FIFB – Train Driver’s Diary

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Mardi 23 novembre 2016. Le public et les membres du jury du 2ème Festival International du Film de Bruxelles attendent dans le hall du Cinéma Galeries. Eric Serra se fait prendre en photo par quelques fans du Grand Bleu et l’acteur de Sex and the city, Chris Noth, fait bande à part sur une banquette placée un peu à l’écart. Il se prépare, comme tout bon membre d’un jury, à juger un film, un film serbe. Son réalisateur, Milos Radovic, n’est pas inconnu puisqu’il a déjà derrière lui deux longs métrages et revient 12 ans après Falling into Paradise.

Parmi les réalisateurs en lice pour la candidature aux nominations de l’Oscar du meilleur film étranger, le Serbe Milos Radovic partage la liste avec des poids lourds tels que Paul Verhoeven, Andrzej Wajda, Andrei Konchalovsky, Pedro Almodóvar, pour ne citer qu’eux. Train driver’s diary mériterait amplement cette distinction pour la façon toute particulière qu’il a de se moquer de la mort avec ce petit brin de tendresse si typique des films de l’Europe de l’Est.

15h35, le film commence avec un peu de retard. L’humour noir est présent dès les premières minutes du film sans jamais amoindrir l’humanité des personnages.

15h40, premier éclat de rire. Le réalisateur prend comme point de départ le sujet des dégâts post-traumatiques des conducteurs de train responsables d’accidents de personnes (suicides et accidents divers) pour raconter une histoire de transmission et une véritable ode à la vie. Tantôt poétique, tantôt burlesque, le film nous fait suivre la vie d’un vieux conducteur de train bougon et désabusé, magnifiquement interprété par la star Lazar Ristovski, également producteur du film, qui va prendre sous son aile un orphelin désireux de suivre les traces de son mentor.

Le pitch pourrait sembler un peu niais, si le réalisateur et scénariste ne lui avait pas insufflé cette petite dose d’humour noir en rendant indissociables l’expérience du métier des conducteurs et le nombre d’accidentés causés par ceux-ci. Le film va jusqu’à provoquer la mort d’un des protagonistes pour parfaire l’écolage du jeune aspirant conducteur. Le spectateur assiste à toute une série de scènes improbables, remarquablement mises en scène et superbement mises en lumière par le chef opérateur Dušan Joksimović. 17h05, le générique défile sous les applaudissements d’un public rare mais visiblement conquis, qui ne s’y est d’ailleurs pas trompé puisque Train Driver’s Diary a remporté le Grand Prix du festival ! Les portes des Oscars lui sont ouvertes… Verdict le 24 janvier 2017 !

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Comédien, metteur en scène et réalisateur travaillant pour l'asbl La Roulotte Théâtrale. Passionné de cinéma, de théâtre et de littérature, j'ai des projets plein la tête !

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