Hans Op de Beeck: The Drawing Room

Hans Op de Beeck, plasticien et artiste visuel reconnu aux Etats-Unis, aux Pays-Bas comme en Chine, peine à capter l’attention du grand public belge, et notamment francophone. The Drawing Room, exposition que lui consacre actuellement le Museum du Botanique, pourrait – au moins en partie – remédier à ce déficit de notoriété.

Hans Op de Beeck est né en 1969 à Turnhout. Il a étudié les arts visuels à Bruxelles. En 2001, il a remporté le prestigieux « Prix Jeune Peinture Belge ». Il a également été artiste en résidence du MoMA – P.S.1 Studio Program à New York entre 2002 et 2003. Sculpture, installation – souvent géante –, vidéo, photographie, film d’animation, dessin, peinture, écriture… Hans Op de Beeck ne se cantonne pas à une forme d’art. C’est la recherche de la manière la plus pertinente pour présenter son travail qui dicte, à chaque fois, le choix de la discipline artistique.

L’exposition du Botanique se compose d’une vingtaine d’aquarelles inédites. Pour donner vie à ses paysages urbains comme à ses portraits imaginaires, Hans Op de Beeck n’a utilisé que la couleur noire. Mais pas d’inquiétude, le résultat de ce travail monochrome est tout sauf sombre et terne. Il se dégage, au contraire, des aquarelles de Hans Op de Beeck une extraordinaire luminosité, encore accentuée par le blanc de la feuille de papier laissée volontairement immaculée. La scénographie du musée, pensée par l’artiste lui-même, plonge le visiteur dans une atmosphère feutrée et cotonneuse. Les murs recouverts de gris et l’éclairage tamisé participent grandement à faire de notre déambulation un moment de rêverie, comme hors du temps. L’exposition comporte également un très beau film d’animation intitulé Night Time et construit à partir de plusieurs de ces aquarelles.

Pour The Drawing Room, Hans Op de Beeck a peint exclusivement de nuit. Extrêmement accaparé par ses divers projets en cours qui requièrent la présence à son studio d’une dizaine d’assistants, le natif de Turnhout avait besoin de s’isoler. De 20 heures à 6 heures du matin, il a ainsi pu travailler non-stop sans risquer d’être déconcentré.

Les aquarelles réalisées capturent en noir et blanc des forêts de sapins sous la neige, un océan déchaîné ou un ciel taché d’oiseaux. Les panoramas urbains, extraordinairement détaillés, sont d’une beauté à couper le souffle. Cette skyline, cette jetée, on croit bien reconnaître certaines villes. L’artiste emprunte en fait des éléments de métropoles existantes pour créer une cité unique. On se glisse ensuite à l’intérieur des immeubles. Hans Op de Beeck se focalise alors sur des objets (une paire de bottes vernies, un lit double aux draps défaits) ou des corps (magnifique dos de femme tatoué).

En rejoignant la sortie, on n’a finalement qu’un seul regret : l’exposition comporte « seulement » une vingtaine d’aquarelles. En cette après-midi pluvieuse, on aurait bien prolongé le rêve un peu plus longtemps.

Hans Op de Beeck – The Drawing Room
Jusqu’au 04.01.2015 au Museum du Botanique, Rue Royale 236, 1210 Bruxelles.
Du mercredi au dimanche : 12h-20h.
Tarifs : 5,50 €/ 4,50 €/ 3,50 €.

Plus d’infos sur le site du Botanique

Photo : © Hans Op de Beeck, Amusement Park by Night, 2014.

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