Eden Hotel – Gabriel Ippoliti et Diego Agrimbau

« Ernesto Guevara Lynch et fils (le futur « Che ») sont l’un et l’autre membre actif d’Action Argentine, une organisation dont le but est d’enquêter sur les activités militaires nazies dans leur pays. Au cours des derniers mois de la Seconde Guerre mondiale, ils décident de s’infiltrer dans ce qu’ils pensent être un bastion nazi : l’Hôtel Eden, un lieu où eux-mêmes ont séjourné en famille quelques années auparavant ». « Ce n’est pas vrai, encore un ouvrage sur le Che » vont penser certains. Il est vrai qu’à force de retrouver sa tête sur tous les drapeaux, t-shirts, trousses et sac à dos (ou pas), cela peut agacer.

Après les nombreux films dont le Che et Carnets de Voyages ; les chansons, les biographies, les documentaires – et j’en passe – on peut se demander ce qu’il y a encore à dire sur ce personnage de légende.

Et pourtant, avant de devenir l’icône marketing d’aujourd’hui, le Che est surtout un symbole de lutte contre les injustices pour beaucoup de personnes dont moi, petite révolutionnaire dans l’âme qui rêve d’un monde différent. Mais je m’égare.

Cette bande dessinée est le fruit de la collaboration du scénariste Diego Agrimbau et du dessinateur Gabriel Ippoliti, tous deux argentins. Notez que l’Argentine est le berceau du Che et non pas Cuba ! 😉

L’histoire ? Eden Hotel fait partie de ces ouvrages qui se penchent sur la jeunesse du Che. Comme Carnets de Voyage ? Encore avant ! Nous retrouvons donc Ernesto Guevara à ses 6 et 18 ans, entouré de sa famille et tout particulièrement de son père qui luttait déjà contre les colons nazis installés en Argentine.

Si la BD se base sur des faits historiques, le scénariste reconnaît d’emblée avoir pris des libertés artistiques dans la construction de son scénario. Peu importe, ce dernier est très bien réussi : intéressant et captivant à la fois. L’histoire se révèle donc au fil des pages mais je dirai qu’elle peut être un peu confuse par moments pour celui qui ne connait pas bien l’histoire du « Commandante » (notez que l’entretien avec le scénariste, situé en fin d’ouvrage, apporte quelques clés de compréhension à l’œuvre).

Qui dit BD, dit dessin ! Là, pas d’hésitation, je suis tombée amoureuse du dessin autant que des couleurs utilisées. Il me semble que la colorisation s’est faite à l’aquarelle. En résulte un dessin très fluide et chaleureux. Les couleurs, quant à elles, sont plutôt sombres, comme pour donner un aspect ancien à l’histoire racontée. Cela m’a fait penser à ces photos sépia qui nous paressent anciennes rien que par leur ton brun. Que penser enfin de la saga ? Trop tôt pour le dire !

Nous n’en sommes qu’au premier tome et qui sait si Eden Hotel percera dans le marché francophone ? Espérons car cette bande dessinée pour adultes a bien du potentiel et ravira tant les fans du Che Guevara que les néophytes.

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Laura, 28 ans, 1m55. Titulaire d'un diplôme loufoque : Sciences des religions et de la laïcité. Ecrit des articles non moins loufoques pour Culture Remains. Nourrit une passion pour M.I.A, le Théâtre de Poche, son chat, Edgar Allan Poe et les plantes carnivores. A toutes fins utiles, sachez qu'elle est très facilement corruptible si on lui offre à boire et à manger.

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