Jean Elliot Senior, mi-cowboy, mi-marin, totalement séduisant

Les peines de cœur ont parfois du bon! C’est l’une d’entre elles qui a mis Jean Elliot Senior sur la voie de la musique. Et elle a bien fait, son deuxième album, Le domaine de la solitude, vient de sortir. Et il mérite un bon coup d’oreilles!

Jean Elliot  Senior, c’est encore une belle découverte du label hutois Hot Puma Records. Un label qui, pour le coup, fait une petite infidélité à la Britpop dont il nous a magnifiquement rassasiés ces derniers temps (Hugo, Tahiti 80 ou autres Kidsaredead), pour nous faire découvrir ce chanteur français, trentenaire et émergent qui promène ses guitares entre l’Argentine (où il est né), un sens de l’Amérique des déserts, des routes mythiques et des cowboys. Mais aussi entre Neil Young, Jean-Louis Murat, Thomas Dutronc et des envies de prendre la mer.

Car tour à tour des morceaux de ce deuxième album, Jean Elliot Senior (qui avait déjà impressionné avec son premier album, conceptuel et proposant des variations musicales et chantées autour des aventures d’une… plante d’appartement), troque un chapeau de (lonesome) cowboy et ses revolvers pour enfiler ciré et casquette de marin, de port en pénitencier, de fond de cale à dos de cheval. De Chinatown à Alcatraz en passant par Saint-Nazaire. Deux univers d’eau et de poussière bien différents mais ayant en commun la solitude. Car oui, avec un titre comme Le domaine de la solitude, impossible de ne pas l’évoquer, cette solitude si chère et si inspirante pour certains artistes.

Cet album, c’est ça mais aussi beaucoup de choses, comme ce New York et cette interprétation toute personnelle de la Big Apple, qui mérite sa place au soleil, entre Sinatra et Nougaro, pourquoi pas! Mais, entre banjo et ukulele, Jean Elliot sait aussi varier les plaisirs comme sur cet étonnant La mort à la plage, qui fait penser de loin à un Étienne Daho qui se serait perdu dans les effluves alcoolisées hawaïennes. Des influences, oui, il y en a, on les sent. Mais, Jean Elliot Senior, c’est avant tout une patte, un style qui risque de faire fortement mouche. Un peu de nonchalance posée et beaucoup de talent. Pas étonnant, donc, de retrouver à l’enregistrement, David Mestre (Lilly Wood & The prick, Sebastien Tellier, Pierre Lapointe…).

Cet album mérite sans conteste la reconnaissance, et plus encore. Il va là où les pistes s’arrêtent et où commence le domaine de la solitude. Et qu’il est bon de s’y perdre, guidé par la voix de Jean Elliot Senior, à la conquête de ces pépites d’or à l’état brut.

Le domaine de la solitude, de Jean Elliot Senior, Hot Puma Records 

Tracklist: 1) New-York 2) La cadence des mercenaires 3) Machiavel 4) Long gone 5) La mort à la plage 6) Les larmes de fond 7) Courte lettre 8) Les lagons luxuriants 9) Orage (Bassachaux) 10) Les sirènes

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Cultureux vorace et journaliste avide, je me promène entre découvertes et valeurs sûres, le plus souvent entre cinéma, musique et bandes dessinées mais tout est susceptible d'attirer mon attention :)

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