Gaspard Proust tapine

16 novembre 2013. L’heure est venue. Les portes s’ouvrent et les houles de la marée humaine s’engouffrant dans la salle me portent, et m’emportent. Je me laisse glisser. Les places numérotées endiguant une suite plus chaotique ; chacun rejoint sa position dans une attitude et un calme automnal. Tel le doux mouton que je suis, je m’installe également et attends bien sagement le début de la représentation. Le tout en constatant que l’imposant Théâtre Saint-Michel a quand même une sacrée g****e.

Bien sûr, Mr Proust ne m’est pas inconnu. Il est connu d’ailleurs, reconnu même. La preuve ? Il travaille sur Canal + ; dans Salut les Terriens, où on peut admirer l’efficacité du trublion mono-expressif et de son cynisme créatif.

Alors que je souris tout seul en me remémorant quelques-unes des meilleures pirouettes verbales de l’artiste, les lumières s’éteignent et, comme il est de coutume, le silence s’installe. Quand tout à coup, je remarque une silhouette descendre l’allée à ma gauche et se diriger vers la scène. Ça alors ; mais serait-ce … ? T’es sûr ? Mais oui je te dis que c’est lui… OMG !! GASPARD PROUST EST PASSÉ À DEUX MÈTRES DE MOI ! Un flot d’hormones m’envahit ; à la fois perturbant – car j’aime les femmes – et excitant – c’est bien en cela que c’est perturbant.

Difficilement, je me remets de mes émotions et calme mon hyperventilation, expressément exagérée, car l’humoriste débute sans sommations. D’abord les homosexuels, puis quelques boutades bien senties sur les pédophiles (Belgique // pédophilie ; classique). Les handicapés (qu’il qualifie très justement de « rats du téléthon ») ont également droit à plusieurs vannes acérées. Je ris. On rit. L’hilarité est sincère, et partagée par toute l’assemblée. Le style ne trompe pas et Gaspard Proust est bien à la hauteur des attentes de son public. L’enchaînement des sketchs est très naturel. Ici, pas vraiment de place à l’approximation et à l’improvisation. Et le rendu n’en est que plus délectablement efficace.

Pendant un peu moins d’une heure trente, le tapineur va dans tous les sens, alternant 90 % de vannes souvent intelligemment pensées et 10 % de vannes pourries, forçant toutefois le sourire. Les deux sketchs qu’il nous présente sur les religions et les femmes sont tout simplement brillants. Sa nonchalance provocatrice finit par achever un public conquis, et qui en redemande. De cette drôlerie continue, il me fallait au moins extraire une phrase – comme j’aurais pu en consigner tant d’autres-, perdue au milieu d’un sketch sur les personnes âgées,  et qui m’aura décoché un rire gras, comme il le faut : « Déjà les vieux aujourd’hui, s’ils sont encore là, c’est qu’ils n’ont pas fait preuve de beaucoup de courage durant la deuxième guerre mondiale. »

Ce que chacun sait en décidant d’assister à un spectacle de Gaspard Proust, c’est qu’on y va pour tenter de déterminer quelle est la limite de son humour. Ce fameux « On peut rire de tout ; sauf quand même de… » qui semble prendre toute son essence ici. Et ce n’est pas ma voisine de derrière qui me contredira vu la dizaine de « mais c’est horrible ! » dont elle aura gratifié l’audience, chacun ponctué d’un gloussement.

Il terminera l’année 2013 par quelques dates en France, si jamais vous passez dans le coin, certaines ne sont pas encore sold out. Plus d’infos sur son site.

N’hésitez pas à également jeter un œil sur la programmation du Théâtre Saint-Michel par ici.

Le dvd de son spectacle sortira, quant à lui, le 3 décembre, alors n’hésitez pas à faire un cadeau à une personne qui aurait besoin d’un bon coup de second degré. Parfois bénéfique; souvent salvateur.

Tags from the story

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *