Je fais le mort, et François du Damiens

A 40 ans, Jean, comédien, est dans le creux de la vague… Il court le cachet sans succès. Au pôle Emploi Spectacle, sa conseillère lui propose un job un peu particulier : prendre la place du mort pour permettre à la justice de reconstituer les scènes de crime.

François fait du Damiens, mais cela ne suffit pas pour faire de cette comédie policière une réussite. Une comédie qui lorgne sur la vague des polars légers qui gagne le cinéma français depuis quelques années. Si Le Mystère de la Chambre jaune, de Bruno Podalydès et Mon petit doigt m’a dit de Pascal Thomas ont lancé le mouvement avec plus au moins de succès, Je fais le mort ne parvient pas à tenir la comparaison. Sans parler de l’excellent Poupoupidou en 2011 de Gérald Hustache-Mathieu qui vaut très largement le détour.

je fais le mort

L’intrigue de ces deux films reposait sur des bases solides : Gaston Leroux et Agatha Christie, tandis que le scénario de Je fais le mort est inédit. Et malgré une bonne idée de départ (un acteur de feuilleton sur le déclin va prétendre utiliser les connaissances qu’il a acquises sur les plateaux de feuilletons policiers pour aider la justice à résoudre une enquête bâclée), l’intrigue manque de vraisemblance et de ce petit quelque chose qui donne du corps au polar.

Pourtant le projet ne manquait pas d’atouts (à défaut d’originalité) : le cadre rural de Megève hors saison, François Damiens et Geraldine Nakache pour un duo inhabituel. Las, le scénario est trop scolaire et la réalisation trop paresseuse. François Damiens, Geraldine Nakache et Lucien Jean-Baptiste passent d’ailleurs à coté de bon nombre de répliques. Mais est-ce vraiment de leur faute?

« Et Batman dans son costume, il avait aussi un trou au niveau de l’anus? »

Comme le polar, la comédie est un art délicat dont Jean-Paul Salomé ne maîtrise peut-être pas toutes les subtilités. Malgré quelques bons moments, le réalisateur-scénariste impose à son duo quelques moments pénibles dont l’esprit comique est aux abonnés absents.

Cerise sur le gâteau, Salomé nous gratifie d’une romance artificielle comme de la neige à Sotchi, dont je vous épargne les protagonistes et l’aboutissement au cas où vous n’avez pas compris que la caractéristique principale de ce film, c’est l’académisme à son comble.

Une bien belle déception.

A voir dès le 11 décembre 2013

Written By

Comme le dit si bien Pascal Quignard, "Ecrire, trouver le mot, c'est éjaculer soudain". Ou encore Alphonse de Lamartine, "La critique est la puissance des impuissants". Mmh, pas très cohérent tout ça. Pour ma part, et pour contredire Sheakspeare, la critique n'est pas aisée et je ne suis pas dans l'aisance. J'écris néanmoins parce que c'est par moment assez jouissif, comme l'exprime si bien l'ami Quignard. A part cela, j'aime le cinéma, la bd, la musique et les citations à la con.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *