Food Waste Challenge, le défi à absolument relever !

Le Food Waste Challenge, jamais entendu parler? Pas grave, on a justement interviewé Joris Depouillon, cofondateur du FSE Network qui coorganise l’événement !

On parle souvent du gaspillage alimentaire, mais concrètement qu’est-ce que c’est ? Et quels acteurs sont les plus concernés ?

Un tiers de la nourriture est gaspillée et on estime que 7 % de toutes les émissions de gaz à effets de serre sont liées à la nourriture qui n’est pas mangée… Donc concrètement tout le monde dans la chaîne d’approvisionnement est responsable ! L’image ci-dessous donne un bon aperçu de qui, dans la chaîne d’approvisionnement, est le plus responsable, autant dans le Nord que dans le Sud. Contre toute attente, c’est en fait dans la production et la consommation (soit le consommateur et l’Horeca) qu’il y a le plus de gaspillage alimentaire.

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Quand et comment est né le FSE (Food Surplus Entrepreneurs) Network ?

Je me rappelle encore très bien la première fois que j’ai été voler dans les poubelles en 2012. Je suis rapidement passé au-dessus de la clôture, il y avait deux grands containers pour moi, remplis de légumes frais, fruits, produits laitiers, viande. Heureux, mais aussi outré, je n’en croyais pas mes yeux. Un an plus tard, j’ai commencé des études d’ingénieur commercial. J’ai su immédiatement que travailler 60 heures semaine pour quelque chose dans lequel je ne croyais pas n’était pas fait pour moi… J’allais aider le monde à gérer les déchets alimentaires ! J’ai décidé de passer un an à voyager pour rencontrer des entrepreneurs qui travaillaient dans le durable et le social. À la fin de mon voyage en 2014 j’ai accepté une mission pour Confitures Re-Belles, une startup qui fait de la confiture avec les excédents de fruits. Il en est apparu que là où j’ai été le plus utile c’est en mettant la startup en contact avec d’autres entrepreneurs qui font le même genre de travail, partout en Europe. Et c’est comme ça que FSE Network est né et est devenu le réseau d’innovation européen en matière de pertes alimentaires.

Concrètement que fait-on ? On réduit le gaspillage alimentaire en :

  1. Supportant des entrepreneurs innovant en matière de gaspillage alimentaire, nouveaux et existants, en leur donnant de la visibilité, des opportunités d’échange et d’apprentissage et en facilitant les collaborations.
  2. Supportant et incitant les citoyens à développer de nouvelles innovations.
  3. Aidant les gouvernements à réduire le gaspillage alimentaire (en proposant ou co-créant de nouvelles innovations), mais aussi à créer et/ou implémenter des plans pour réduire le gaspillage alimentaire.
  4. Aidant les entreprises à réduire leur gaspillage alimentaire en suggérant ou en co-créant de nouvelles innovations).

En quoi est-ce innovant dans notre monde actuel ?

FSE Network est une entreprise sociale dont le but social et environnemental est de réduire le gaspillage alimentaire et de construire un business model qui nous permette d’avoir plus d’impact en la matière. Ce qui est réellement innovant c’est qu’on aide des jeunes à créer de nouveaux projets par eux-mêmes, en organisant les Food Waste Challenge. Ces jeunes deviennent de vrais acteurs de changement. Ils réalisent qu’ils peuvent, par eux-mêmes, créer du changement dans le monde au lieu de faire un job qui ne leur plait pas, ils font quelque chose qui fait vraiment la différence. C’est vraiment important que les gens sachent qu’ils peuvent vraiment changer les choses ! Bien sûr, on aide aussi les acteurs de changements existants en leur offrant la possibilité d’échanger et de collaborer.

Concrètement, qu’est-ce qui est mis en place en Belgique ?

FSE Network est implanté à Bruxelles et donc la plupart de nos activités ont lieu là-bas où dans les environs. Concrètement, on organise les Food Waste Challenge Masterclass, mais on gère aussi un réseau grandissant d’acteurs de changement et d’entrepreneurs en matière de gaspillage alimentaire. Il y a de plus en plus de projets prenant forme autour du gaspillage alimentaire en Belgique, des entrepreneurs, des associations non gouvernementales, etc. On les aide en les mettant en contact et en leur donnant des conseils. On fait aussi de la consultance à Bruges, Gand et Bruxelles. On aide les villes à réduire leur gaspillage alimentaire. À Bruges, on aide le Brugge Food Lab, une plateforme d’investisseurs dans l’alimentation durable. On organise aussi un événement qui s’appelle « feeding the 5000 ».

Vous organisez, fin aout, le Food Waste Challenge, vous pouvez rapidement nous expliquer de quoi il s’agit ?

Les 26, 27, 28 aout, le FSE Network et Act4change organisent un week-end, le Food Waste Challenge Leuven innovation Week-end, avec le support financier de la province du Brabant Flamand et du Fonds Duurzaam Materialen- en Energiebeheer, géré par la fondation Roi Baudouin. Le Food Waste Challenge aide 50 jeunes à construire leur propre startup durable pour réduire le gaspillage alimentaire en seulement un week-end. Ces jeunes seront mis au défi de développer des solutions pour trois grandes thématiques : le gaspillage du pain, le gaspillage alimentaire à la maison et le gaspillage alimentaire dans l’agriculture. Ils vont apprendre et expérimenter ce qu’est le gaspillage alimentaire, s’inspirer des innovateurs existants dans le domaine du gaspillage alimentaire et développer leur propre idée ensemble. Vous pouvez trouver plus d’information et vous inscrire ici et voir une vidéo d’un Food Waste Challenge précédent ici.

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Que doit-on faire pour y participer ? Y a-t-il des prérequis ?

Vous devez juste vous inscrire via ce formulaire ! Le week-end coute 35 euros pour les étudiants et 50 euros pour les professionnels et si vous arrivez à convaincre vos amis à s’inscrire, vous pouvez même avoir une ristourne et une bière faite à base d’excédents de pain gratuite ! On cherche à toucher des jeunes qui sont intéressés dans le gaspillage alimentaire et qui pensent pouvoir se lancer dans un projet qui aiderait à le réduire.

Peut-on y assister même sans idée de business ou si on ne se sent pas particulièrement l’âme entrepreneuriale ?

Bien sûr ! Le plus important est de vouloir participer à trois jours de développement d’une idée (la vôtre ou celle d’un autre) ! Ce sera un week-end plein d’énergie, d’inspiration et d’action !

Diriez-vous qu’il est facile, à l’heure actuelle, de se lancer pour un jeune dans une activité lucrative (ou suffisamment lucrative pour en vivre, du moins) qui réduirait le gaspillage alimentaire ?

Bien sûr que c’est possible ! Il y a plein d’exemples en Belgique et ailleurs. Un des entrepreneurs qui vont se présenter est Joran Vuye. Il m’a appelé il y a quelques mois, car il avait une idée et il y a un mois il a quitté son job pour se concentrer pleinement sur Re-Fruit. Re-Fruit récupère les légumes oubliés, moches et aux formes bizarres à la ferme et les vend directement au consommateur à un prix moins élevé. Par an,  Re-Fruit sauve 13 tonnes de fruits et légumes qui auraient été gaspillés.

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Vous avez déjà organisé d’autres week-ends du Food Waste Challenge en Belgique et ailleurs, d’après vous où le projet marche-t-il le mieux ?

On a organisé des Food Waste Challenge aux Pays-Bas et à Bruxelles. Je pense que ça marche mieux dans les pays qui ont un esprit entrepreneurial. On ne peut pas dire que ce soit intrinsèque à notre culture belge, mais on essaie de changer ça avec les Food Waste Challenge, justement !

Avez-vous déjà eu des participants dont les idées étaient vraiment hors du commun et surprenantes ?

Au Food Waste Challenge d’Amsterdam, on a eu une équipe très cool qui a gagné le challenge : Non-Guilty Pleasures. Ils font des desserts avec l’excédent de pain. L’équipe était vraiment internationale : un Autrichien, un Français, un Mexicain et un Allemand. L’Autrichien et le Français ont tous deux continué à développer l’idée indépendamment. Franck est maintenant dans le Sud de la France, s’alliant avec une pâtisserie et communiquant avec de grandes entreprises pour y intégrer ses desserts. Ce n’est pas génial, ça ?!

Parmi les participants et intéressés, y a-t-il beaucoup de personnes travaillant dans l’horeca ou dans l’alimentaire et qui désirent remédier au gaspillage alimentaire produit quotidiennement par leur entreprise ?

C’est un mélange, la dernière fois on avait certains participants qui travaillaient dans le secteur alimentaire, mais il y a aussi beaucoup de jeunes qui veulent faire quelque chose d’utile au boulot et qui cherchent à lancer leur propre truc. C’est vraiment à la mode à l’heure actuelle. Ce sont des jeunes professionnels, des étudiants ou des créatifs qui sont à la recherche d’un job qui a plus de sens. Ils veulent un vrai investissement de l’entrepreneuriat dans la participation sociale et la durabilité, ça doit faire partie de son ADN. On remarque à travers les demandes de conseils que le gaspillage alimentaire est un thème qui préoccupe ces acteurs de changement.

Pour ceux qui sont intéressés, mais malheureusement pas libres à ces dates-là, prévoyez-vous d’autres week-ends en 2016  ou en 2017 ?

Pour le moment, on n’a pas encore les dates exactes, mais bien sûr que notre but est d’organiser d’autres Food Waste Challenge!

Avez-vous d’autres événements organisés autour du gaspillage alimentaire ?

À Bruges, on a organisé le premier « Feeding the 5000 » c’est un impressionnant repas gastronomique servi à 5000 personnes et fait d’excédents alimentaires. Vous pouvez trouver plus d’informations sur l’événement ici. En plus de ça, on organise des Food Exchange Cafés où les gens peuvent venir et s’échanger de la nourriture (plus d’informations ici).

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