Mon Garçon : une (en)quête improvisée avec Guillaume Canet

Après Joyeux Noel et En Mai Fais ce qu’il te plaît, le réalisateur Christian Carion oublie l’Histoire de France avec Mon garçon, un thriller embarqué à la recherche d’un petit garçon disparu dans une colonie de vacances.

Une disparition qui va aborder les questions de la parentalité et la famille ici mises à épreuve à travers ce papa incarné par Guillaume Canet, qui va mener sa propre enquête pour retrouver son fils.

Avec ce thriller glacial (au propre comme au figuré) et embarqué (caméra portée du début à la fin) tourné dans le Vercors en seulement 6 jours , Christian Carion suit ce père (filmé de très près et quasiment dans tous les plans) qui, jusqu’au boutiste, va tout faire pour élucider ce mystère.

Après Joyeux Noël et l’Affaire Farewell, le cinéaste retrouve Guillaume Canet, également co- producteur du film, qui est mis littéralement en situation à son insu : l’acteur a tourné en temps réel, chronologiquement, sans véritablement connaître le scénario et a improvisé en se laissant guider au fur et à mesure par le cinéaste et les acteurs (Mélanie Laurent, formidable dans le rôle de la mère de l’enfant et Olivier de Benoist). 

Avec son concept de départ un peu casse-gueule (avouons-le) et un sujet plutôt redondant au cinéma ces derniers temps, Mon garçon parvient pourtant à marquer un véritable virage dans la carrière de l’acteur qui est ici, sans aucun doute, une de ses meilleures prestations mais aussi chez le cinéaste qui nous offre, grâce à ce pari un peu fou et à son dispositif, une expérience cinématographique particulière et un thriller pas comme les autres.

En 2017, le film fait d’autant plus écho, malgré lui, à l’actualité, celle de l’affaire Grégory qui a récemment refait la Une des faits divers ou encore à la récente disparition de Maëlys: des disparitions dans des coins reculés où les proches sont tour à tour suspectés.

Julien Andrieu, père absent, obnubilé par son travail et empreint de culpabilité, va, tel une rédemption, (ré) »incarner » son rôle de père et partir sur les traces de son fils et faire face au tourbillon du vide, de l’absence et du passé pour (re)devenir père. 

Si le film est dans son ensemble noir, épuré et radical, la fin est solaire et lumineuse. 

Mon Garçon est une sacrée et belle proposition de cinéma de genre, efficace et immersif, c’est aussi un beau film plein d’espoir sur la famille et la paternité.

Présenté au Festival d’Angoulême, le film a reçu l’accueil triomphal de 1700 spectateurs et sortira au cinéma le 20 septembre après quelques avant-premières en présence de toute l’équipe du film (le 13 à Lomme et Lille, le 14 à Lyon, les 18 et 19 à Paris).

Written By

Atteinte de cinéphilie aiguë, Lorraine Lambinet, fille de projectionniste, a passé son enfance dans les salles obscures. Titulaire d'une Maîtrise Arts du Spectacle et Écrits Cinématographiques, elle a touché à tous les domaines du 7ème Art aussi bien à la programmation (Festival Quais du Polar, Courts du Polar), l'exploitation (Projectionniste), la réalisation (Assistante réalisatrice) ou la production (Assistante de production long-métrage ). Aujourd'hui, elle est Directrice d'un cinéma en région parisienne.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *