Free Fire : Gunfight au BIFFF

Après l’ambitieuse mais néanmoins décevante adaptation du High-Rise de J.G. Ballard, Ben Wheatley nous revient avec un très jouissif Free Fire. Humour et gunfight sont au rendez-vous dans un film ponctué de quelques belles punchlines servies par une pléiade d’acteurs, tous ravis de s’amuser dans cette énorme plaine de jeux.

Pour Ben Wheatley, il s’agit d’une bouffée d’air frais après le casse-tête High-Rise. Pour le spectateur, c’est carrément une respiration plus que bénéfique dans l’œuvre atypique de ce réalisateur singulier. Ben Wheatley n’est jamais là où on l’attend, passant allègrement de la comédie noire Touristes au trip métaphysique et déjanté A filed in England. Une fois de plus, il prouve son envie de brouiller les cartes en réalisant un huis clos pétaradant, parfait pour l’ambiance survoltée du BIFFF.

Le pitch tient sur un ticket de métro. Et encore ! L’intrigue est un pur prétexte pour donner libre cours aux idées de mise en scène du réalisateur. L’histoire se situe à Boston en 1978. Dans un entrepôt déserté, Justine dérange une rencontre entre deux Irlandais et un gang de vendeurs d’armes. Faire cohabiter pendant 90 min des membres de l’IRA et des vendeurs d’armes dans un hangar avec un postulat de départ aussi simple relève du véritable tour de force scénaristique, particulièrement réussi.

Présent depuis le premier film de Ben Wheatley, Michael Smiley rempile pour une troisième collaboration avec Ben Weatley et partage la vedette avec Armie Hammer (Lone Ranger), Cillian Murphy (Inception), Brie Larson (Room), Sam Riley (Sur la route) et l’excellent Sharlto Copley (Harcore Henry). Un casting trois étoiles pour camper une galerie de personnages savoureux. Sharlto Copley incarne un vendeur d’armes sud-africain absolument irrésistible, le duo qu’il forme avec son partenaire noir qu’il appelle sans arrêt son « boy » est décapant.

Ben Weatley est fidèle à ses acteurs, mais aussi à sa monteuse Amy Jump, qui n’est autre que sa femme ! Présente depuis son premier film, Amy Jump atteint des sommets dans ce film au montage au cordeau.

On l’aura compris, ce film estampillé Martin Scorsese (producteur exécutif) est une vraie réussite. Free Fire est un film joyeusement régressif et geek dont l’une des références est le jeu vidéo de tir à la première personne Counter-Strike tandis que l’autre jeu vidéo en ligne Minecraft a aidé le réalisateur à créer le décor.

Véritable bijou cinématographique totalement décomplexé, Free Fire semble être un bon candidat pour recevoir un prix à la clôture du BIFFF !

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Comédien, metteur en scène et réalisateur travaillant pour l'asbl La Roulotte Théâtrale. Passionné de cinéma, de théâtre et de littérature, j'ai des projets plein la tête !

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