Färm : une consommation coopérative et alternative !

Si vous êtes bruxellois et sensible à l’alimentation biologique, le nom de Färm doit vous être familier. Cette chaîne de magasins bios, en pleine expansion depuis sa création, fait des petits dans les points névralgiques de la capitale et n’entend pas s’arrêter en si bon chemin. Après l’ouverture en septembre 2016 de sa nouvelle boutique à Uccle, le projet s’installera d’ici peu chaussée d’Ixelles. L’objectif étant de créer sur le long terme 11 magasins à travers la Belgique, Färm se pose définitivement comme un projet qui voit les choses en grand tout en défendant farouchement ses valeurs originelles : un projet belge, coopératif, biologique et ambitieux !

Nous avons rencontré Baptiste Bataille, un des co-fondateurs de Färm, et nous lui avons posé quelques questions sur le projet, ses valeurs et l’alimentation biologique et ses défis.

Le projet Färm

Färm est né de la rencontre en 2009 de Baptiste et Simon. À l’époque, ces deux amis étaient propriétaires de l’épicerie biologique The Peas. Peu à peu émerge l’idée de faire de cette « simple » épicerie quelque chose de plus ambitieux, de plus cohérent et surtout créer à partir de la vente « pure et dure » une nouvelle manière d’appréhender le monde de l’entreprise en se tournant vers le modèle de la coopérative. Deux ans et de nombreuses réflexions plus tard, Färm voit le jour.

Färm, c’est quoi exactement ? Qu’est ce qui vous démarque ?

Färm, ce sont des magasins où l’on retrouve des produits bio, locaux, de saison, vendus idéalement dans des circuits courts. Mais c’est bien plus que ça. Nous avons voulu aller plus loin que la simple distribution et le profit. Le projet est pensé comme une coopérative où chacun peut bien sûr investir mais c’est surtout un projet qui implique tous les acteurs de la chaîne du commerce. Nous aspirons à ce que tout ce beau monde (producteurs, distributeurs, investisseurs et clients) se retrouve dans le projet. Car après tout, si l’on veut un projet qui tienne la route, autant mettre tous les acteurs autour de la même table, non ?

Vous parlez d’acteurs ? Mais qui sont-ils ?

Il y a bien sur la distribution : c’est le rôle principal des magasins Färm.

Il y a les producteurs avec qui on essaie de privilégier une relation humaine et de confiance. On préfère donc avoir une relation de vente directe avec eux. Etre capable de les voir, ainsi que leurs produits avant de les commercialiser. C’est pour nous la seule manière de savoir ce qu’on vend et de quoi on parle. Ce n’est bien sûr pas possible avec tout le monde vu l’étendue de notre gamme.

Nous affichons clairement cette préférence avec la mise en avant des produits qui remplissent ces critères qui nous semblent essentiels : bios, locaux et acquis en vente directe, sans intermédiaire entre nous et le producteur. Ce sont les produits sur lequel on appose notre label Hëro.

Il y a également les clients. Nous essayons de les sensibiliser : on veut amener le client à réfléchir sur son mode de consommation. D’où viennent nos produits ? Pourquoi préférons nous les produits locaux, de saison ? On reste cohérent dans notre démarche, le client sait à quoi s’attendre quand il rentre dans nos magasins. Cela implique, par exemple, de ne pas trouver de tomates au mois de décembre… et tant mieux !

Mais le chocolat par exemple, ce ne sera jamais local ?!

Pour les produits non locaux, tel que le cacao ou le café, les produits seront d’office bio et produits par le commerce équitable. On ne peut pas tout avoir en Belgique malheureusement…

Une des grandes critiques du Bio, c’est son coût. Le bio, c’est cher, non ?

Oui, environ 30% plus cher. Faire des produits coûte plus cher car ce sont des produits élaborés sans pesticides donc plus fragiles, on en fait donc moins mais il faut s’en occuper plus, donc cela demande plus de personnes, ces producteurs se calent également au rythme des saisons et respectent la temporalité de la nature. Cela diminue donc la production et prend du temps, ce qui a un coût. Mais cela peut être aussi abordable. Avec la semaine du « bio pour tous », qui arrive très prochainement, Färm souhaite mettre en avant certains produits et diminuer sa marge de bénéfice. Ce ne sont pas des produits blancs ou de moins bonne qualité, on va juste choisir de faire moins de profit sur certains produits de première nécessité.

Färm

Depuis ses débuts en 2012, Färm a fait un sacré bout de chemin, quoi de neuf pour 2017 ?

Nous voulons, à terme, développer 5 magasins 100% gérés par l’équipe originelle et 11 magasins qui seront affiliés coopérateurs. Le but a toujours été de faire une chaîne à travers la Belgique. Nos magasins sont à l’image de nos produits : on privilégie le brut. Et puis après tout, nos produits sont bien assez merveilleux comme ça, non ?

Retrouvez toute l’actualité (workshops, ateliers, conférences, dégustations, etc) des magasins Färm sur leur site et leur page Facebook.

Enfin, restez attentifs car un concours arrive bientôt et il se peut que vous puissiez gagner certains produits…

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Laura, 28 ans, 1m55. Titulaire d'un diplôme loufoque : Sciences des religions et de la laïcité. Ecrit des articles non moins loufoques pour Culture Remains. Nourrit une passion pour M.I.A, le Théâtre de Poche, son chat, Edgar Allan Poe et les plantes carnivores. A toutes fins utiles, sachez qu'elle est très facilement corruptible si on lui offre à boire et à manger.

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