Flâneries Gourmandes

Ce restaurant et moi, c’est une longue histoire. La première fois, c’était il y a quatre ans alors que nous n’habitions pas encore à Bruxelles. Nous avions fait l’aller-retour d’Utrecht (Pays-Bas) pour la journée et avions mis nos petites économies d’étudiant dans ce diner.

Ce fut un régal, tellement bon que quand on a eu le choix entre manquer le dessert ou manquer le train, la gourmandise avait gagné. Du coup, ravis mais trop fauchés pour payer l’hôtel, la soirée s’était terminée dans une boite de nuit du centre ville, qui avait comme seul mérite d’être gratuite. Pendant que Monsieur G sautillait sur de la techno, je m’étais lamentablement endormie sur les coussins du club, en attendant le premier train, 5h du matin à la gare du midi.

Folklorique et inoubliable.

Du coup, même si nous avions très envie de retourner diner aux Flâneries gourmandes, on reculait, on reculait, de peur d’être déçus. Il n’y a rien de pire que de remettre en cause un super souvenir. Puis, hier, un événement à célébrer et nous y sommes retournés, un peu anxieux. Nous avions tort, tout était aussi exceptionnel qu’il y a cinq ans.

Menu dégustation: Deux entrées, un plat, un dessert, café et mignardises pour 50 (52?) euro par personne.

Et l’on débute avec un amuse-bouche: Rillette de saumon au wasabi, sur une crème de potimarron agréablement parfumée à l’orange. C’est un mélange de goûts mais aucun n’écrase l’autre et tout est à la fois parfumé et subtil, ça commence bien!

Ensuite vient la première entrée, celle qui m’a fait dire pour la première fois de ma vie « ah c’est vachement bon les huitres en fait »: Carpaccio d’huitres sur une mousse de chou-fleur aux algues, et à côté, salade de champignons enokis et vinaigrette au yuzu. Le mélange d’iode et d’acidulé fait merveille. Sur le dessus, vous avez également des feuilles d’huitre et du jambon Bellota séché.

Là, patatra c’est le drame. Pas un drame culinaire, bien au contraire, mais un drame photographique. Tellement enthousiaste sur le plat, je commence à le déguster avant de penser « m…, et la photo, j’ai oublié la photo ». Toujours bon signe quand on pense d’abord à déguster avant de penser à son article 😉

Voila donc la spécialité de la maison: L’œuf fermier. On cuit le jaune au bain marie, on enlève le blanc et on le remplace par plein de bonnes choses. En l’occurrence: des noix, une compotée de pommes aux raisins et une superbe crème de coulemelles. Sur le dessus, une mousse de céleri rave au bleu, qui du coup, a été entamée sans vergogne.

Et c’est en effet le pourquoi de mon adoration de cette adresse: La cuisine de saison, il n’y a rien de mieux!

Là je ne parle même pas du fait que les produits sont meilleurs, c’est logique. Mais surtout, ça colle totalement à nos envies. Quand nous sommes arrivés, il pleuvait, c’était grisâtre, nous pestions sur l’automne qui était déjà là. Mais d’un coup, ces saveurs de champignon, de bleu, le crémeux du jaune, tout ça nous a donné une bonne raison d’apprécier le mauvais temps. Réconfortant, délicieux.

Le plat, tout aussi de saison et tout aussi démentiel: Une sole avec des écailles de cèpes. En dessous, un salpicon de cèpes et épinards. Avec un jus au vin rouge et une purée de pommes de terre rôties.

L’association poisson-champignon est une de mes préférées et là encore, c’est une balade en forêt dans votre assiette. Oui désormais, grâce à ce plat, j’aime les arbres qui perdent leurs feuilles et la bruine qui tombe à ma fenêtre pendant que je vous écris.

Nous passons au dessert, où un patatra numéro deux intervient, encore plus grave que le premier. Là, j’ai vraiment oublié la photographie. A aucun moment je n’y ai pensé, étant tellement contente de manger de si bonnes choses en compagnie de Monsieur G. C’est en sortant du restaurant que je me suis rendue compte de l’erreur, pas avant.

Eh bien tant pis, à la place, voila un gribouillis pour vous donner une idée. C’était frais, léger et gourmand à la fois.

Conclusion: Les flâneries gourmandes, c’est toujours aussi bon. Et rare à signaler, ici l’inflation n’existe pas. Il y a quatre ans, nous en avions eu pour 120 euro à deux. Hier, même budget à vingt centimes près.

Au fait, ici on vient pour manger, pas pour se montrer, ne pas s’attendre à un cadre design funky mais peu importe n’est-ce pas? Nous, on n’attendra pas encore quatre ans avant d’y retourner, c’est dit.

Flâneries Gourmandes – 2 rue Berckmans – 1060 Saint Gilles

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