Festival LOOP V

Samedi 24 novembre 2012, j’avais décidé de m’offrir une escapade musicale. Direction l’Espace Senghor (Etterbeek) et le… Festival LOOP, festival de musiques contemporaines acoustiques, électroacoustiques et mixtes de Belgique et d’ailleurs (sic !).

La musique contemporaine ? J’en devine frémissants et terrifiés. Glacés. Pourtant. Je ne suis pas masochiste et mon temps m’est compté. Je recherchais donc… purement et simplement du plaisir… Du plaisir ? Quel plaisir ?

Cette musique est un tantinet difficile ? Certes. Mais la plupart des belles choses ne demandent-elles pas quelque investissement ? Les plus belles amitiés, les amours les plus profondes se nouent-elles au premier regard ?

Bref. Pour écouter de la contemporaine, il faut se mettre en mode « attention », les deux oreilles ouvertes, et le cerveau en éveil. Ne pas se montrer gourmand mais gourmet. Choisir de petits concerts, des oeuvres précises auxquelles on se donne, comme elles se donnent à nous, ou veulent se donner.

Un peu comme une sortie classieuse, où l’on évacue le négligé et s’affaire pour élire le pantalon, la chemise, le foulard, le…

Nous avions retenu « Espaces oniriques I et II » du compositeur belge Jean-Pierre Deleuze et nous plongeons donc dans l’écoute. Je ne suis pas musicologue et ne vais pas oser une analyse de l’oeuvre, de la prestation (du pianiste, excellent, Jean-Philippe Collard-Neven). Mais tenter de saisir quelque chose.

Nul snobisme dans cette musique. Cette pensée est un cliché ! De la recherche. L’exploration d’espaces (relativement) vierges. Des sensations très positives. Qui touchent l’esprit, l’âme.

Des notes dépoussiérées, chasseresses de sens, un coup de balai dans le quotidien, le banal.

Ne pas abuser. De petites goulées. Comme un alcool fort. Comme un poème de Mallarmé. De Baudelaire. Donner du temps au temps. De l’espace à la sente aventurière.

Je perçois l’invasion de mon cerveau par le vent du grand large de la création pure, il y a quelque chose d’une promenade en plein désert ou sur la banquise. Terra incognita. Le contraire du lavage de cerveau décrété par les vulgarités du monde quotidien, une régénération.

Bref, du plaisir et comme… un exercice spirituel.

A mon retour, je cours sur le forum des compositeurs et découvre plus avant le répertoire (riche !) de Jean-Pierre Deleuze ! Et réécoute en boucle (mais oui !) ces beaux Espaces oniriques !

Alors, allez-y ! Osez ! Tout ce qui est vraiment beau et bien et bon a un parfum d’aventure !

Plus d’infos sur le site de l’Espace Senghor

Philippe Rémy-Wilkin.

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