Facebook, à la recherche du bonheur?

Tout le monde a sur Facebook des amis agaçants. Si tel n’est pas votre cas, c’est que vous êtes cette personne. Mais les tracas causés par Facebook et d’autres réseaux sociaux ne s’arrêtent pas là !

Qu’on l’aime ou le déteste, cela ne fait pas de doute : Facebook est bel et bien devenu partie intégrante de notre vie quotidienne, et dans certains cas même une routine. Le réseau social, crée par Mark Zuckerberg en 2004, était initialement destiné aux étudiants de l’université d’Harvard pour rester en contact les uns avec les autres. Toutefois, le site fut lancé à l’échelle mondiale en 2006, ayant rapidement gagné en popularité.

Depuis, Facebook est devenu une entité à part entière. Les chiffres sont ahurissants : le réseau social comptait un peu plus de 1,3 milliards d’utilisateurs à travers le monde au deuxième trimestre 2014. Mais pourquoi sommes-nous si obsédés par Facebook? Et pourquoi avons-nous tendance à vouloir partager nos détails les plus intimes avec des connaissances, ou encore pire, des inconnus ?

Cela relève en partie d’une fixette semblable, celle du culte des personnalités, allant croissant au cours des dernières années. Nous désirons connaître chacun des faits et gestes de notre chanteur, acteur ou personnalité télévisée préféré et  nous considérer nous-mêmes « personnalités » de plein droit mais aussi chercher l’approbation d’inconnus.

Pas plus tard que la semaine dernière j’ai reçu des messages d’un ami s’interrogeant sur la situation amoureuse d’une autre amie, cette dernière « n’indiquant plus qu’elle a un copain sur Facebook »… Nous vivons dans une époque où des expressions comme « officiel sur Facebook » (faisant référence au fait que la relation soit affichée sur les profils respectifs des deux partenaires) sont devenues des facteurs déterminants. Ainsi, nous ne sommes plus obligés de parler à la personne concernée pour connaître ce qu’il se passe dans sa vie et en lieu et place, sommes encouragés à le découvrir sur son profil Facebook.

Tandis que l’utilisateur Facebook moyen a environ 130 amis, il est notoire qu’il n’est pas rare que des personnes atteignent la barre des 500 amis, et même dans certains cas, de dépasser les 1000. Sauf que l’on peut se demander comment il est possible d’avoir plus de 1000 amis… Et bien la réponse est simple; c’est impossible! Car ceux-ci sont, par définition, des amis Facebook.

Comme on ne le sait que trop bien, il n’est tout simplement pas possible de garder contact avec une trentaine d’amis proches, alors comment le faire avec 1000 amis ? Même l’omniprésent Facebook ne permet pas une telle chose. Les dirigeants de Facebook eux-mêmes l’ont bien compris, créant trois catégories de base : connaissances, amis « normaux » et amis proches.

Si ces amis ou contacts (un terme plus approprié dans ce contexte) ne sont pas de « vrais » amis, pourquoi donc vouloir partager avec eux nos derniers clichés de vacances ? La culture Facebook du XXIème siècle nous a-t-elle poussé à devenir si égocentriques que nous pensons que des centaines de personnes seraient intéressées par les clichés de notre séjour sous le soleil espagnol ? Ou encore que tout le monde serait fasciné par une année sabbatique passée à voyager à travers l’Asie du Sud-Est et l’Australie ?

Il y a 20 ans, cela serait revenu à prendre des photos de soi en maillot de bain et les faire développer, pour ensuite les envoyer à Michel, le frère du cousin de l’ami d’un ami rencontré à une soirée quelques mois auparavant. Inimaginable à l’époque ! Pourtant nous voilà en 2015, dans un monde où des individus exhibent volontiers des photos sur Facebook, sans penser un instant à qui pourrait les voir ou s’en servir.

L’essence même de Facebook et de ses fameuses mentions « j’aime » est l’exemple typique de la façon dont le géant des réseaux sociaux redéfinit la norme. Une photo ou une déclaration n’est plus jugée en fonction de son intérêt mais plutôt par le nombre de « pouces en l’air » en dessous. Ce phénomène a été mis en évidence lors des vidéos souvenirs à l’occasion des 10 ans de Facebook, dans lesquelles Facebook compilait les « évènements phares de vos moments sur Facebook » et mettait en relief vos « messages publiés les plus aimés ». Comme si cela définissait en quelque sorte la valeur ou l’importance des dits messages.

Nous pouvons aisément voir comment Facebook s’est vu associé à des cas de dépression par des psychologues, notamment parce que nous sommes poussés à croire que tout le monde s’amuse plus que nous et mène une vie parfaite. Il est pourtant essentiel de ne pas oublier que Facebook est l’outil idéal pour mettre en valeur les choses positives et chasser le négatif. Là est la clé du bonheur, ou en tout cas c’est ce que Facebook nous a poussé à croire ces dix dernières années.

Traduit de l’article Facebook, The pursuit of happiness? écrit par Kyle Fenn

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