Hergé s’exporte et s’expose

Si le public ne vient pas au Musée, le Musée viendra à lui.

Peinant à trouver son public, le Musée Hergé se fait bouquin pour s’exporter hors Louvain-La Neuve. Les 3600 m² édifiés par l’architecte Christian de Portzamparc aux abords de la cité universitaire se sont fondus dans un bel ouvrage de 480 pages, édité par les Editions Moulinsart et les Editions de la Marinière, raconté par l’ancien journaliste figariste Michel Daubert, préfacé par l’incontournable Fanny Rodwell.

A ce générique, on ajoutera Dominique Maricq, Nick Rodwell et tout le petit monde d’habitués qui gravitent autour de la Fondation Moulinsart. Tous donc sont de près ou de loin liés au Musée Hergé, à sa traduction en livre, à son exposition temporaire sur l’Inde.

Le livre, d’abord. Ce « musée de papier », comme l’appelle Fanny Rodwell, la « Veuve de », reprend systématiquement les pièces exposées dans les sept salles suivant l’ordre de la visite s’il vous plaît, de la jeunesse d’Hergé, en passant par la case illustration publicitaire, pour s’appesantir sur Tintin, sans oublier Quick, Flupke, Jo, Zette et Jocko, et les productions plus marginales de l’auteur. Michel Daubert s’improvise audioguide. Avec élégance et parti pris, il promène le lecteur sur les traces du père de Tintin, en se gardant bien de trop s’imposer, préférant laisser parler les images tirées des services d’archives du Musée. A l’instar du Musée, le livre donne ainsi à voir un tas de photos, croquis, cases et planches originales qui aident à se figurer mieux le personnage Georges Rémi et son travail. C’est impressionnant et tout à fait accessible pour les enfants. Bref, c’est joli et instructif.

L’exposition temporaire, maintenant. Surfant sur le phénomène Europalia India, le Musée s’est saisi du prétexte indien pour monter une petite exposition dans ses murs. Allo Bruxelles, Ici Rawhajpoutalah! se propose de plonger les visiteurs dans les maigres rapports que Hergé a pu entretenir avec ce pays. En réalité, la présence de Tintin en Inde se résume à quelques pages issues des Cigares du Pharaon. Quelques planches originales sont exposées, pour le grand plaisir des connaisseurs qui peuvent ainsi se rincer l’oeil sur les versions noir et blanc moins connues du grand public. Le reste relève plus d’une approche culturelle cliché de l’Inde, à coups d’images, sons, épices, fakirs. On en ressort sans satiété, déçu de ce brossage en surface qui exploite l’événement bruxellois plus qu’il ne l’explore.

Conclusion: Allez au Musée Hergé. Mais pas spécialement pour Europalia India.

Pour plus d’informations sur le Musée Hergé, c’est par ici. L’exposition Allo Bruxelles, Ici Rawhajpoutalah!  s’y déroule jusqu’au 26 janvier 2014.

Quant au livre, vous pouvez vous le procurer pour le prix de  39,00 €

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S. aime la bande-dessinée et le cinéma, les images qui parlent, quoi.

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