En Normandie, on ne s’ennuie pas… Storytelling d’un voyage pas commode, de ville en ville !

La première chose qu’on a en tête lorsqu’on parle de Normandie, en tout cas pour bon nombre d’entre nous lorsqu’ils ou elles pensent à cette région côtière du nord de la France, est ce flanc de mer qui a vu débarquer, dès le 6 juin 1944, et pendant un certain temps des soldats américains, anglais, canadiens et d’autres pays. C’est bien évidemment le D-Day. Mais la Normandie, c’est bien plus que ça ! Nous sommes allés sur place, et nous avons été fouiner, de ville en ville, ce qu’il y avait à débusquer de culturel, d’historique, de politique aussi. Voici ce que nous avons trouvé, à Caen, à Rouen, à Cherbourg et au Havre, entre autres (et ce ne sont que les villes les plus connues) !

Rouen

Commençons par la plus grande ville de la région, une des cités les plus emblématiques aussi. Quand on pense à Rouen, on pense à Jeanne d’Arc, et pour cause, puisque c’est dans cette ville que la pucelle d’Orléans a péri par les flammes en l’an 1431. Ensuite, il s’en est passé des choses: la révision de son procès vingt ans plus tard, et quelques siècles et constructions d’églises ont donné à cette ville le nom de « cité aux cent clochers »… jusqu’à la conception d’un musée interactif sur le procès de Jeanne d’Arc.

A Rouen, on découvre bien d’autres choses. Pour les passionnés de littérature française et d’histoire des sciences, l’endroit tout indiqué est le Musée Flaubert et d’histoire de la médecine. L’auteur de Madame Bovary avait un père médecin… qui pratiquait dans cette grande maison typique de la bourgeoisie du 19ème siècle. Des appareils d’époque sont mis en vitrine, des dessins et des textes racontant les pratiques de la médecine de ce temps. L’évolution en un siècle et demi nous montre les pas de géants qui ont été franchis de façon claire.

Récemment, Rouen a été soumise à la « catastrophe de l’usine Lubrisol » mettant en danger la santé des Rouennais et des habitants des villes aux alentours. Nous y avons échappé de peu !

Etretat

A un jet de pierre (ou presque) de Rouen, sur la côte de la Manche, il y a Etretat. Village petit mais très touristique en haute saison, Etretat est surtout connu pour avoir accueilli les célèbres peintres tels que Camille Pissaro et Claude Monet, entre autres. Ce qui l’a fait connaitre au grand public, ce sont ses falaises, notamment celle qui forme un arc dont l’extrémité termine dans la mer, créant un trou assez remarquable et emblématique.

En haut de la colline, à flanc de falaise, les peintres ont posé leurs chevalets et répliqué ce paysage hors du temps. Des milliers de gens venus de France et d’ailleurs contemplent ce qui a inspiré les célèbres peintres.

Caen

Caen c’est le chef-lieu de l’ancienne région de Basse-Normandie (aujourd’hui simplement Normandie… comme jadis). C’est une cité millénaire, dernière grande ville où passe l’Orne avant de se jeter dans la Manche. En plus d’être le point central pour rejoindre toutes les villes décrites dans cet article, elle recèle de choses bien à elle. A commencer, bien sûr, par les remparts de l’ancien château, en plein centre-ville, où se trouvent actuellement le Musée des Beaux-Arts et le musée de Normandie. S’y promener permet par beau temps d’observer la ville sous tous ses angles. Les remparts renferment un centre d’information et musée, qui nous en apprennent davantage sur le passé de Caen.

La ville a un port de plaisance où des dizaines de bateaux attendent de reprendre la route des eaux. Un marché aux poissons et autres victuailles est installé, et si vous tombez le bon jour, vous en sentirez l’ambiance et l’odeur (horaires variables). Le port de plaisance est relié à l’Orne via un canal, ce qui a créé une mini-île, où se trouve le tribunal de Grande Instance, d’ailleurs. L’Odon se jette également dans l’Orne dans cette ville.

Château de Caen © BH

Certes moins nombreuses qu’à Rouen, les églises pointent aussi au-dessus des toits. Il y a par exemple l’abbaye aux Dames, la tour Le Roy (près du port), l’église Saint-Pierre, au pied du château de Caen.

Le Havre

C’est bien là une ville particulière. Le Havre a des racines industrielles qui ressortent encore aujourd’hui, bien qu’elles se dissipent de plus en plus. Son port est toujours le plus important de Normandie. Sa plage de galets est incontournable par jour de beau temps estival, avec ses skaters sur la digue et ses oeuvres d’art érigées à même le sable. Le Havre est en plein changement, désireuse de redorer son image souvent ternie par son côté industriel et peu ragoutant, selon certains. Ce qu’on peut dire, c’est qu’elle réussit à s’en sortir de ces clichés qui lui collent à la peau.

Cherbourg

Cherbourg, c’est la ville au bout de la Manche, au pied de l’Atlantique. Une ville où il fait bon vivre. C’est là que le paquebot le plus célèbre du 20ème siècle a accosté en France avant d’allumer ses moteurs vers d’autres horizons jusqu’à sa fin funeste. L’emplacement du Titanic, à bord duquel ont embarqué des centaines de personnes d’Europe et d’ailleurs pour une vie meilleure en Amérique est encore visible aujourd’hui. Dans le complexe culturel « La cité de la mer », littéralement au bord de celle-ci, il est possible de parcourir l’histoire du bateau, de l’intérieur comme de l’extérieur et faire connaissance avec les passagers et l’équipage. Nous entrons aussi dans ses chambres et sur son pont. Puis, juste à côté, (un peu moins célèbre mais tout de même !), il y a sous-marin Redoutable, conçu sur les volontés de Charles De Gaulle, afin de peser dans le jeu international, teinté par la Guerre froide. Chacun-e peut y entrer, se courber vers l’avant et découvrir la vie des marins qui partaient des semaines ou mois durant, en haute mer ou sous l’océan, très profondément. Un aquarium est également visitable avec diverses espèces de poissons dont un requin qui semble faire la fierté du lieu.

Le Titanic à son escale à Cherbourg le 12 avril 1912 © Collection Claude Molteni de Villermont

Ensuite, on peut se balader dans les rues, voir la statue de Napoléon 1er puis se rapprocher du centre-ville proprement dit. Cherbourg, c’est aussi connu pour le film « Les parapluies de Cherbourg », très célèbre des années 60. La manufacture est toujours là aujourd’hui, et vend ses parapluies colorés à qui en a le budget. Juste derrière, à une rue, la place Général De Gaulle et sa fontaine Mouchel.

Bayeux

Petite ville de province a priori, pourrait-on se dire. Mais qu’y a-il à faire se dirait d’aucun peu renseigné ? Eh bien, aller contempler la tapisserie de Bayeux, bien sûr ! Vous avez déjà entendu parler de la Bataille de Hastings ? C’est un des affrontements les plus célèbres du Moyen-Âge qui opposa Guillaume le Conquérant, duc de Normandie, à Harold, qui avait trahi le duc pour conserver la couronne d’Angleterre. Guillaume n’apprécia guère et lança ses troupes outre-Manche. L’histoire nous est décrite étape par étape, sur une tapisserie de plus de 68 mètres de long. Elle avait été commandée par Odon de Bayeux, demi-frère de Guillaume et évêque de la ville. C’était un outil de propagande à la gloire de son camp.

Le musée de la Tapisserie vous fait revivre la bataille et de ses causes profondes, en commençant par la mort du roi d’Angleterre, Edouard le confesseur. Sa succession est l’événement qui déclencha tout, réveilla la soif de pouvoir des uns et des autres, opposa deux camps. Trace de première main (elle a été réalisée juste après la bataille), la tapisserie est un document extrêmement précieux pour connaître les relations internationales entre l’île et la Normandie à l’époque. Son état de conservation est incroyable, près de mille ans plus tard. Le guide audio vous fait plonger dans un passé en détail, trop souvent méconnu !

Les plages du débarquement

Il y en a cinq : Utah beach, Omaha Beach, Gold Beach, Juno Beach, Sword Beach, de gauche à droite. Ces plages normandes au bord de la Manche ont vu des milliers de soldats débarquer, en provenance du Royaume-Uni, du Canada, des Etats-Unis ou d’autres pays, depuis Southampton et d’autres villes anglaises.

Le 6 juin 1944, le plus célèbre des débarquements et celui qui fut décisif du côté français, a commencé. L’arrivée de soldats anglais, canadiens, américains et autres, allait prendre en tenaille l’armée allemande, occupée à combattre plus sévèrement sur son front est l’Armée Rouge.

Sur ces cinq plages, il n’y a plus rien. Sur les falaises qui les surplombent, des cimetières. A Omaha Beach, un énorme cimetière et des milliers de tombes blanches. C’est le cimetière américain. C’est aujourd’hui un lieu touristique, de mémoire. La plupart de ces soldats étaient des jeunes gens qui n’avaient pas trente ans pour la majorité d’entre eux. En haut, on regarde la mer, calme. Difficile de s’imaginer le champ de bataille, le carnage qui se déroula ici même, un jour.

Puis, il y a, à un kilomètre environ, le musée du débarquement. Nous sommes pris par l’ambiance de ces jours. Nous voyons les armes, les véhicules militaires utilisés, et des mannequins en treillis dans le décor, avec fond sonore explicatif.

Saint-Malo

Certes ce n’est pas en territoire normand, mais en Bretagne. Toutefois, c’est à un jet de pierre et nous y avons été faire un tour… en bonus. A Saint-Malo, dans la vieille ville, on est entouré de remparts, on sent le souffle du vent du large et on marche dans ces rues quasi piétonnes. Aujourd’hui, Saint-Malo est assez touristique; beaucoup de visiteurs viennent découvrir les charmes. Saint-Malo, c’est évidemment la ville de Chateaubriand, écrivain français incontournable, mais aussi de Surcouf, le célèbre corsaire. Tout est accessible à pied. Nous y avons découvert le festival Sur la route du rock en août dernier mais aussi l’expo Blandin à la Chapelle Saint-Sauveur. Ce peintre spécialisé dans les peintures marines, a d’ailleurs travaillé pour la Marine en tant que peintre officiel et nous a laissé quelques surprises, des peintures assez surprenantes qui rappellent parfois certains peintres flamands du début du 20ème siècle !

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Ancien étudiant en Sciences Politiques (ULB) Entre 2014 et 2016, gérant de L'étrier asbl. Depuis août 2016, président de Clap Culture, association désirant promouvoir la culture à travers les nouvelles créations, l'esprit citoyen et la conscience des enjeux de société à travers elle. Organisateur d'événements (Festival Mini-Classiques pour donner de la visibilité aux jeunes musiciens des différents Conservatoires ou d'ailleurs), journaliste, Réalisateur d'un projet radio de fiction "Les Pieds de l'Iris", suite d'histoires rocambolesques aux personnages à la trempe décalée sur fond de quartiers bruxellois.

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