Espéranzah! entre en gare et se dévoile de manière spectaculaire

C’est un curieux convoi qui a surpris les navetteurs de tout poil, en gare de Namur, ce mardi matin. Et pour cause, inattendu mais drôlement bien accueilli, c’est un peu d’Espéranzah qui entrait en gare ce matin-là. Des couleurs, deux curieux êtres adeptes du body painting (la Toile Humains), un rappeur magnifique (Mochélan), une fanfare (le Zievereir Orchestra) et des hommes virevoltants sur des plinthes et prenant leur envol tels des oiseaux d’espérance, le spectacle était aussi intégral qu’impromptu durant 20 minutes. C’est clair, un autre spectacle que de regarder passer les trains en retard. On décortique le programme avec plein d’extraits.

Car, oui, Espéranzah est bel et bien lancé pour le plus grand bonheur des festivaliers d’un autre monde possible. « Un grain de sel, l’énergie décuplée d’un spectateur, d’un artiste sur scène qui dit non, Espéranzah! telle une caisse de résonance, ESPÉRANZAH! » s’époumonent deux bonimenteurs. Et si l’Abbaye de Floreffe n’ouvrira ses portes que le 31 juillet pour trois jours de parenthèse musicale et multi-artistique (ce qu’on oublie souvent, car à l’instar de quelques autres, Espéranzah! est loin d’être un festival comme les autres), l’aventure est déjà lancée.

Volet Musical

Ainsi, sur ces trois jours, le volet musical sera, une année encore, à la fête. Le vendredi 31 juillet, il y aura le percutant retour des rappeurs de Starflam, le mythique reggaeman ivoirien Alpha Blondy, le duo envoûtant Ibeyi ou encore le jam band australien qu’on ne présente plus, le John Butler Trio! Mais aussi les colombiens de Doctor Krapula, Synapson, Faada Freddy et, sur la scène découverte, Vélotronix & 3BS, SuperSka et Atomic Spliff.

Samedi, là encore la confluence melting pot des genres œuvrera pour le bonheur des oreilles et de la transe, il y aura le songwriter belge qui ne cesse de gagner en considération, Kris Dane, pour ouvrir une journée qu’on espère déjà chaleureuse en soleil. Outre la délicieuse et talentueuse jazzwoman Melody Gardot, le blues moderne et dj de The Avener (qui vient de nous sortir un album somptueux!), le quatuor belge Moaning Cities, le reggae occitan du Massilia Sound System et le DJ slovéno-brooklynien Gramatik qui compte bien transformer l’abbaye en immense dancefloor. À coté de ce programme plus qu’alléchant, les découvertes viendront certainement avec Demi Portion, Ana Tijoux ou encore Nneka. Et, puisqu’on ne change pas une équipe qui gagne, la scène découverte rempilera avec une affiche exclusivement belge constituée de Laid comme vous, de l’Orchestre International du Vetex, de Témé Tan, de la figure de proue du hip hop rappé actuel Mochélan et de Wonder Monster.

Dernier jour (et, pourtant, il est certain que vous aurez encore envie de danser), le dimanche accueillera la petite perle du reggae, hip-hop, clubbing à la française, Biga* Ranx rendra visite à Floreffe pour l’endiabler de sa maîtrise de MC. Pour mieux ouvrir la scène aux deux têtes d’affiche par excellence, Chinese Man et l’Israélien Asaf Avidan. L’affiche est complétée par Lisa Simone (oui, oui, la fille de Nina), Xamanek, Dubioza Kolektiv, Songboy Blues et Seun Kuti et Egypt 80. En découvertes, programme riche et varié également, avec Too many Zooz, Pan de Capazo, Récital Boxon (et des chansons à la Ferré emplies d’engagement) et Black Flower.

Volet Arts de la Rue

Mais la partie musicale, vous l’aurez compris, n’est que la partie visible d’un iceberg encore plus chavirant. Si ce sont les groupes et les chanteurs qui sont, en général, les plus mis en valeur dans les médias généralistes, Espéranzah brille aussi par ce qu’il se passe en-dehors des scènes principales et par l’ambiance unique qu’il s’en dégage. Il y aura les Mystérieuses Coiffures (forcément, comment s’en passer au vu du succès grandissant ces dernières années), du free Running avec le Bubbles Team, du body painting avec la Toile Humaine, du tango et son apprentissage dans un recoin baptisé Vieux port de Floreffe, un concert… couché avec Zoé Sieste promettant un voyage avec vous-même, les trapézistes de On-Off (Cie Lady Cocktail), le voyage d’une marionnette par la Cie de la Malette, une histoire aérienne avec la Cie Zitoun Project, la radio itinérante et participative d’Andrea Fidelio, les cascades burlesques de Redthecat (Cie Karel Casier), les gladiateurs contemporains et artistiques de la Cie Hopla Circus ou encore Les Volcanics, duo de jongleurs décoiffants. Au rayon des entresorts, « Velus au monde » vous entraînera dans un monde crasse où le silence est de rigueur, tandis que le bar à paillettes (du Cirque Ozigno) vous invitera dans son bistrot des absurdités.

Mais, puisqu’il faut bien que la nuit tombe sur ce petit monde éclectique, Espéranzah ouvre aussi la voie aux spectacles nocturnes. Dont deux menés tambour battant par la Cie Attention Jongleur: Vundo, un spectacle coloré et lumineux directement inspiré de l’univers d’Espéranzah!, et Bouquet de flammes (avec Victor Gauna), qui enflammera la dernière nuit d’Espéranzah par sa folie chorégraphique et pyrotechnique. Au croisement des arts, La Berlue proposera  de faire converger les arts de quatre femmes entre dessin, vidéo-jockey, scratching et comédie circassienne dans une réelle performance. Enfin, De l’autre côté de la flamme, proposé par les Enfants du feu et Tiguidap, vous emmènera dans une sorte de voyage initiatique.

Et si vous vous mariez? 

Du côté des insolites, deux choses à souligner dont un projet aussi barge qu’attachant qui proposera aux festivaliers de se marier. Mariez-vous, un mariage réellement pour tous, entre amis, avec soi-même, avec le doudou de sa jeunesse ou à des idées, le tout en compagnie d’un prêtre à tête de saxophone, d’un petit peuple de rieurs, de demoiselles d’honneur mal coiffées et des alliances de papier.

Et comme Espéranzah se fait témoin de l’errance festivalière, vous serez sans doute abordé par les deux Mamies perdues. Ne prenez peur, ces Anglaises ne sont là que pour vous entraîner dans un monde esthétique et tragi-comique. Puis, le jeune public ne sera, lui non plus, pas oublié, il y aura des Mots en l’air, le Giro des Canards, un voyage From Meurchin to Las Vegas, le Clown Tété et le voyage de Kamino.

Tout compté, plus de trente compagnies seront au rendez-vous de l’espérance, soit 150 artistes de rues.

Séances gratuites mais élevantes

Enfin, s’il fait trop chaud, pourquoi ne pas prendre un peu le frais dans une salle de cinéma? Cette année encore, le festival proposera un fameux tour d’horizon de ce qui se fait de mieux cinématographiquement pour faire bouger les choses. À l’écran: Gardenia (Before the last curtain falls) de Thomas Walner, Songs from the forest de Michael Obert, Esperanzah Fesdig: Main dans la main du régional de l’étape Pierre Doumont, Everyday Rebellion des frères Riahi, Viva Cuba Libre de Jesse Acevedo, Nourrir l’humanité, c’est un métier de la compagnie Art et Tça, Dancing in Jaffa de Hilla Medalia, Spartacus et Cassandra de Ioanis Nuguet et TPB AFK de Simon Klose.

Sans oublier les stands tenus par différentes associations prônant un engagement pour un monde meilleur, les campings, Radio Bistrot, le village des enfants et autres éléments d’une expérience à nulle autre pareille. Allez on embarque, Espéranzah! entre en gare et c’est pour un beau voyage!

Info et tickets sur: www.esperanzah.be

Quelques photos de cette magnifique entrée en gare:

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Cultureux vorace et journaliste avide, je me promène entre découvertes et valeurs sûres, le plus souvent entre cinéma, musique et bandes dessinées mais tout est susceptible d'attirer mon attention :)

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