Jean-Louis Fetjaine, auteur de fantasy

Nous avons souligné, dans l’article concernant les différents sous-genres de l’imaginaire, la tendance des éditeurs à identifier leur parution par leur genre. Les ouvrages de Jean-Louis Fetjaine, auteur que nous allons évoquer ici, arborent fièrement sur  leur couverture le tiroir du nom de « fantasy ».

Bien, sûr, nous connaissons tous le terme fantasy mais connaissons-nous son origine ?


Celui-ci vient de l’anglais « 
fantasy » qui signifie « imagination ». C’est donc un genre littéraire qui relève du merveilleux soit un genre qui, comme nous l’avons découvert, « reflète la symbiose du monde normal et du monde irrationnel ». Les romans de fantasy offrent à leurs lecteurs assidus des « mondes parallèles, avec leurs créatures imaginaires, leurs mythes, leurs épopées et leur magie » et se situent principalement au Moyen-Age. Ce genre n’apparaît vraiment en tant que tel au 19e avec George MacDonald, auteur écossais, et prend son envol au 20ème notamment avec Le seigneur des anneaux de Tolkien en 1954-55. A l’heure actuelle, on ne compte plus le nombre d’oeuvres littéraires appartenant au genre de la fantasy. De plus, elle a donné lieu à de nombreuses adaptations cinématographiques.

Et ce Fetjaine, c’est qui ce drôle de gus ?
Jean-Louis Fetjaine est un des rares auteurs français de fantasy. Né en 1956, ce brave homme – ayant fêté ces cinquante-quatre ans cette année, habitant à Vincennes et père de trois enfants – est diplômé de philosophie et d’histoire médiévale. Enseignant l’Histoire, il se tourne rapidement vers le journalisme puis travaille dans l’édition à partir de 1985 comme traducteur aux Presses de la Cité. Il commence sa carrière d’écrivain avec des ouvrages humoristiques en 1988 puis se tourne vers la fantasy en 1998 avec son premier roman : Le crépuscule des Elfes, début d’une trilogie de fantasy arthurienne qui se complétera avec L’heure des Elfes en 1999 et la Nuit des Elfes en 2000. En 2003 paraît Le pas de Merlin, roman historico-fantaisiste et, en  2004,  sa suite, Brocéliande. Les voiles de Frédégonde, premier volet des Reines Pourpres, saga historique retraçant la vie des reines du Haut Moyen Age Mérovingien, est publié en 2005. Enfin, une deuxième trilogie fantasiste voit le jour, la Chronique des elfes, comprenant Lliane (2008), L’elfe des terres noires (2009) et le tout récent Le sang des elfes en 2010.

En quoi mérite-t-il notre attention, ce brave homme ?
Dès la parution de sa première trilogie, Fetjaine rejoint le panthéon des auteurs de fantasy française. Pourtant, son nom n’est nullement un des premiers venant à l’esprit de tout francophone lorsqu’on aborde le sujet de ce genre épique mêlant souvent des races imaginaires telles que les elfes, les nains, les gobelins et compagnie, à notre commun des mortels, l’être humain. Évidemment, Tolkien est le premier nommé, Pratchett et Rowling le suivent de près. C’est un fait, les auteurs anglophones prédominent. Oui mais est-ce un  raison pour passer sous silence les chefs-d’œuvre francophones ? Certainement pas. Ainsi, je puis aisément l’affirmer, Fetjaine mérite, en effet, notre attention, votre attention, ou vraisemblablement, l’attention de tout amateur de fantasy pour, at least, ces deux trilogies elfiques dont la complexité, l’écriture et la cohésion sont renversantes. Ces six livres se suivant, s’entremêlant, se rassemblant vers un seul et unique but : faire converger la fantasy et son monde imaginaire par excellence, vers notre Histoire, nos légendes et nos mythes. Ce principe, marque de fabrique de l’auteur, est, à lui seul, la preuve de son génie. Permettant d’ancrer ces « contes de fées » dans une part de réalité commune : notre culture populaire.

C’est beau ça mais comment qu’il fait exactement ?  
Pour ne pas me fatiguer plus que je ne le suis, une mise en contexte s’impose !

Il y a longtemps, très longtemps, la terre n’appartenait pas uniquement aux hommes. Partagée entre les quatre tribus de Dana, la déesse a veillé à ce que chaque espèce possède un talisman : La pierre de Fal pour les hommes, le chaudron de Dagda pour les elfes, l’épée de Nudd (nommée aussi Excalibur) pour les nains et la lance de Lug pour les monstres. Ces talismans, assurant l’équilibre entre les peuples, ne les préservent pas pour autant des conflits et combats qui font souvent rage entre les différentes espèces. Toutefois, lorsque les hommes se mettent en tête d’asseoir leur suprématie sur les autres races, le danger devient bien plus sérieux…

Les termes « Tribu de Dana » et, sans doute aucun, « Excalibur » doivent vous jeter la puce à l’oreille : Fetjaine, en bon historien, plante ses romans dans notre monde en puisant immodérément dans l’histoire et la culture celtique et médiévale. « Suprématie », « races » et « danger » doivent, quant à eux, éclairer la piste d’atterrissage de votre hélicoptère bruyant nommé « compréhension de la trame », vous permettant de comprendre avec quel brio Fetjaine relie ses romans, la culture celtique et notre monde contemporain, humanesque et pragmatique à souhait.

C’est tout ?
Bien sûr que non ! Cette saga d’inspiration tolkienesque, dont les elfes sont bien plus proches de la mythologie nordique et du folklore scandinave que ceux du grand John Ronald Reuel, nous offre aussi des descriptions à couper le souffle, des personnages attachants, des développement psychologiques aboutis et cette inévitable quête, tragique, du bien contre le mal, dotant nos héros – bien que faillibles –  d’un courage à tout épreuve propre à ceux qui n’ont pas, qui n’ont plus, le choix…
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