Interview – Pourquoi tu lis?

Chers lecteurs, aujourd’hui est un grand jour, une célèbre icone des romanistes de l’ULB a accepté de nous offrir une presqu’exclusive interview! Afin de préserver sa sécurité, nous lui avons garanti l’anonymat. Elle se nommera donc Romanistesupercool, ici.
Interviewer: Bonjour très chère, comment allez-vous?
Romanistesupercool: Aujourd’hui, je suis contente… Je n’ai plus bu depuis quatre jours ! (Euh… Comment ça je suis hors sujet ? Bon !). Blague à part, je suis contente parce que j’entame à l’instant même une interview sur un site culturel génial et très renommé (oui, oui !) et je vais enfin pouvoir parler du sujet qui m’intéresse le plus : Moi ! Et oui, plus besoin de faire l’intellectuelle, style je suis une romaniste et j’ai de la culture à profusion. Non, non ! Cette fois-ci, c’est « Bonjour, 3615 My life » ! (Joie et Bonheur m’assaillent soudainement, voyez-vous ?).
I: Pas vraiment, mais ce n’est pas grave. Ravie de connaître votre enthousiasme, cela dit. Vous allez donc nous parler de vous…
Oui! Donc, je suis née lors d’un froid jour de décembre et…
I:… en tant que lectrice…
Ah ? Il faut juste que je parle de mon expérience de lectrice ? Vraiment ? Et qu’est-ce qui vous dit que je n’étais pas précoce au point de lire dans le ventre de ma mère hein ? Après tout, ce genre d’endroit recèle maints trésors et secrets !
I:…
Bon d’accord… Je vais vous avouer franchement que je n’ai pas un souvenir précis de la première fois où j’ai ouvert un livre et encore moins de mes diverses lectures enfantines. Moi, je voulais être chanteuse. Ou dessinatrice. Ou les deux, à la fois. Enfin, être une artiste, quoi. Ecrire des histoires, très peu pour moi. Je préférais les écouter. Religieusement, avant chaque doux glissement dans la première phase de mon sommeil de petite fille, la voix de mon papa (ce héros), vibrait en me racontant la suite – qu’il inventait, bien sûr, de toute pièce – des aventures de mes amis, les animaux de la forêt. Instant magique s’il en est, c’est incontestablement mon papa qui m’a donné l’envie et la joie de vivre à travers une histoire fictive.
I: Quand avez-vous donc commencé à être passionnée pour cet objet de papier, alors?
Dès que j’ai su lire correctement, c’est-à-dire vers 8 ans, je présume, j’ai  lu tous les livres que l’on m’offrait pour diverses occasions. Des livres de gosses pas forcément très bien écrits ou pensés mais, pour moi c’était l’histoire qui comptait. Je voulais absolument savoir ce qu’il allait arriver aux héros ! J’ai lu des piles de « Chair de poule » ou de « Club des baby-sitters », livres bêtes à souhait, mais cela importait peu à l’époque.
I: Il y a quand même quelques livres qui vous ont marquée à cette époque?
Mes plus beaux souvenirs de littérature jeunesse sont notamment les livres édités par la maison des loisirs que je recevais chaque mois (car ma gentille maman m’avait inscrite) et notamment « Debout sur un pied » de Nina Jaffe et Steve Zeitlin qui m’ouvrit à la culture juive par de petites histoires demandant un minimum de réflexions aux enfants que nous étions.
I: Passons à l’adolescence…
Par la suite, j’ai découvert les romans policiers et plus précisément Agatha Christie qui m’éblouit de par son ingéniosité à mettre en scène des crimes totalement insolubles pour mon petit esprit et de par la description de ce monde anglais, flegmatique par excellence, qui me passionnait. Enfin, mes grands-parents, mon père et mon oncle ainsi que mes différents profs de français et d’Université me firent découvrir différentes lectures, divers genres littéraires, des époques variées, des mondes changeants, des personnages émouvants, des enjeux et des réflexions fascinants…
I: 18 ans, grande étape, l’Université! Mais pas n’importe quoi! Les romanes… Racontez-nous!
Mon entrée en romanes fut un peu nébuleuse. Les « classiques » ne faisaient pas partie de mes lectures personnelles donc je dus lire la tonne de livres couvreurienne, certains me plaisant, d’autres moins. Je remis moi aussi, comme bien d’autres, mon goût pour la lecture en question, et ma place en romanes. Toutefois, après avoir passé six ans dans ce micro-organisme je peux vous dire sans le moindre doute que je ne regrette pas mon choix d’étude ou mes choix de lecture…
I: Vous avez du faire des choix?
Bien sûr, je n’ai pas lu tous les livres de la terre (ce que je ne ferais probablement jamais d’ailleurs) et il y a bien des chefs d’œuvre qui me sont et qui me resteront à tout jamais inconnus mais je n’éprouve pas de honte à ne pas avoir tout lu – voire à ne pas avoir lu n’importe quoi.
I: Et Balzac? Et Proust, alors?
Pas lu. Et fondamentalement, c’est cette idée préconçue sur les romanes qui me désappointe le plus : l’idée qu’on a forcément lu ce que l’autre a lu, ce que les manuels littéraires citent comme les grands chefs d’œuvre ou ce que les magazines déclarent comme étant un Best Seller. Tout le monde pense que le romaniste passe ou doit passer sa vie à lire encore et toujours plus, selon un critère de sélection bien précis. On a droit à un jugement de valeur, une position et puis l’étonnement qu’entraîne une éventuelle non lecture ou une non appréciation de la lecture.Voyez-vous, c’est ça qui m’ennuie le plus. Pas qu’on me demande pourquoi je lis ou à quoi ça me sert ou encore même si je veux devenir prof de français. Non. Ce qui me fait chier (pour être vulgaire) c’est qu’on essaye toujours de tout catégoriser, de tout juger et de donner une valeur fixe à quelque chose de tellement subjectif : une histoire et son appréciation. Le pire dans tout ça, c’est que tous les romanistes font exactement la même chose, jugeant leurs condisciples ou leurs proches exactement de la même manière. Sauf que l’étonnement devient parfois du dédain.

I: Mmhh, en effet! Merci, Romanistesupercool pour ces conceptions philosophiques et débordements au sujet de la lecture et à bientôt, peut-être, pour une nouvelle interview (… ou pas)

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