Flora, ou « peut-on aimer à nouveau ? »

Flora et les étoiles filantes est une bande dessinée hybride qui tient autant de la comédie romantique que des one shots plus classiques. L’histoire, qui tient sur un seul album, capte l’attention, va droit au but et crée un univers attachant, sans devoir poser les balises nécessaires à une éventuelle suite, ce qui lui permet de gagner en intensité. Mais l’intrigue, qui prend forme sous les traits de Daphné Collignon, a été imaginée par Chantal Van Den Heuvel, dont on n’est pas surpris d’apprendre qu’elle est également scénariste de films ! Cette BD-comédie romantique est peut-être un peu trop conventionnelle, mais elle est néanmoins très agréable à lire et bonne pour le moral ! Sans prétention, les auteurs livrent à leurs lecteurs une jolie histoire qui permettra de passer un bon moment.

Flora vient de divorcer. Âgée d’une quarantaine d’années elle ne peut et ne veut renoncer à vivre sa vie. Sur le conseil d’une amie, elle s’inscrit sur un site de rencontres, afin d’y trouver la perle rare. Et c’est là que les rencontres (plus ou moins heureuses) se succèdent. Une galerie de personnages secondaires conseille Flora à tort et à travers sur la direction qu’elle devrait donner à sa vie : des amies, son fils, ainsi que son vieux voisin sympathique mais un peu grognon. Au final, cet album plein de bons sentiments et d’humour donnera le sourire et fera rêver ceux qui, eux aussi, sont à la recherche de quelqu’un avec qui (re)construire une relation et passer leur vie ou, au moins, faire un bout de chemin. Les dessins et les couleurs participent d’une ambiance chaleureuse mais songeuse, où s’entrechoquent rêves et réalité. Vous laisserez-vous séduire ?

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Petite interview de Chantal Van Den Heuvel, scénariste de Flora :

Vous êtes une scénariste BD au profil inhabituel et à l’écriture tout-terrain. Quel a été votre parcours jusqu’à présent ? Ces expériences passées vous ont-elles servi dans la réalisation de ce projet ?

Je me considère comme une conteuse, une raconteuse d’histoires avant tout. En un autre siècle, je me serais bien vue en Mère l’Oye chuchotant à la lueur des flammes. C’est un bonheur si je peux faire partager mon goût pour la fiction et si j’arrive à offrir des histoires qui palpitent d’émotion mais qui, aussi, ont du sens et intègrent la dimension de l’humour.

C’est l’ambition que j’ai eue en écrivant Flora et les étoiles filantes, donner une vision drolatique de la crise de la quarantaine. Une crise que traversent les hommes comme les femmes, d’ailleurs. Les interrogations sur le vieillissement, la séduction et les virages chaotiques de la vie ne sont pas réservés qu’aux femmes !

Le scénario de cette BD fait inévitablement penser aux comédies romantiques, sa narration rappelant celle de nombreux films. Avez-vous voulu imposer ce tempo et cette structure d’intrigue différents de ce qui se fait habituellement en BD ?

Oui, c’est délibéré, je voulais que Flora ne soit pas seulement une tranche de vie mais un vrai récit tendu par un fil rouge, avec un début et une fin. J’aime les films de Lubitsch et de Billy Wilder, des comédies pleines d’humour et d’esprit, qui virevoltent. C’est ce ton léger que j’ai cherché à donner pour raconter les mésaventures de Flora. J’ai voulu que l’humour soit le levain de ce récit. L’humour, c’est ce qui permet de faire lever la pâte.

Est-ce Daphnée Collignon, la dessinatrice, ou vous-même qui avez eu l’idée de cette BD ? Qu’est-ce qui vous a motivé dans ce projet ?

J’ai eu la chance que Nathalie Van Campenhoudt, éditrice au Lombard, ait aimé mon projet. C’est elle qui a proposé à Daphné Collignon de dessiner Flora. Elle a été séduite, comme moi, par le trait vif et acéré de Daphné qui s’accorde tout à fait à l’esprit du récit.

Pourquoi ce titre, Flora et les étoiles filantes ?

Il y a ce passage dans l’histoire où Flora, dans son jardin, rêve avec son vieux voisin Vénérable d’évasion, d’une autre vie en regardant les étoiles filantes. Dans la vie, tout le monde a des vœux secrets, d’où le titre…

Au fond, l’histoire de Flora est marquée par un contraste assez fort. Elle porte à la fois sur l’effondrement de sa vie, et sur la possibilité d’une renaissance fabuleuse. Pourquoi avoir choisi de faire cohabiter ces deux dimensions, qui pourraient paraître antagonistes ?

Parce que je pense que c’est comme cela que ça marche souvent ! La vie est faite d’espoirs, d’échecs et de recommencements successifs. C’est le principe du Yin, le mouvement descendant et du Yang, le mouvement ascendant. Je pense que, chez la plupart des gens, lorsque les choses vont mal, l’espoir de s’en sortir reste chevillé au corps.

Quels sont vos projets futurs ? Avez-vous déjà des envies, des attentes ou des objectifs, précis ou non ?

J’ai un album qui paraîtra au printemps 2016 chez Casterman sous le titre Louise, le venin du scorpion. C’est un biopic de l’icône du muet, Louise Brooks, qui sera dessiné par Joël Alessandra, qui est entre autres l’auteur de Petit-fils d’Algérie. C’est un dessinateur au superbe talent ! Pour le moment, je suis dans l’écriture d’une saga dont l’intrigue se déroule en Indochine. C’est une histoire romanesque qui s’inscrit dans le contexte de la décolonisation et qui portera sur plusieurs générations.

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Flora et les étoiles filantes, par Daphné Collignon et Chantal Van Den Heuvel, Le Lombard, 64 p., 14,45 €. ISBN : 9782803633876.

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Je n'aime pas parler de moi. Ce qui ne devrait pas être un problème vu que c'est peu probable que vous vouliez lire sur ce sujet. Par contre, j'aime bien écrire sur tout ce qui suscite ma curiosité, m'amuse ou m'interpelle. Parfois aussi les trucs que j'aime pas, pour vous mettre en garde, ou vous effrayer. Dur à dire.

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