Heute bin ich blond

Sophie est une jeune femme pleine de vie et d’envies à l’aube de ses études supérieures. Le jour où elle apprend qu’elle est atteinte d’un cancer, son monde s’écroule et bientôt, sa féminité va suivre le pas. Refusant la lente disparition de sa chevelure abondante, Sophie va franchir le cap de la coupe courte, mais ce statut de cancéreuse qu’elle affiche soudain publiquement par ce choix capillaire radical et le regard des gens qu’elle croise lui sont vite insupportables. S’ensuit l’achat massif de perruques qui vont lui permettre de se glisser dans plusieurs avatars féminins qui vont l’aider à surmonter les épreuves de sa thérapie.

Difficile sujet que celui de la maladie et de ses conséquences sur le quotidien du malade mais aussi de ses proches, abordé sous un angle positif dans ce film, inspiré du roman autobiographique de Sophie van der Stap, qui s’intéresse à la « stratégie » mise en place par le personnage principal pour lutter contre la maladie. Et c’est là que le bât blesse un peu puisque le réalisateur, Marc Rothemund, choisit de ne pas choisir, de donner autant d’importance à l’aspect médical qu’à l’aspect original de l’histoire qui repose précisément sur cette « stratégie ».

Impossible de ne pas aborder le parcours complexe que représente le combat contre le cancer et les flots d’émotions qu’il engendre, dépeints ici avec un peu trop de pathos sûrement, mais non sans humour et légèreté. Mais à forcer le trait, Rothemund donne l’impression de faire du prosélytisme en faveur des services de santé publique allemands tellement c’est propre, complet et sans défauts.

Le scénario aurait gagné en intérêt à donner plus d’importance à cette « stratégie » qui voit Sophie endosser neuf personnalités supplémentaires, pour neuf perruques différentes, afin d’optimiser sa guérison ou le temps qu’il lui reste à vivre dans le cas contraire. Las, on ne voit pas la couleur de toutes les perruques puisqu’il apparaît que seuls quatre ou cinq des personnalités sont bien définies et exploitées par le réalisateur, avec brio certes, dans quelques scènes très réussies où se pose la question de la confusion des identités et des sentiments.

A moins que ce ne soit le jeu sans trop d’originalité de l’actrice principale qui plombe un peu l’ensemble, car Lisa Tomaschewsky brille mais ne rayonne pas vraiment dans ce film qui, il faut bien l’avouer, est un sacré défi en termes de jeu d’acteur. Elle ne démérite pas mais ne parvient pas à dégager de l’émotion, hors scènes calibrées pour faire sortir les mouchoirs.

Le film a néanmoins le mérite de parvenir à maintenir l’intérêt du spectateur jusqu’au dénouement qui, lui, se révèle bien trop long et tend à laisser croire que Marc Rothemund a du mal à faire des choix et singulièrement à conclure efficacement.

Heute bin ich Blond aurait pu être un très beau portrait de femme(s), mais ce n’est au final qu’une chronique, non dénuée de qualités, mais qui manque son objectif principal. Dommage.

En salle dès le 4 septembre.

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Comme le dit si bien Pascal Quignard, "Ecrire, trouver le mot, c'est éjaculer soudain". Ou encore Alphonse de Lamartine, "La critique est la puissance des impuissants". Mmh, pas très cohérent tout ça. Pour ma part, et pour contredire Sheakspeare, la critique n'est pas aisée et je ne suis pas dans l'aisance. J'écris néanmoins parce que c'est par moment assez jouissif, comme l'exprime si bien l'ami Quignard. A part cela, j'aime le cinéma, la bd, la musique et les citations à la con.

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