La chute, cette belle envolée : un roman qui fait du bien !

Elia mène une vie heureuse. Un job stimulant, une vie amoureuse épanouie, un quotidien bien rempli. Le rêve de toute personne. Tout roule pour cette femme à laquelle chacun pourrait (ou voudrait) s’identifier.  Pourtant, ce bonheur ne tient qu’un à un fil. Il est un fragile équilibre. Elia en fera l’expérience. C’est à ce lent anéantissement que le lecteur assiste, étape par étape, impuissant. Probablement comme toute personne face à l’effondrement de celui ou celle qu’on aime.

Cette chute, c’est l’auteure belge Amélie Dieudonné qui nous la raconte, simplement, rationnellement. Même si elle insiste sur le fait que ce récit est un roman, il est certain qu’il sera le reflet de la vie de certains qui y trouveront leur histoire mise en mots. Ils y liront également un message d’espoir.

Une histoire universelle

Les épreuves qu’Elia devra affronter sont celles que nous sommes tous et toutes à même de vivre. C’est ce qui donne à ce témoignage une portée universelle. Si Amélie Dieudonné a écrit, c’est pour elle, pour se guérir. Oui, l’écriture est un moyen de se libérer de ce qui est resté trop enfoui, de se soigner en se confrontant à soi-même. L’auteure en est la preuve. Mais si ses « sensations sont éphémères [et] figées », le lecteur doit aussi les prendre comme une leçon pour lui-même. Qu’il les lise comme un espoir ou un remède, qu’importe. Qu’il sache seulement que ce récit peut l’inspirer.

Au 21ème siècle, la génération des trentenaires vit écartelée entre tous ces impératifs contradictoires. Se passionner pour son travail tout en gardant une vie sociale active. Chercher la stabilité mais accumuler les expériences. Aider à tout prix mais penser à soi avant tout. Comme des injonctions non discutables, il nous est demandé d’être fort(e) tout en s’acceptant tel que nous sommes. L’histoire d’Elia nous apprend qu’en réalité, il n’y a qu’une bonne façon de faire : s’écouter, quitte à prendre des décisions difficiles, tout en acceptant ses faiblesses pour pouvoir se guérir.

Une écriture simple, sans détour

La force de ce morceau de vie réside non seulement dans sa portée universelle mais également dans son écriture. Celle-ci est épurée, nettoyée de tout ce qui pourrait la rendre dégoulinante de bons sentiments, confinant alors non au pathétique mais à l’efficacité. L’auteure le confesse elle-même, elle a écrit de manière spontanée, « quasi à la manière d’un journal intime ». Pas de grandes phrases, ni de grands mots. Loin des artifices, on comprend Elia, on comprend Amélie Dieudonné comme si c’était elle qui nous racontait son histoire. S’ajoute à cela une narration coupée qui établit des ponts entre le passé et le présent qui convergent vers un moment, celui de l’envolée.

Une belle leçon

Si les épreuves d’Elia l’ont pour un moment abattue, elle ne se laissera pas faire. Et c’est là le nœud de ce récit et ce qu’il faut en retenir. Nous avons tous des ressources inestimables et inconnues en nous. Il suffit parfois de toucher le fond pour en prendre conscience. Oui, on peut s’effondrer, on peut être à terre. Mais nous pouvons (devons ?) connaître cette envolée tant attendue, en puisant en nous-mêmes et en comptant sur ceux qui nous aiment. La chute, cette belle envolée, est un roman d’Amélie Dieudonné à lire aux éditions L’Harmattan (2019).

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