Interview de Matylda Konecka: « Matylda in Wonderland »

C’est en flânant dans les rues d’Edimbourg que j’ai découvert une artiste fascinante venue de Pologne: Matylda Konecka.

Mon regard se hasardait entre les vitrines des magasins et l’architecture des façades quand un dessin accroché parmi d’autres à lEdinburgharts attira mon attention: The Eilean Donan Piper (ci-dessous).

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La variation des bleus. L’idée du chant de la cornemuse qui résonne dans la nuit étoilée. L’arbre magique sur la gauche du château sorti tout droit d’un film d’horreur. Autant de détails qui m’ont interpellé.

Que va-t-il arriver à ce petit lutin? Est-il captif ou non? Joue-t-il ses dernières notes avant une sentence irrévocable? Que se cache-t-il dans ce château et dans l’esprit de Matylda Konecka?

Autant de questions que je me suis posées en observant The Eilean Donan Piper désormais accroché au dessus de mon bureau.

Pour en avoir le coeur net, j’ai pris contact directement avec Matylda Konecka et voici ce qu’il en ressort en exclusivité rien que pour vous.

Interview de Matylda Konecka:
(D= Douglas Linge, M = Matylda Konecka)

NB: Il s’agit d’extraits issus d’échanges de mails avec l’artiste dans la langue de Shakespeare.

D: Comment as-tu décidé de te lancer dans le monde artistique et dans la peinture?

M: L’art a toujours fait partie intégrante de ma vie. Mes parents, Beata Kornicka et Janusz Konecki, sont tous les deux des artistes. Ils m’ont conseillé de faire l’Académie des Arts mais je n’étais pas sûre de vouloir suivre leurs traces…

D: Comment en es-tu arrivée là alors?

M: Au départ, je voulais assurer mon futur au niveau financier en entamant des études d’architecte paysagiste à l’Université de Varsovie. Après un an, j’avais déjà compris que c’était une erreur mais j’ai quand même persévéré pendant 5 ans pour obtenir ce diplôme. Ensuite j’ai enfin fait ce que je voulais vraiment, devenir peintre comme mes parents.

D: Pourquoi t’être expatriée vers le Royaume-Uni et l’Ecosse pour ce faire?

M: Simplement parce que mon amoureux vient de là-bas… Ensuite, j’ai envoyé mon portfolio dans des maisons d’édition et des galeries d’art et tout a débuté comme ça.

D: Le réaction du public à tes peintures est-elle différente en Pologne et au Royaume-Uni?

M: Je ne crois pas qu’il y ait de différences majeures. Par contre, les éditeurs polonais n’ont commencé à s’intéresser à mon travail qu’à partir du moment où j’ai trouvé un éditeur au Royaume-Uni. Ils ont dû avoir l’impression que je réussissais à l’étranger. Ensuite des opportunités ont commencé à se présenter à moi.

D: Arrives-tu à vivre à 100% de ton art? As-tu ta propre galerie d’art? Quelle est la suite de tes projets? Quelle est ton ambition personnelle?

M: Non, je n’ai pas ma propre galerie mais mes posters se vendent dans de nombreuses galeries d’art en Ecosse, et ce principalement à Glasgow et Édimbourg. Ce n’est pas toujours facile mais je travaille dans mon studio et je suis heureuse comme ça pour l’instant. On peut toujours rêver de plus beau et plus grand mais le plus important, c’est d’être heureux de ce que l’on fait et c’est le cas. Mes parents rêvent de me voir dans les plus grandes galeries du monde mais je ne suis pas certaine d’aspirer à ça. Si je dois te dévoiler mon rêve… mmmm… ce serait d’ouvrir un jour une galerie d’art où l’on peut boire son café dans une petite ville de Grèce!

D: Comment décris-tu ton style? Quelles sont tes influences? D’où provient ton inspiration?

M: L’influence de mes parents et de leurs peintures a été énorme sur moi. Mon père est un peintre abstrait. Ses couleurs sont dynamiques et poignantes. Ma maman est une artiste connue en Pologne. Elle dessine au crayon. Son art est très sensible. Elle montre une vision dramatique de la solitude, du vieillissement.

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Je suis un peu des deux. J’aime les couleurs vives mais je ne suis pas toujours très joyeuse dans mon art. A l’heure actuelle, j’exprime un monde qui mixe la féerie des contes pour enfants et la mélancolie du monde des adultes. Mon inspiration me vient principalement de la musique. La musique me coupe du monde et m’y replonge en même temps. Elle établit des connexions qui décuplent mon imagination. Je lis également des légendes, j’observe des photos ou je regarde des vidéos sur YouTube pour m’inspirer.

D: Les éditeurs imposent-ils des limites à ton imagination?

M: Non, aucunement. Ils me demandent juste de dessiner sur des lieux connus en Ecosse. Et ce pays est si beau et inspirant que je n’ai aucun problème à trouver des lieux magiques.

D: Aimes-tu la fantasy ou la science fiction? Quelles sont tes œuvres de référence dans cet univers?

En science fiction, je dois citer le film Blade Runner pour son monde. Dans la littérature « fantasy », c’est plus difficile à dire. Mais comme je te l’ai déjà dit (ndlr: partie non publiée dans cet article), je ne trouve pas mon inspiration dans mes lectures même si j’ai lu quelques auteurs de fantasy polonais et espagnols.

D: Quelles sont tes propres peintures favorites?

M: C’est une question très difficile car je ne suis jamais complètement satisfaite de mon travail. Mes préférées ne sont pas celles du public de manière générale. Tu as mentionné Eilean Donan Piper plus tôt dans la discussion. Il s’agit d’une de mes premières publications et elle est toujours l’une des plus vendues à l’heure actuelle.

Matylda Konecka

D: L’art doit-il avoir un but selon toi? Doit-il propager des idées ou peut-il être uniquement à vocation ludique? Comment te situes-tu? Es-tu une artiste engagée?

M: L’art doit avoir une fonction… il doit inspirer et exprimer. Et ce même si cela n’a de sens que pour moi. Je crée pour les autres à travers moi. Je n’ai pas besoin du public pour développer mon art comme certains. Pour moi, c’est la musique, les films et les autres peintres qui me procurent mon énergie. J’espère inspirer d’autres artistes de la même façon qu’eux m’inspirent.

D: Penses-tu venir en Belgique pour une exposition ou un projet professionnel dans le futur? D’autres projets en cours?

M: Je n’ai rien de prévu en Belgique mais j’adorerais y venir un jour! Pour l’instant, j’ai deux expositions prévues en Pologne. L’an passé, j’ai été exposée avec mes parents à la biennale du festival international de Worswede en Allemagne. Ce fut une étape importante dans mon développement en tant qu’artiste. Et une satisfaction immense d’être exposée et reconnue au même titre que mes parents. Ils sont vraiment très importants pour moi.

D: Une dernière question: es-tu es fan du chocolat et des bières belges?

M: (rires) J’adore les bières brunes. Je sais que la Belgique est réputée pour ses bières mais je ne connais que la Leffe. Tu as des conseils pour moi à ce propos? Sinon j’adore le chocolat belge, j’en achète toujours quand je vois « Real Belgian Chocolate ». Mais par dessus tout, je pourrais tuer pour vos fantastiques nougats!!! (Ndlr: Après vérifications, il s’avère que la Belgique est un producteur réputé mondialement dans le nougat. Elle en importe même à Montélimar.)

D: Ha ha je sais donc comment te soudoyer pour avoir une illustration personnelle de ta part alors! Non mais promis, je t’enverrai quelques « merveilles » par la poste. Et si tu veux, je te ferai découvrir quelques bières brunes le jour où tu viendras exposer à Bruxelles.

Voilà le condensé d’un échange très intéressant avec l’artiste Matylda Konecka.

N’hésitez pas à aller voir ses principales créations sur son site web ou encore à contacter Matylda Konecka pour un projet professionnel si vous appréciez son art!

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