Festival Nomades

Aujourd’hui sonne déjà le glas de ce festival annuel se déroulant au parc de Bruxelles. Peut-être étiez-vous au courant et, en grand fanatique, vous aviez décidé, il y a bien longtemps déjà, d’assister à tous les spectacles possibles du jeudi au dimanche inclus (vous aviez même préparé votre tente pour squatter dans le parc et prié pour recevoir un sablier qui vous permette de pratiquer le don d’ubiquité). Mais peut-être ignorez-vous tout de cet événement bruxellois et, dans ce cas, il n’est éventuellement pas trop tard pour vous y rendre…

Mais cela en vaut-il la peine? Voilà la question à laquelle nous allons, tant bien que mal, tenter de répondre!

Mini-Chassepierre bruxellois, le festival Nomades sent bon les arts de rue, le multiculturalisme et l’altermondialisme. En effet, il regorge de stands en tout genre, offrant aux affamés et aux assoiffés un tel choix que ceux-ci ne savent tout bonnement plus ou donner de la tête! Ils ont pensés à tout, ou presque: cuisine du monde, bar, grimage, bijoux, toilettes… Il y en a pour tous les goûts!

On regrette peut-être le manque dindications, panneaux et annonces, l’organisation qui semble tenir plus du gant de velour que de la main de fer et l’oubli d’une essentielle garderie! La moitié des spectacles n’étant pas à la portée des enfants de 0 à 8 ans, il se serait avéré plutôt judicieux d’offrir un tel service aux parents, leur permettant de jouir pleinement des spectacles (ainsi que leurs voisins).  Mais, enfin, tout ne peut être parfait (c’est ce qu’on n’arrête pas de me répéter, en tout cas)

En outre, si soleil il n’y a, ça doit être atroce. Pour tout le monde. C’est donc une condition presque sine qua non (à moins de vouloir un pukkelpop version théâtre). Mais, fort heureusement, la chance nous sourit ce samedi 20 août et ce fut une belle (et rare) journée d’été pour le festival Nomades.

Que dire des prestations?

Maza Loco

De Kluster vzw avec Bert Loenders & Danny Vrijsen

« Convaincus qu’ils sont arrivés au grand Cirque Du Soleil du Canada, deux acrobates russes commencent leur numéro. Quand ils se rendent compte qu’ils ne sont pas arrivés à leur destination, les deux compères commencent à perdre espoir. Mais très vite, ils cherchent par tous les moyens à repartir vers leur destination initiale… le Canada ! »

Un spectacle impressionnant d’adresse et de muscles. Enthousiastes et drôles, ils n’hésitent pas à exhorter le public et à jouer leur rôle jusqu’au bout. Deux regrets: que le contexte (mauvaise destination), soit si vite oublié et si peu exploité et qu’ils parlent exclusivement en anglais (sous couvert d’origines russes douteuses) car cela ralentit leur spectacle, le public ne comprenant pas toujours de suite ce qu’ils attendaient d’eux.

Morval

De la compagnie Tête de moines, avec Benjamin Hubin, Thomas Richard

« Deux moines, envoyés par leur Père abbé, doivent résoudre un problème: la perte de la recette ancestrale servant à fabriquer la bière unique de leur abbaye.Spectacle familial mêlant jeu absurde, jonglerie et musique… »

Drôle, caustique et diablement bien agencé, cette piécette n’offre pas au spectateur le temps de s’ennuyer! Deux acteurs énergiques et exemplaires, qu’on remercie!

Madame et sa croupe

De  la compagnie Un de ces 4, avec Alexine Boucher Hardy, Elsa Bouchez, Philippe Droz, Renaud Bauer

« Avez-vous déjà vu Louise de la Baraudière et son petit personnel de maison ? C’est l’occasion, ils vous convient dans leur demeure secondaire. Au programme : chant, musique, cirque et virtuosité. Ils jonglent et se portent, se supportent, se superposent et s’emportent. Dans un salon où règnent autodérision et convivialité, ils vous entraînent dans leur univers baroque déjanté. »

Le concept était sans conteste brillant, nous devons pourtant avouer avoir été déçue sur bien des points.

Premièrement, beaucoup de spectateurs et une scène sans mur de fond aboutit irrémédiablement à un public « encerclant » les tréteaux  mais lorsqu’on regarde une pièce créée pour être exclusivement jouée à 180°, forcément, si on est du mauvais côté, ça a tout de suite beaucoup moins d’attrait… Nous ne sommes pas sans ignorer que ce n’est pas réellement la faute des comédiens mais il me semble que la capacité d’adaptation est aussi une des sacro-saintes qualités du comédien et ne pas modifier le scénario alors que la moitié du public se situe derrière soi, c’est tout de même dommage!

Outre cela, bien que les artistes soient très doués, la pièce est victime d’un sporadique manque de rythme, créant un fossé entre eux et le public, qui ne sera calfeutré que lors des cinq dernières minutes… A repenser, donc.

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