Le Festival Mini-Classiques remet le couvert façon Celtique et Musique de partout !

Les Mini-Classiques, c’est une initiative lancée en février 2015. C’est par Clap Culture que tout est né, faut dire. Mais si ! vous savez, cette ASBL créée par un jeune indépendant issu du milieu culturel ! Un concept original… 

Et en toute fidélité à cette association qui se définit comme une « Fabrique de projets créatifs et citoyens », le Festival Mini-Classiques vise à promouvoir les jeunes artistes de Bruxelles et d’ailleurs et de faire partager la culture et sa diversité à un large public. L’association s’y est attelée une fois de plus, dans un enthousiasme qu’on commence à lui connaître.

Déjà la 4ème édition du Festival Mini-Classiques !

Oui. A présent, c’est certain ! Le Festival Mini-Classiques s’est implanté dans le paysage événementiel de notre capitale! Depuis presque deux ans qu’il existe, quatre éditions ont permis à toute une série d’artistes confirmés ou nouvellement arrivés dans le milieu de la scène, et issus ou non des Conservatoires de Musique du Royaume  (… et aussi du Nord de la France !) de se produire.

L’idée a très vite séduit et de nombreuses voix se sont portées partenaires des Mini-Classiques dès leur lancement. Des médias divers et variés, bien sûr, ont apporté une visibilité accrue au Festival. Mais pas seulement : l’associatif et l’institutionnel se sont tout autant montrés intéressés: la commune d’Ixelles, le Rotary Club, l’Espace Toots, l’Académie d’Evere, entre autres.

Le festival aura lieu les 20 et 21 décembre prochains à 20h30 au Théâtre de la Clarencière (rue du Belvédère, 20 – 1050 Ixelles).

Le Trio Bardaphe et le Duo Paseo Musical animeront les deux soirées et feront entrer le public dans un voyage aux quatre coins de notre globe. Ils survoleront en compagnie du public l’Argentine et son Tango, le Japon, l’Amérique, et le grand thème du Festival : les régions celtes, dont l’Irlande et la Bretagne et leur fameuse Musique Celtique !

Ecoutez-les !

D’abord, le Duo Paseo Musical et son Pompeya (tiré de la Suite Buenos Aires de M.D. Pujol). Un tango original, qu’on accompagne volontiers de pas de danse. Vous pouvez le faire chez vous, sans conséquences autres que l’amusement !

Le Trio Bardaphe, lui, vise le folk, la musique celtique et l’esprit de toutes les nations celtes. Un vent du nord bon à prendre !

Mais un problème persiste et se creuse !

Il est de plus en plus difficile de percer dans la culture aujourd’hui ! Et ce pour les musiciens de tous les horizons et tous les instruments !

Clap Culture aime à répéter que la culture n’est pas un bien d’élite, elle est démocratique. Et qu’elle se doit d’être vivante et dynamique, et de faire du « public », c’est-à-dire tout un chacun avec le talent qui est le sien, un élément culturel pour exister réellement.

Clap Culture a décidé de s’immiscer chez les jeunes talents et de les dévoiler par son travail médiatique systématique et de promotion. Clap Culture estime que la création culturelle doit se renouveler sans cesse… et que rien n’est figé en art ! Ainsi, elle a décidé de travailler avec les jeunes artistes mus par une démarche originale, et avec des groupes qui jouent des instruments qu’on n’écoute pas tous les jours.

Qui sont ces artistes venus aux Mini-Classiques ? Jérémy de Lombaerde, violoncelliste du Trio Bardaphe, et Caroline Schneider, guitariste du Duo Paseo Musical, ont répondu à nos questions… Interview !

Pouvez-vous nous décrire en quelques phrases votre parcours de musicien (depuis l’apprentissage de votre premier instrument)?

Jérémy de Lombaerde: J’ai entamé en 2000, à presque 15 ans, l’apprentissage du violoncelle à l’académie de musique d’Evere. Très rapidement intéressé par la musique ancienne, je me tourne en 2004 vers l’apprentissage de la viole de gambe, d’abord auprès de Mme Francine  Berckmans, puis de Sophie Watillon, Thomas Baeté, avant de rejoindre la classe de Philippe Pierlot au Koninklijke Conservatorium van Brussel. En parallèle, je me suis aussi intéressé à d’autres genres, j’ai eu la chance de participer à des projets de chanson française, de rock, d’écriture de bandes originales… Mais ce sera vers les musiques traditionnelles que je me tournerai assez rapidement ; animant mes premiers bals ! ­

Caroline Schneider: J’ai commencé à étudier la guitare vers l’âge de 8 ans dans une école de musique puis au conservatoire de musique de Metz dans la classe de James Szura. J’y ai obtenu un premier prix de guitare classique et de musique de chambre. En parallèle j’ai également suivi des cours de jazz vocal dans la classe de Viviane Moscatelli et de Thierry Peala. Durant plusieurs années, je me suis beaucoup intéressée aux musiques actuelles et j’ai joué dans plusieurs formations de rock, jazz et drum and bass avant d’entrer au Conservatoire Royal de Bruxelles dans la classe de Hugues Navez où j’ai obtenu un master spécialisé en guitare classique. Passionnée de musique de chambre, je joue régulièrement en concert avec le Trio Oblivion et le Duo Paseo Musical.

Pourquoi avez-vous choisi cet instrument?

Jérémy de Lombaerde: Je joue du violoncelle et de la viole de gambe, deux instruments qui m’ont séduit par leurs capacités expressives, leur flexibilité, leur timbre si versatile, le fait qu’ils puissent aussi bien remplir le rôle de basse que jouer la mélodie ou accompagner en accords… Ce sont deux instruments qui offrent une palette sonore peu  commune ! ­

Caroline Schneider: L’envie de jouer de la guitare m’est venue très tôt lorsque j’étais enfant, aujourd’hui je ne me souviens plus vraiment pourquoi ! Enfant, j’écoutais beaucoup de musiques actuelles, pop, rock, jazz, et peu de musique classique, dès lors comme la guitare est un instrument populaire je suppose que c’est cela qui a orienté mon choix.

Quel genre musical aimez-vous jouer en particulier ? Pour quelle raison ?

Jérémy de Lombaerde: Mon cœur oscille entre la musique baroque et les musiques traditionnelles. Ce sont des musiques qui montrent souvent une facette très « organique » de ressentir la musique, par la danse et le mouvement, par l’imitation de  la voix, dans le cas du baroque… Il y a quelque chose dans ces musiques qui attire de façon très naturelle ! ­

Caroline Schneider: Le répertoire des musiques contemporaines et du XXème siècle est celui qui me parle le plus dès lors c’est surtout à travers ces musiques que j’aime m’exprimer. Je suis très touchée par les musiques classiques d’inspiration populaire du XXème et j’ai beaucoup d’intérêt pour la fusion et le mélange des genres, cela me renvoie sans doute à mon propre parcours car j’ai toujours apprécié découvrir et pratiquer différents styles de musique.

Avez-vous un compositeur de prédilection, qui vous inspire dans vos créations musicales et artistiques (mise en scène, une certaine approche propre que vous suivez…) ?

Jérémy de Lombaerde: La liste est tellement longue ! Et il y a tellement d’anonymes oubliés ! Je ne suis pas homme à révérer l’un ou l’autre personnage ; cela a tendance à fermer l’esprit aux nouvelles découvertes, et emprisonne souvent la  musique dans un carcan gardé par des noms tels que Mozart, Bach, Beethoven… Alors que la musique, classique ou non, se compose d’une myriade de compositeurs qui ont chacun pu contribuer à la création musicale de leur temps! Disons que je suis quelqu’un qui aime l’éclectisme, multiplier les sources d’inspiration, et rester curieux en permanence ! ­

Caroline Schneider: Le compositeur brésilien Heitor Villa-Lobos et le compositeur cubain Léo Brouwer sont, pour moi, deux références dans le répertoire de la guitare classique. Leurs démarches et leurs musiques m’inspirent particulièrement. Ce qui me touche et m’interpelle dans leurs oeuvres est lié à leur intérêt pour le mélange des genres et leur inspiration populaire qui rend selon moi leur discours musical très clair, authentique et efficace.

Comment votre groupe s’est-il formé ?

Jérémy de Lombaerde: La formule a beaucoup évolué dans ses effectifs au départ (cordes, flûte, accordéon, guitares, …) avant de se  fixer comme ensemble à cordes. En duo puis en trio, mon but est de mettre en avant cette extraordinaire expressivité des cordes frottées, et leur langage propre, appliqués aux musiques traditionnelles, aux musiques à  danser. ­

Caroline Schneider: J’ai rencontré Amélie Douay au Conservatoire Royal de Bruxelles dans le cadre des concours de musique de chambre organisé au conservatoire. Notre duo s’est crée en 2009 durant nos études et comme nous avions toujours envie de jouer ensemble une fois nos études terminées, nous avons décidé de poursuivre cette aventure !

Y a-t-il une œuvre particulièrement compliquée dans le répertoire que vous allez interpréter durant le Festival Mini-Classiques ? Et une qui vous plaît particulièrement ?

Jérémy de Lombaerde: La difficulté de notre répertoire ne se trouve pas tant dans la pure technique que dans la manière de l’interpréter, en respectant les phrasés, les ornements, le caractère des danses,… Pour la seconde partie de la  question, c’est un peu demander à un père lequel de ses enfants il préfère ! ­

Caroline Schneider: Toward The Sea, du compositeur japonais Toru Takemitsu car l’écriture de la musique contemporaine se distingue d’une écriture plus « classique »: elle est parfois non mesurée, la notion du rythme et de la pulsation sont remis en question. Elle n’est pas tonale non plus et beaucoup d’effets sont retranscrits dans la partition et demandent aux interprètes une attention, une recherche et une réflexion particulière à la fois technique et sonore. Tout cela est évidemment très intéressant et c’est pourquoi c’est également la pièce de notre répertoire qui me tient le plus à coeur.

Avez-vous une façon particulière d’aborder la musique (façon de jouer, d’interpréter, d’harmoniser en groupe…) ?

Jérémy de Lombaerde: Je m’occupe de réaliser une première version des arrangements, en tenant compte des spécificités de chaque instrument et de chaque instrumentiste ! Par la suite, des modifications peuvent être apportées par les  instrumentistes, notamment concernant l’harmonie, les ornements. Nous nous attaquons ensuite à définir les  dynamiques des morceaux, selon ce qui nous inspire !  ­

Caroline Schneider: Ce que j’apprécie particulièrement c’est de jouer en groupe, d’échanger et de partager avec d’autres musiciens des expériences et des émotions, c’est très enrichissant, cela permet de se remettre en question, de continuer d’avancer ou de se perfectionner en quelque sorte. De même, se produire en concert et échanger avec un public l’est tout autant.

Quels sont vos prochains concerts, après le Festival Mini-Classiques ?

Jérémy de Lombaerde: Nous allons nous atteler à un projet de spectacle de danses de Bretagne pour 2017, avec chorégraphies et costumes traditionnels, en collaboration avec un groupe de danseurs établis à Bruxelles. Il comportera deux  parties principales, l’une autour de la Basse­-Bretagne, des danses macabres, et l’autre, autour de la Haute-Bretagne, sur des thèmes agraires, de fêtes traditionnelles,… Les arrangements sont en cours d’écriture, afin  de pouvoir rapidement enregistrer une maquette pour permettre aux danseurs de répéter.

Caroline Schneider: En 2017, nous allons créer notre nouveau spectacle avec le Duo Paseo Musical, Paysages Contemporains en collaboration avec le vidéaste Charles Bruere. Aucune date n’est fixée pour le moment car nous sommes encore en création. Je jouerai également le 12 février prochain à l’Atelier Marcel Hastir à Bruxelles avec le Trio Oblivion.

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Ancien étudiant en Sciences Politiques (ULB) Entre 2014 et 2016, gérant de L'étrier asbl. Depuis août 2016, président de Clap Culture, association désirant promouvoir la culture à travers les nouvelles créations, l'esprit citoyen et la conscience des enjeux de société à travers elle. Organisateur d'événements (Festival Mini-Classiques pour donner de la visibilité aux jeunes musiciens des différents Conservatoires ou d'ailleurs), journaliste, Réalisateur d'un projet radio de fiction "Les Pieds de l'Iris", suite d'histoires rocambolesques aux personnages à la trempe décalée sur fond de quartiers bruxellois.

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