Encres de vie, une collection de témoignages

Encres de vie est une collection publiée chez L’Harmattan qui fêtera ses trois ans début 2017. Annemarie Trekker, écrivaine et sociologue clinicienne de formation, y rassemble des textes riches en vécu, où l’on peut lire des auteurs aux parcours très divers qui ont pris leur plume pour raconter à d’autres, au public, ces moments tirés de leur mémoire et contribuant, chacun à leur façon, à la mémoire collective.

Cet intérêt pour ce travail de mémoire et pour l’écriture de soi anime Annemarie Trekker depuis de nombreuses années et l’a conduite à organiser des tables d’écriture, à dispenser des formations et à donner des conseils à d’autres auteurs (en devenir). En 2004, elle a fondé avec d’autres l’asbl Traces de vie qui vise à « promouvoir la mise en écriture, la recherche, la formation autour de l’histoire de vie et l’édition de récits ou romans à caractère autobiographique et de mémoire collective ».

Les récits de vie permettent de donner à lire, ou à voir, des choses qui, autrement, nous sont invisibles. Ils permettent à ceux qui livrent ainsi des témoignages de leurs propres trajectoires, de leurs propres existences, faites de doutes, de réussites, d’échecs, de rencontres, mais aussi de bouleversements et de petites ou grandes découvertes, de les donner à lire à d’autres, de transmettre ce qu’ils ont appris, pour eux-mêmes et pour les autres.

Ce sont donc des leçons de vies, mais aussi des témoignages d’un passé souvent en partie révolu. On découvre ainsi des tracés d’époques pas si lointaines, dont on reconnaît encore les traits, même si tant a déjà changé. Donner à voir les évolutions qui affectent nos sociétés, mais aussi ce qui reste immuable, est une autre force de ces textes. Ces derniers mois, plusieurs livres sont parus dans la collection « Encres de vie », parmi lesquels se trouvent, entre autres, Les maisons de pierre, Chronique d’un étudiant à Louvain au temps du Walen buiten et Mon conservatoire côté cour.

Dans Les maisons de pierre, Annemarie Trekker raconte sa propre histoire, à travers deux maisons faites de pierre, l’une en Ardenne, l’autre dans le Périgord. Elle revient sur l’influence de ses origines, de traditions culturelles différentes, qui ont rendu possible qui elle est devenue, tout en s’attardant sur le rôle joué par les lieux, concrets, matériels, sur ce chemin.

Chronique d’un étudiant à Louvain au temps du Walen buiten est l’occasion pour Jean-Pierre Vander Straeten de revenir sur les souvenirs qu’il a conservés de ses études à Louvain (à Leuven, avant la scission des deux universités, l’une flamande, l’autre francophone, rapidement déménagée vers Ottignies, à « Louvain-la-Neuve »). On y découvre comment l’histoire personnelle est toujours liée et en écho avec l’Histoire, la grande, en train de se faire, qu’il s’agisse du « Walen buiten », de Mai 68 ou de la guerre du Vietnam.

Quant à Mon Conservatoire côté cour, il permet à Henri Ostrowiecki, dont les parents ont été assassinés à Auschwitz après avoir été trahis par l’État français, avec plus de 13 000 personnes, lors de la rafle du Vel’ d’Hiv, de revenir sur les études qu’il a réalisées au Conservatoire national des arts et métiers, une institution assez particulière, fonctionnant très fort au mérite à l’époque, où, parallèlement à son travail, il a appris énormément et obtenu un statut à même de lui permettre une reconnaissance et une ascension sociales. Une véritable revanche, en somme.

Les maisons de pierre, d’Annemarie Trekker, L’Harmattan, 168 p., 17 €. ISBN :  9782336308432.

Chronique d’un étudiant à Louvain au temps du Walen buiten, de Jean-Pierre Vander Straeten, L’Harmattan, 158 p., 16 €. ISBN : 9782336308470.

Mon Conservatoire côté cour, d’Henri Ostrowiecki, L’Harmattan, 228 p., 20 €. ISBN : 9782336308463.

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Je n'aime pas parler de moi. Ce qui ne devrait pas être un problème vu que c'est peu probable que vous vouliez lire sur ce sujet. Par contre, j'aime bien écrire sur tout ce qui suscite ma curiosité, m'amuse ou m'interpelle. Parfois aussi les trucs que j'aime pas, pour vous mettre en garde, ou vous effrayer. Dur à dire.

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