Esperanzah 2017 : Une édition pluvieuse mais ardente !

Des ponts contre leurs murs, c’était le grand thème donné ce week-end passé sur les pourtours de l’abbaye de Floreffe. Pour cette édition encore, le festival Esperanzah ne nous a pas déçus. Artistes, conférenciers, saltimbanques : le festival a, malgré le temps parfois gris et pluvieux, plutôt réussi cette mission de donner à chacun de l’eau au moulin de ses intérêts, de ses questionnements et de ses goûts musicaux. En voici quelques bribes éparses, recueillies à force de pas foulés sur les pavés de l’abbaye, et qui valaient le détour des yeux et des oreilles !

Le temple de l’associatif

Esperanzah, est l’un des plus fameux repaires belges d’associations, de collectifs revendicateurs et autres groupes alternatifs ayant un mot à dire et une contestation à faire entendre sur la société belge et mondiale telle qu’elle tourne aujourd’hui. On les a retrouvées, comme d’habitude, dans le Village des Possibles. Ce village a permis aux festivaliers de découvrir la CNAPD, le CADTM (qui milite pour l’annulation de la dette des pays du Tiers-Monde et aussi pour les pays européens), le Réseau ADES, un réseau multi-actif bien connu du milieu pour être une des toiles d’araignées les plus efficaces des différents acteurs. Plus loin, le CNCD et la Caravane des Sans-Papiers, étaient aussi installés pour expliquer aux festivaliers le sens de cette édition : les migrants et les réfugiés.

Sur le plateau le plus élevé du site, il y avait aussi le Village des Enfants, où des animations, une plaine de jeux faite de ponts suspendus, de petits murs d’escalade et de toboggans faisaient le plaisir des plus jeunes, pendant que leurs parents sirotaient toutes sortes de liqueurs, en toute détente, à proximité. L’endroit permettait en outre aux associations spécialisées de montrer leur talent et leur service aux parents et aux enfants.

Des spectacles pour tous

Le panel des shows présentés à Esperanzah fut frappant, c’est certain. A toute heure et tout endroit du site se déroulait une activité. Pas de place pour le répit. Chacune des quatre scènes installées ont permis, pendant ces trois jours et trois soirs, de faire découvrir une série de noms qu’on oubliera pas de si tôt !

On retiendra la découverte du groupe des Lucky Chops, ensemble de cuivres accompagnés d’un batteur, qui nous a interprété les classiques de la pop, (comme les célèbres Eye of the tiger de Survivor tirée du film Rocky ou encore Funky Town du groupe disco Lipps Inc.) et quelques titres de la musique récente. Ce groupe est connu pour avoir joué bon nombre de ces standards de la chanson anglo-saxonne dans le métro new yorkais, à la station Grand Central, et ce, à plusieurs reprises.

Dans l’esprit d’Esperanzah, des noms de la chanson engagée étaient de la partie. Kenny Arkana, bien sûr, mais aussi les deux chanteurs belges Uman, qu’on connaît notamment par son titre d’hommage Nuits Debout et Scylla et son rap dénonciateur.

Des enjeux de société traités par le ludique et le débat

Cette année, c’était donc la problématique des réfugiés qui était au coeur du festival. Ca s’est vu de plusieurs façons, çà et là, pendant ces trois jours de festivités. On a eu par exemple, si l’on se baladait du côté du chapiteau, des débats TV, des prises de paroles au sujet des centres fermés ou de la Palestine, pour les 50 ans de l’occupation. Dans les alentours, une troupe de policiers au français approximatif munis de poireaux en guise de matraques, qui arrêtaient des passants et les menaçaient de les expulser du festival au motif de s’y trouver illégalement. Ils étaient ensuite soumis à un interrogatoire corsé, dans le préfabriqué servant de commissariat. Il s’agissait évidemment d’une métaphore de la situation des réfugiés en Belgique et en Europe.

Dans le même esprit, un blocage des toilettes au public a également été organisé par un collectif armé de pistolets à eau, pour faire comprendre de façon concrète aux festivaliers, le sentiment désagréable qui est celui d’être empêché d’aller où l’on veut, quand la situation urge.

D’autres questions ont aussi fait l’objet de débats. Le sexisme dans la pop-culture, entre autres. Ainsi, Barbie, Sailor Moon, Candy, d’autres séries d’époque et modernes, ont ainsi été décortiquées au regard du filtre sexiste sous-jacent présent dans ces dessins animés et jeux, reflets de la société. Le question de l’humour comme ultime rempart au populisme a été posée à Bruno Coppens et Edgar Szoc, tous deux chroniqueurs à la Matinale de La Première (RTBF).

On retiendra donc que, malgré le temps peu charitable à l’égard des festivaliers et des bénévoles, l’édition de 2017 fut tout de même un succès, au regard de personnes interrogées çà et là, et que l’édition 2018 se fait déjà attendre ! A l’année prochaine, pour une édition qui ne sera pas décevante, on peut le croire !

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Ancien étudiant en Sciences Politiques (ULB) Entre 2014 et 2016, gérant de L'étrier asbl. Depuis août 2016, président de Clap Culture, association désirant promouvoir la culture à travers les nouvelles créations, l'esprit citoyen et la conscience des enjeux de société à travers elle. Organisateur d'événements (Festival Mini-Classiques pour donner de la visibilité aux jeunes musiciens des différents Conservatoires ou d'ailleurs), journaliste, Réalisateur d'un projet radio de fiction "Les Pieds de l'Iris", suite d'histoires rocambolesques aux personnages à la trempe décalée sur fond de quartiers bruxellois.

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