La Buvette

Menu printanier, vert et romantique, oserais-je dire quasiment britannique avec un petit côté « je vais jardiner dans mon allotment et prendre ce que la saison peut nous donner de mieux, sans dénaturer le goût du produit ». Charmant, élégant mais pas snob, avec un chef qui semble aimer les agrumes et l’acidulé autant que moi, et des saveurs parfois un peu asiatisantes. C’est riche en découvertes, raffiné et gourmand. Déjà, quand dès la première bouchée, c’est-à-dire le pain sur la table, on se régale, c’est bon signe. Croûte craquante, bien grillée, le tout tartiné allégrement de beurre aux algues pour un résultat fumé, iodé, frais.

A côté, une « bière artisanale faite par des copines » (comment ne pas succomber à cette description?), j’ai nommé Eva. Blonde houblonnée qui allait super bien avec le reste. Puis la première entrée débarque: Roussette, radis, cresson. Pour détailler, roussette aka petit requin tendre, fumé et laqué avec un peu de sauce soja et zeste (de citron? yuzu?), quelques jeunes pousses un peu amères, des radis frais et craquants. Tout se joue sur le contraste de textures, de fraicheur ou de rondeur, et il y a, comme durant tout le repas, un bel équilibre entre l’acidulé et l’amer, les saveurs faisant des allers retours. Ensuite vient le chou rave, bergamote, nèfle. Le chou rave est moitié en purée, moitié servi cru, coupé finement. C’est rafraichissant, désaltérant, crunchy, puis soudain le fruité acidulé de la nèfle vient vous toucher. Très belle idée à reproduire à la maison. C’est l’heure de: « Lieu jaune », bisque. Intitulé minimaliste qui cache un filet doré et tendre et un jus au crabe presque un peu sucré (caramel? miel? beurre? noisette? beurre noisette?) que l’on aura saucé jusqu’à la dernière goutte. Puis « Fèves – Pied de cochon ». Je rajouterai: Cacahuètes croustillantes. Légèrement épicées. Tendresse et fraicheur des fèves. Croquant. Chlorophyllien. Terrine de pied de cochon. Riche, gélatine. Contraste. Vert. Fraicheur VS rondeur. Arrivent les gnocchis à l’ail des ours, des petits oreillers tendres et verts, accompagnés par un karnemelk / buttermilk / ayran / lait ribot (choisissez votre appellation préférée) réduit. C’est caramélisé, un peu salé, aigrelet et terriblement addictif. J’étais tellement concentrée sur mon plaisir gustatif que j’en ai oublié de prendre une photo, vous ne m’en voudrez pas, n’est-ce pas? Ce lait caillé c’est typiquement le genre d’idée que je n’ai malheureusement pas mais que je retiens sans vergogne pour reproduire à la maison.

Enfin, le dessert, chocolat blanc – citron. Un sorbet, une crème aérienne, léger et fondant à la fois. Au final, un très beau repas d’où nous repartirons conquis.

Bonus: Non seulement c’est beau et succulent, mais l’équipe est également très sympa et ça fait plaisir de voir des collègues qui ont l’air de bien s’entendre, c’est le détail qui rend un repas encore plus convivial et appréciable.

La buvette
108 Chaussée d’Alsemberg
1060 Saint Gilles.

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