Il était une fois une maison : la maison Charle-Albert (2/3)

On continue cette semaine avec la suite du destin tourmenté de la Maison Charle-Albert. La seconde partie de la  vie de cette demeure commence après le départ de son architecte en 1885.

Des années d’incertitude vont alors se succéder pour la demeure personnelle de l’architecte-décorateur. Le prix élevé demandé, le désintérêt pour ce mouvement architectural sont quelques-uns des facteurs qui feront que le statut de la maison sera souvent instable. La Maison flamande va endurer deux guerres mondiales, deux incendies, le temps et les nombreux changements de propriétaires marqueront la maison de transformations et dégradations parfois importantes.

Différents propriétaires vont l’habiter pour des périodes tantôt longues, tantôt brèves. Au début du 20e siècle, Mademoiselle Gifford y établira son Collège pour jeunes filles qui deviendra durant la Première Guerre mondiale un hôpital et aussi un refuge pour les soldats blessés.

De la maison à l’internat

Charle-Albert quitte sa demeure en 1885. Ses finances sont alors au plus bas. Il a tout investi dans la maison flamande. C’est dans un appartement boulevard de Waterloo qu’il finira ses jours. Il aura tenté de vendre sa maison à la ville de Bruxelles, en vain. Il mourra pauvre et ce sont les dons publics qui permettront d’offrir à l’architecte d’avoir un monument funéraire honorable. La maison est alors mise en vente par ses enfants en 1889. Tout le mobilier sera vendu séparément. Certains éléments de mobilier ont été achetés pour le château de Gaasbeek. Pour ce qui est de la maison, elle-même, elle peine à attirer de potentiels acheteurs.

Après une succession de plusieurs propriétaires, la maison devient la propriété Camille Simoens qui la loue à Mademoiselle Gifford. Elle fait du lieu un collège huppé pour jeunes filles en activité jusqu’en 1919. Accompagnée de Mademoiselle Aitkin, elle dirige un établissement sévère, aux valeurs traditionnelles et conservatrices. Un terrain de tennis sera même construit à l’arrière de la maison. La maison, d’endroit moderne, est devenue un lieu idéal pour abriter un collège sérieux.

Lorsque la Première Guerre mondiale éclate en Belgique, on adapte la maison afin d’y accueillir des soldats blessés. Des cachettes y seront également aménagées. Si ces informations sont parvenues jusqu’à nous, c’est grâce au témoignage de Mademoiselle Gifford dans un journal intime conservé au World War Museum de Londres. Elle y explique sa vie quotidienne dans la maison en temps de guerre.

Fin d’une époque

La guerre terminée, Mademoiselle Gifford retournera en Angleterre où elle mourra en 1939. C’est à nouveau l’instabilité pour la maison flamande qui connaîtra plusieurs acheteurs jusqu’en 1933. Cette année marque le début d’une nouvelle ère pour la maison. À suivre…

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