Katarina Mazetti – Le mec de la tombe d’à côté

« Désirée se rend régulièrement sur la tombe de son mari qui a eu le mauvais goût de mourir trop jeune. Bibliothécaire de métier, et citadine pragmatique, elle vit dans un appartement tout blanc, très tendance. Au cimetière, elle rencontre le mec de la tombe d’à côté, dont l’apparence l’agace autant que la tombe avec sa stèle tape-à-l’ oeil. Depuis le décès de sa mère, Benny vit seul à la ferme familiale avec ses vingt-quatre vaches laitières. Il s’en sort comme il peut, de façon assez rustique, et grâce à une bonne dose d’humour et d’autodérision. Chaque fois qu’il la rencontre, il s’énerve contre la ‘Crevette’ qui occupe le banc au cimetière avec lui, avec son bonnet de feutre et son petit carnet de poésie. Rien, a priori, ne rapproche ces deux-là, et pourtant, il suffira d’un sourire qui éclate simultanément sur leurs lèvres, pour qu’ils soient tous deux éblouis. C’est le début d’une histoire d’amour assez cocasse. Ils sont tout le contraire l’un de l’autre. »

Le mec de la tombe d’à côté est un roman que l’on pourrait aisément comparer à une tranche de pain grillée sur laquelle fondrait délicatement le peu de beurre qui a été  amoureusement posé dessus. Même quand on est intolérant au lactose et au gluten ou tout simplement insensible au goût de ces produits typiques du petit déjeuner français, on ne peut demeurer indifférent à l’odeur d’un toast croquant et bien chaud recouvert de beurre fondant. C’est scientifiquement impossible.
Katarina Mazetti a une écriture – ou du moins une traduction française car je ne lis pas encore en suédois – douce, lisse et coquine à la fois. Jouant avec deux personnages totalement antagonistes, elle nous offre en alternance le point de vue de chacun sur une situation identique. Si cette narration polyphonique n’a rien de novateur, cela permet au roman d’éviter la platitude et la niaiserie inhérente aux histoires d’amour où tout indique que ça ne marchera pas mais qu’on tente quand même.

Voilà probablement d’ailleurs son point faible: la non-originalité thématique. Cette attirance irraisonnée et irraisonnable qui bouleverse l’ordre établi, c’est, permettez-moi de le dire, du vu, revu et rerevu (ainsi que du lu, relu et rerelu)… Un point faible partiellement effacé toutefois par la fin double, à la fois tranchante et ouverte, qui laisse le lecteur maître de choisir son camp et le bonheur au hasard des choses, comme c’est bien souvent le cas.

Le mec de la tombe d’à côté n’est certainement pas un roman révolutionnaire mais quelque part cette romance improbable, son côté actuel et un peu cru, est agréable, on ne peut décemment le nier.
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