Erik Orsenna – La Grammaire est une chanson douce

« Voici l’histoire de Jeanne et de son frère aîné Thomas dont les parents sont séparés et vivent chacun d’un côté de l’Atlantique. Lors d’une de leurs nombreuses traversées, le bateau fait naufrage et ils échouent sur une île inconnue. Privé de parole, ils sont accueillis par Monsieur Henri qui fait le pari de leur réapprendre à parler en aimant la grammaire. Ainsi Orsenna nous livre un conte allégorique où les mots personnifiés vivent leur vie, sont coquets, jaloux et parfois même violents. »

Né à Paris en 1947, Erik Orsenna, qui n’a rien d’un grammairien, a fait des études de philosophie et de sciences politiques, puis décide d’étudier l’économie à Londres. De retour d’Angleterre, il publie son premier roman. Parallèlement à ses nombreuses activités administratives, il écrira alors sept romans et sera élu, en 1998, à l’Académie française. Si Erik Orsenna a entamé l’écriture de cet ouvrage, ce serait en raison de la difficulté qu’éprouvent les enfants à apprendre la grammaire. Selon lui, cela viendrait de l’utilisation trop fréquente d’expressions scientifico-jargonneuses qui empêcheraient les élèves de goûter à la saveur de la langue.

En réalité, il n’est pas le premier. De nombreux écrivains ont trop souvent été tentés de mettre leur nez dans l’élaboration d’une organisation de la langue qu’ils manipulaient avec tant de talent. Cependant, il en ressortit la plupart du temps que leur complicité constante avec la langue ne leur donnait pas les capacités requises pour l’analyser de manière rigoureuse, logique et dépourvue de sentimentalisme. Comme l’a si justement souligné Hervé Bazin dans Plumons l’oiseau :« Les écrivains, ces usagers de la langue, ne sont pas plus des linguistes que les automobilistes, ces usagers de la route, ne sont des mécaniciens ».

Ainsi Orsenna nous livre un conte charmant certes, mais manichéen (la vilaine Jargonos et Nécrole, persécuteurs de la langue), sensibilisateur (pauvres mots maltraités ou tombés dans l’oubli !) et conservateur  (archaïsmes mis à l’honneur et avertissement contre l’emploi de mots étrangers potentiellement dangereux pour notre lexique)… Bref, une vision typique de l’académie française!

À lire comme on lit un Marc Lévy: en vacances ou lors d’envies de lectures simples. Parce que, parfois, c’est sympa d’avoir ses fonctions cérébrales qui avoisinent zéro.

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5 Comments

  • Marrant que tu aies plus au moins le même avis que moi sur ce livre ^^
    (Cf. la critique que j’avais fait dudit livre sur Communelangue 😉 )

  • On est peut-être un peu trop formaté par notre formation! D’autant que cette critique je l’ai écrite en… 2006-2007? Lorsque j’étais en plein dans l’Englebert et Van Raemdonck à gogo, alors tu penses!

  • Personnellement, je l’ai beaucoup apprécié…
    j’ai du le lire l’an passé dans le cadre d’une formation, et j’avais trouvé ça frais, chantant, se lisant très vite et de manière agréable…

  • Merci pour vos commentaires!

    La fraicheur et la rapidité sont, en effet, les points positifs. Orsenna avait malheureusement un autre dessein… Et c’est loupé! 🙂

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