Février politique et acronyme chez Casterman avec NSA Et SPRG

Après un mois de janvier très Horrocksien (avec 3 albums du maître de la bande dessinée néo-zélandaise, Dylan Horrocks – on vous en parle très vite, interview à l’appui), Casterman place février non sous le signe des amoureux, mais bien sous les sigles du thriller politique. Avec NSA et SPRG, se passant respectivement aux États-Unis et en France. Et complots, fusillades, problèmes relationnels sont de la partie. Mettez votre gilet pare-balles et suivez-moi pour une chronique au pays des balles sifflantes.

Avec SPRG tout d’abord, ou plutôt Service de Protection des Renseignements Généraux, une série dans les coulisses de la protection rapprochée, scénarisé par Pierre Dragon et Alain Gillot et dessiné par Fred Lamour, pour mettre en scène un sacré gaillard. Car oui, Simon est un solide flic, qui n’a pas peur des coups fumants et des interventions à hauts taux d’adrénaline. Une réelle addiction pour cette vie musclée et parsemée de dangers que le grand flic va devoir remiser pour enfiler la tenue de père proche et là auprès de sa femme et son nouveau-né.

Sprg Lamour Dragon Gillot extrait 2

Et quand on lui propose un poste bien rangé dans le SPRG, assigné à la protection des gars en costumes-cravates, Simon ne dit pas non. Même si loin d’oublier son passé de bras de la justice casse-cou, il garde des contacts avec son ancienne équipe et, surtout, son meilleur ami Adrien. Et quand Simon doit se charger de la protection d’un grand entrepreneur français engagé dans un deal sans précédent, il réalise que sa vie trépidante d’avant, peut revenir bien vite! Quoiqu’il en soit de ses responsabilités paternelles.

Sprg Lamour Dragon Gillot extrait 4

Nouvelle équipe, nouvelles responsabilités, nouvelle vie aux côtés d’une femme qui ne lui donne plus droit à l’erreur. C’est un peu tout ces thèmes que brasse ce premier opus de SPRG. En une histoire par tome, les trois auteurs vont nous faire découvrir l’ambiance qu’il peut régner dans une équipe comme celle de Simon, avec ses joies, ses dangers, ses moments de stress et ses coups de mou. Ca commence plutôt calmement et sereinement pour planter décors et personnages pour ensuite s’imbriquer et donner rythme et suspense à cette histoire où s’entremêlent le magnat entrepreneurial, sa famille (et ses maîtresses) mais aussi les personnes gravitant autour de chaque membre de l’équipe de protection. C’est parfois un peu cliché, mais Dragon et Gillot font le (bon) choix de ne pas s’encombrer de longues et trop sérieuses description autour du cadre de travail d’une équipe du SPRG. Laissant ainsi le dessin de Lamour dicter l’aventure à travers, parfois, de longues séquences sans le moindre phylactère. C’est simple et efficace. Un bon épisode pilote qui crée l’attachement avec ses personnages et donne envie d’en savoir plus.

SPRG, tome 1, Pierre Dragon, Alain Gillot, et Fred Lamour, Casterman, 56 p., 13,5 €


NSA: Lire l’avenir n’a pas que de bons côtés

Autre acronyme, autre ambiance, autre pays et autres personnages. C’est à présent à l’autre bout du monde que nous conduit la première partie du diptyque NSA (National Security Agence) de Thierry Gloris et Sergio Bleda. Et le postulat de départ est plutôt génial.

NSA Bleda Gloris Extrait 2

Appollo est autiste. Déconnecté d’une certaine réalité, il possède pourtant des capacités d’analyses fulgurantes et indéniables, un réel intérêt pour la NSA, service d’écoutes des services secrets américains, qui l’a recruté. Avec raison, Appollo avait notamment prévu les attentats du 11 septembre. Pourtant, imprévisible, le jeune homme va s’enfoncer dans le mutisme le plus complet le jour où sa mère, sa seule famille, se fait renverser par un chauffard sous ses yeux. Une seule solution pour la NSA, s’ils veulent encore pouvoir compter sur leur meilleur atout: Oz, sa demi-soeur, flic et latina dont le sang ne peut très vite faire qu’un tour. Elle seule pourrait se substituer à la mère d’Appollo et rendre à celui-ci famille, sociabilité et capacités d’analyse. Encore faut-il la convaincre et passer entre les mailles d’un filet qui a tout l’air d’un complot.

NSA Bleda Gloris Extrait 7

Un dessin semi-réaliste et en accord avec l’histoire (dynamique et fort pour faire ressentir les ambiances), des personnages aux contours et à la psychologie bien définie, des thèmes d’actualité très chaude (un système de surveillance intrusif et à la pointe de la technologie, des forages nocifs et polluants pour récupérer le gaz de schiste..), des méchants encore bien mystérieux et un quota d’action parfaitement équilibré.

NSA Bleda Gloris Extrait 6

Pas de doute, NSA est le thriller politique et d’anticipation de ce début d’année, original et frais. Et se gardant bien d’en révéler de trop sur l’histoire. Bien des questions restent encore à la fin de ce premier tome. Et c’est tant mieux! Même si, n’étant pas oracle, l’attente risque d’être longue.

NSA, tome 1: L’oracle, Thierry Gloris et Sergio Bleda, Casterman, 48p., 13,5 €

Tags from the story
Written By

Cultureux vorace et journaliste avide, je me promène entre découvertes et valeurs sûres, le plus souvent entre cinéma, musique et bandes dessinées mais tout est susceptible d'attirer mon attention :)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *