Haruki Murakami – Chroniques de l’oiseau à ressort

Les premiers mots qui me viennent à l’esprit alors que je referme ces Chroniques de l’oiseau à ressort sont « épopée » et « majestueux ». Alors que le premier me semble limpide – de par la multiplicité des choses qui arrivent à ce Toru Okada et de la richesse des évènements contés par l’auteur –, le second me semble, lui, plus difficile à expliquer.

Ceux qui connaissent l’auteur japonais savent qu’il excelle dans l’art de décrire la psychologie de ses personnages ; personnages qui sont très souvent portés sur l’introspection et l’inaction plutôt que la réactivité et l’activité. C’est un fait certain, à l’instar de beaucoup d’autres héros murakamien, Oiseau-à-Ressort est un gars mou qui met un temps dingue à réagir à ce qui lui arrive. Et, dans ce livre, il lui en arrive pourtant des vertes et des pas mûres.

Dans un entremêlement de rêves et de réalité, Toru Okada est tantôt le témoin d’un défilé de femmes plus étranges les unes que les autres, tantôt l’auditeur d’histoires abracadabrantes pourvues d’un million de détails croustillants, tantôt l’hôte de divers évènements physio-psychologiques relativement intenses. Au gré de ses (rares) déplacements, il rencontre des gens emplis de bagou qui aiment lui raconter leurs histoires avant de quitter sa vie aussi subitement qu’ils s’étaient investis dans cette relation.

L’oiseau à ressort, cet étrange animal qui remontrait le ressort du monde pour permettre au temps de se diluer nous fait voyager. Récits de guerre, amours impossibles, stratégies politiques, manipulations, études capillaires, magie et féérie ; l’oiseau à ressort nous perdrait presque à force de nous faire voyager dans le passé et le présent de tous les personnages du roman ; heureusement, May Kasahara et son pragmatisme à toute épreuve nous permet de garder les pieds sur Terre, de garder en tête que nous sommes tous acteurs de notre propre vie.

Alors oui, ces 900 pages de chroniques de l’oiseau à ressort forment une véritable fable épique intrigante et majestueuse.

Haruki Murakami, Chroniques de l’oiseau à ressort, Ed. Le Seuil, 2004.

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Musicien, photographe, écrivain, le tout en amateur mais avec passion. Au point que j'ai quitté un emploi stable pour me reconvertir dans le journalisme. Je suis retournée à l'école à 30 ans passés et depuis je me réjouis de ce choix qui me porte vers ce que je suis! Une personne curieuse de tout, passionnée de musique, de voyages terrestres ou spirituels, de rencontres avec l'autre...

1 Comment

  • j’adore cet auteur !! j’avais complètement plongé avec « la fin du monde » et là je viens de commencer « la ballade de l’impossible », bref j’adore !

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