FIFB – White Girl

Pour voir ça, je regarde la saison 1 de Skins !

Pour la comédienne du court métrage Corridor, diffusé au Festival International du Film de Bruxelles juste avant White Girl, l’actrice Morgan Saylor (Homeland) ne jouait pas juste et en faisait trop. C’est dire si le film lui est complétement passé au-dessus de la cafetière.

Sous la direction de la réalisatrice Elizabeth Wood, la jeune comédienne ne joue pas l’éternelle victime tombée dans l’engrenage de la drogue, mais bien l’addiction personnifiée. White Girl désigne aussi bien la cocaïne que le personnage principal. Aussi blanche que la poudre, elle fera plonger un dealer dans un cercle sans fin, avant de regagner les bancs de son école.

Le film joue énormément sur cette ambivalence entre les deux significations du titre. Ici, Alice est un dealer et le lapin blanc, une femme. Le seul personnage vraiment à sa place est cette fille qui finira dans un environnement hostile, celui de la normalité. Durant tout le film, le personnage fait tout pour échapper à ce que les contraintes sociales l’obligent à faire… préparer sa rentrée scolaire, par exemple.

Le film d’Elizabeth Wood détruit un à un les clichés de ce genre de métrage, à la différence de la bande annonce, qui laissait entrevoir une descente aux enfers de jeunes pervertis par la dope, manipulés par des vendeurs sans scrupules. Du dealer qui vend de la coke mais évite comme la peste ceux qui en consomment, jusqu’à la petite fille perdue qui entraîne tout le monde dans sa chute, Elizabeth Wood s’amuse à nous désorienter.

La passion amoureuse semble être la thématique principale du film. Son association avec la drogue fait rejaillir son caractère autodestructeur. Autodestruction qui se révèle aussi dans le caractère de cette white girl pétrie de bonnes intentions. Qui fait l’ange fait la bête ! La passion fait renier au dealer tous ses principes et les choix de la jeune fille conduisent le film vers une conclusion absurde. Comme dans le mythe de Sisyphe, il faut imaginer la white girl heureuse.

Les acteurs du court métrage Corridor, prix du meilleur film 2016 du concours « 48 Hour Film Project – Faire un film en 48H » et projeté lors du FIFB juste avant White Girl, sortent de la salle, fiers d’avoir pu voir leur réalisation projetée à l’UGC Debrouckère. Qu’il s’agisse du long ou du court, les deux films étaient à la hauteur de leurs ambitions. Corridor, comme souvent avec les films tournés à l’arrache, bénéficie d’une fièvre qui imprègne chaque bout d’image. Malgré une histoire usée jusqu’à la corde, véhiculant tous les poncifs des scénarios à tiroirs, ce film réalisé en peu de temps arrive à donner l’impression que chaque décor, chaque acteur, est à sa place.

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Comédien, metteur en scène et réalisateur travaillant pour l'asbl La Roulotte Théâtrale. Passionné de cinéma, de théâtre et de littérature, j'ai des projets plein la tête !

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