Kill your darlings

« 1944, un meurtre commis par l’un de leurs amis rassemble les chefs de file de la Beat Generation, les poètes Jack Kerouac, Allen Ginsberg et William S. Burroughs. »

Voici un synopsis fait pour ravir les amateurs de la Beat Generation (comme moi), mais ne vous y méprenez pas! A l’instar d’un Nowhere Boy qui relatait uniquement la jeunesse de John Lennon et de son génie, ce film nous plonge dans les prémices d’une nouvelle ère écrite sans embrayer sur cette ère elle-même. Pas de « Sur la route« , de « Festin Nu » ou autre, mais seulement une bande d’ados en devenir. Un peu comme un cercle des poètes disparus, la drogue en plus.

Si James Franco nous proposait il n’y a pas si longtemps un Allen Ginsberg presque aussi vrai que nature dans « Howl« , il faudra admettre que Daniel Radcliffe assure également bien le rôle dans ce « prequel ». Il est certes difficile de se détacher de son image de jeune sorcier, mais sa prestation évolue tout au long du film de manière bluffante. Le casting est d’ailleurs géré de main de maître, refaisant réellement vivre William Burroughs tel qu’il était.

Pour un premier film, la réalisation de John Krokidas est vraiment intéressante, avec les jeux hallucinés de ces jeunes trippés. Le son est soigné afin de sembler sorti d’une vieille radio. Immersion dans les années 40, dans la réalité historique, scolaire et familiale de la bande. En effet, le cadre principal étant l’université,  le rapport particulier aux parents inhérent à l’époque est également démontré pour chacun. De la mère dérangée de Ginsberg au père intransigeant de Burroughs. Puis, on se doute bien que des universitaires drogués contestataires, ça rameute les parents à un moment ou un autre…

C’est au final une belle histoire d’évolution, de passage d’adolescent à adulte, de simple personne à un être extraordinaire. Une bande de jeunes qui se découvrent, face à l’homosexualité, la drogue, la mort, le meurtre. Une rencontre destructrice qui créera l’exception. Les débuts dans le monde et la débauche de ceux qui briseront la censure, lieront la drogue à la création, délireront et innoveront à en modifier la littérature du XXème siècle. Un petit écrin de bonheur pour tout amateur de lecture, s’achevant sublimement sur un diaporama de photos d’époque.

Sortie en salles le 19/03

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