Fernand Léger, le beau est partout et surtout à BOZAR

Fernand Léger est une figure de l’art moderne. Un nom que tout le monde connaît. Un style reconnaissable entre tous. Bref, le genre d’artiste duquel on croît tout connaître mais qui justement est le plus à même de vous surprendre !

Un touche-à-tout de génie

La biographie de Fernand Léger est étourdissante. On y croise tous les grands noms du XXe siècle artistique (Apollinaire comme compagnon d’armes en 1914, Blaise Cendrars avec qui il collabore sur de nombreux projets, ou encore Louise Bourgeois, Nicolas de Staël, William Klein ou encore Serge Gainsbourg qu’il accueille sur les bancs de son école). Mais c’est l’inventivité du personnage qui marque plus que tout. Léger a été fasciné par son époque et au-delà du témoignage artistique, il laisse également une empreinte historique. Dans son œuvre se mêlent en effet la Grande Guerre, l’industrialisation grandissante, l’invention du cinéma, la publicité et le communisme. A travers un parcours chronologique et thématique, BOZAR propose une plongée passionnante dans l’épopée moderne du siècle dernier.

Peintre de la vie moderne

Dans les années 1900, Fernand Léger, qui fait alors partie du tout-Paris, propose un cubisme inspiré de Cézanne ou de Picasso avec des tableaux qui explosent de dynamisme comme La Noce (1911-1912), une grande toile dans laquelle on distingue un cortège nuptial sûrement en route pour la fête. On distingue déjà grâce à cette œuvre l’amour de la couleur et de la clarté des formes qui feront ensuite ce style si particulier.

­La Noce, 1911-1912

La Première Guerre mondiale est un moment crucial pour le peintre. Il comprend la puissance de la machine et la relation étrange qui se tisse avec l’homme qui la manipule. Il découvre également le cinéma à l’occasion d’une permission et se prend de passion pour Charlot. A son retour, Léger n’a de cesse de peindre les usines, les ouvriers, les bâtiments dans les banlieues communistes de Paris. Chaque œuvre qu’il produit doit être parfaite comme une pièce manufacturée fraîchement sortie d’usine. On peut s’arrêter sur Le Mécanicien (1918), un homme d’acier arborant toutefois une belle moustache ou encore Elément Mécanique (1924).

Gauche : Le Mécanicien, 1918 // Droite : Elément Mécanique, 1924

 

Défense de ne pas afficher

Fernand Léger, qui ne s’interdit rien, est aussi un homme de média. Impressionné par la montée grandissante de la publicité, il en intègre les codes avec l’utilisation de la typographie dans les toiles (il a d’ailleurs réalisé de nombreuses affiches publicitaires). Admiratif devant ces annonces qui recouvrent les murs des villes, il se moque des inscriptions Défense d’afficher qui fleurissent dans les quartiers chics.

Il fait également du cinéma une obsession et rend hommage à Charlot dans Charlot cubiste en 1924 (un petit pantin destiné à la création d’un dessin animé) ainsi que le Ballet Mécanique (1923-1924) coréalisé avec Dudley Murphy. Le film propose 20 minutes d’expérimentation visuelle dans laquelle on peut reconnaitre Kiki de Montparnasse, la muse de Man Ray qui lui prêta son dos pour le fameux Violon d’Ingres.

Plan issu de Ballet Mécanique (1923-1924)

Emporté par la foule

Fernand Léger s’intéresse tout particulièrement à la classe ouvrière, il peint des scènes dans lesquelles hommes et femmes sont en perpétuelle interaction avec les machines comme Les Constructeurs (1950) ou encore Partie de campagne (1953). Dans ces grands formats les couleurs explosent et viennent donner vie à des visages pourtant inexpressifs. La vie moderne est vue comme un ballet qui rappellent les œuvres cubistes des débuts. On en arrive à l’une des pièces maîtresses de l’exposition : Les grands plongeurs noirs (1944), l’œuvre représente un entrelacs de silhouettes noires, bleues, jaunes, vertes, rouges et marrons dont la beauté vous saisit et face à laquelle il est impossible de ne pas esquisser un sourire.

Les grands plongeurs noirs, 1944

Une très belle exposition

L’œuvre de Fernand Léger est traversée par une quantité d’autres sujets : le cirque, la danse, la photographie ou encore la poésie (avant de sortir de l’exposition ne manquez pas la magnifique illustration du poème Liberté de Paul Eluard). De salle en salle et d’œuvre en œuvre, on perçoit toute la curiosité d’un artiste. Son travail entier raconte la soif d’apprendre et la volonté d’échapper à toute classification. Au terme de cette grande rétrospective on ressort avec la sensation d’avoir redécouvert un artiste majeur mais aussi avec cette conviction profonde: oui, le beau est partout !

To be continued …

Quelques pistes pour poursuivre votre visite :

  • Focus Circus : l’année du cirque à Bruxelles dont le lancement se fera le 12 mars à BOZAR
  • La grande fresque du collectif Farm Prod rue Baron Horta inspirée par l’œuvre de Fernand Léger
  • La vidéo de la restauration de l’immense toile, Le Transport des forces (1937) qui ouvre l’exposition : ici
  • Plein d’autres événements et ateliers à découvrir sur le site de BOZAR

Exposition Fernand Léger : le beau est partout jusqu’au 3 Juin 2018 – BOZAR, Rue Ravenstein 23, 1000 Bruxelles
Du mardi au dimanche de 10h à 18h
Le jeudi de 10h à 21h
Tarif plein : 16€
-26 ans : € 2 le mercredi
12-18 ans : € 6
6-12 ans : € 2
-6 ans : entrée libre

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Je n'aime pas choisir donc un peu de tout : des expos, des livres, des concerts, et surtout beaucoup à manger !

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