliez lire sur ce sujet. Par contre, j'aime bien écrire sur tout ce qui suscite ma curiosité, m'amuse ou m'interpelle. Parfois aussi les trucs que j'aime pas, pour vous mettre en garde, ou vous effrayer. Dur à dire.

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