Jules Evans – La philo, c’est la vie

« Jules Evans offre dans « La philo, c’est la vie ou comment la philosophie a le pouvoir de rendre la vie meilleure » sa propre recherche quotidienne. Il s’est demandé comment cette discipline était applicable dans la vie de tous les jours, et nous a partagé sa trouvaille. Ce n’est pas de la philosophie qu’il fait dans ce livre, (d’ailleurs il s’en défend), il s’agit d’une recherche journalistique. Des histoires de personnes réelles nous sont comptées en parallèle d’un concept. Et ainsi nous découvrons que nous sommes tous, quelque part, touché par la philo… »
Après avoir fait la pub de son blog (oui parce que tout est parti de là et que ça ne fait de mal à personne quelques visites en plus), l’auteur nous explique ses intentions. Il pose le cadre de sa recherche dans sa propre expérience. Alors qu’il étudie la philosophie, il vit une crise émotionnelle, une phobie sociale. Il réussit ses études, travaille mais ne guérit pas. Ce qui le sauve c’est la thérapie cognitivo-comportementale (TCC)….

Avec un tel aperçu vous pourriez être comme moi : très sceptique. Rien que de voir le mélange de psychologie/philosophie vous donne à vomir. Pourtant vous pourriez être bien surpris du résultat. On croit au début que Jules Evans fait l’éloge du TCC ou d’autres institutions existantes et semi-sectaires. Et c’est en partie vrai, car il montre en quoi certaines méthodes donnent de bons résultats. Mais arriver plus loin dans la lecture, l’auteur vous parle aussi des défaillances du programme.

C’est ainsi que Jules Evans nous sensibilise à la façon dont, subtilement, on passe de la libre pensée au lavage de cerveau. La manière dont l’interprétation peut tuer une philosophie. Ou au contraire ! Cela peut la faire renaitre. Le chapitre sur Héraclite, par exemple, se termine tout de même par l’approche de la question des extra-terrestres. Si ce sujet vous semble loufoque (quoi que se demander si nous sommes seuls dans l’univers a un impact philosophique et moral incontestable), il y a évidemment des questions abordées plus « habituelles ». Comment affronter des événements sur lequel on n’a pas le contrôle ? Comment se préparer à la mort ? Qu’en est-il de la relation science-philosophie ?

Le livre aborde mille et une thématiques. Vous trouverez toujours un sujet qui vous plait dans un endroit inattendu. C’est ce qui a fait sans doute de ce livre, un best-seller en Angleterre (pas encore en Belgique semble-t-il, mais qui sait ?). Il faut dire que Jules Evans, journaliste de formation, sait comment rendre son livre attractif. Il y a un aspect commercial que l’on sent bien, surtout lorsqu’il amadoue son lecteur avec ses « confessions » et qu’il termine le livre de manière tellement romanesque, qu’on en est même déçu.

Parce qu’il nous offre tout de même un travail de qualité avant de terminer sur son expérience personnelle de la vie. À aucun moment il ne tombe dans les clichés de la philosophie, (comme le fameux exemple des épicuriens « gros fêtards »). Non ! Il connait son sujet, il est critique et surtout reste en suspens.

Ce n’est pas un essai philosophique car il n’apporte pas de concept nouveau. Ce n’est pas une relecture nouvelle et imaginative des auteurs de l’antiquité. Mais ce n’est pas non plus un de ces guides bidons qui vous apprennent à être heureux. Il n’impose à aucun moment une méthode. Il parle de certaines, explique comment résonnent les philosophes, propose différentes vues pour finir par dire qu’il n’existe pas une seule façon de vivre.

Ce livre est pertinent pour tous. On retrouve là la grande idée de notre siècle qui est de « rendre accessible » la philosophie à Monsieur et Madame tout le monde. Ou plutôt montrer en quoi la philo n’a rien de si compliqué. Dire qu’on la rend accessible sous entend qu’on vulgarise. Hors le génie de l’auteur est de ne justement pas vulgariser les points qu’il présente. C’est donc une bonne introduction. Peut-être meilleure que certaines conférences de pseudo-philosophie…

Mais c’est aussi intéressant à lire pour les philosophes. Non pas pour leur enseigner plus sur Platon, ça ils connaissent déjà assez, mais pour leur montrer ce que l’on fait de la philosophie aujourd’hui. Les écoles de jardin qu’on a ouvertes, les applications dans la politique, les questions de mesure du bonheur. Stephen Hawking disait de la philosophie qu’elle était morte. Jules Evans nous prouve tout le contraire.

Alors qu’est-ce que ce livre ? C’est peut-être une réponse à vos questions essentielles, tellement essentielles que vous ne vous les posez plus. C’est peut-être aussi un compagnon de voyage. Ou un récit sur tout. « La philo c’est la vie » : effectivement…

Plus d’infos sur Marabout. Paru en 2012. Prix : 12,90€.

Si vous voulez en savoir plus sur les concepts et les théories abordés dans le livre, je vous conseille vraiment d’aller sur le blog de Jules Evans, car d’une part il est esthétiquement bien fait, et d’autre part il est très complet. À la section « philosophy for life » vous retrouvez en quoi chaque philosophe de l’antiquité peut participer à votre bonheur. C’est un sorte de très gros résumé de son bouquin qui ne relate juste pas les exemples utilisés dans le livre. C’est une bonne introduction à Jules Evans, mais c’est évidemment en anglais !

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Hallo! Je suis une Étudiante en Philosophie, une Grande Voyageuse, une Jeune critique et une Rédactrice pour plusieurs blogs/journaux... Je vous conseille en films, pièces, livres et voyages! D'ailleurs, je vis actuellement au pays du sirop d’érable... Tchuss! :)

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