La fin de la saga Millénium : la Fille qui devait mourir

L’été passé, le tome ultime de la saga Millénium est sorti. Intitulé La Fille qui devait mourir, il clôture la série de livres initialement écrite par Stieg Larsson et poursuivie par David Lagercrantz. Si certains regrettent qu’un auteur autre que Larsson ait repris l’histoire, d’autres attendaient avec hâte ce roman. Compte-rendu après lecture et avant la sortie en poche de cette dernière aventure.

Le polar scandinave : histoire d’un succès

Les trois premiers volumes de Millénium se sont écoulés à plus de 5 millions d’exemplaires. D’ailleurs, la collection Actes Noirs a été fondée spécialement pour la publication du premier volume de Stieg Larsson. Les noms à consonance scandinave dans les rayons des librairies ne nous étonnent plus aujourd’hui. Camilla Läckberg, Jo Nesbo et bien d’autres encore, forment ce qu’on nomme aujourd’hui « l’école scandinave » du polar noir et ça fait du bien. Pourquoi ? Parce que loin de l’académisme des « grands classiques » francophones, le polar suédois nous apporte une nouvelle vision du monde tout en nous offrant une aventure haletante. La dimension critique est également très présente dans ces romans qui n’hésitent pas à dresser un portrait virulent des ces pays si souvent loués par la communauté internationale. C’est Camilla Läckberg qui n’hésite pas à insister sur l’implication de la Suède dans le nazisme dans L’enfant allemand, c’est Stieg Larsson qui pointe du doigt les laissés pour compte de Stockholm.

Un Millénium comme les autres

Tandis que le héros Mikael Blomkvist piétine à tous les niveaux de sa vie, Lisbeth Salander demeure introuvable. Au même moment, un sans-abri est découvert sans vie dans les rues de Stockholm. Si ce décès n’intéresse pas grand monde, la médecin légiste qui effectue l’autopsie n’est pas de cet avis et contacte le journaliste. C’est le début d’une enquête haletante.

C’est également dans ce tome que l’enfance de Lisbeth sera mise en lumière sous un angle inédit. Sa relation avec sa sœur et son rapport au passé trouveront ici une fin toute en suspens.

Une recette toujours gagnante

On pourrait penser qu’après cinq tomes, la lassitude gagnerait le lecteur. Loin de là ! Le secret de l’auteur ? Ancrer son enquête dans des thématiques actuelles. Dans ce cas-ci, les usines à trolls et le tourisme d’Asie qui se fait parfois au détriment des locaux. L’auteur documente ses romans et pour cause : David Lagercrantz est lui-même journaliste, tout comme Stieg Larsson l’était.

Une autre formule adoptée par les deux auteurs : mener une enquête par roman tout en maintenant le suspense avec une histoire que l’on retrouve dans chaque livre, à savoir la vie de Lisbeth Salander. Les lecteurs du premier volume se sont attachés à ce personnage fort, sensible, imprévisible. La Fille qui devait mourir leur permettra de répondre à toutes les questions laissées en suspens dans les tomes précédents.

Une clôture nécessaire ?

Si le premier auteur est décédé prématurément, la série devait compter 10 volumes. Le 4ème tome était écrit aux trois quarts mais suite à une querelle juridique, les fans de la première heure ne connaîtront jamais le contenu de ce manuscrit non publié. Pendant l’écriture de son roman, l’auteur faisait des recherches sur les coffres-forts mais nous n’en saurons jamais davantage. Je vous laisse donc sur ce mystère.

Lorsque David Lagercrantz reprend la saga, ce choix ne fait pas l’unanimité. Pourtant, il serait injuste de dire que ce dernier aurait trahi l’esprit des trois premiers volumes. Tous les ingrédients sont présents, pour notre plus grand bonheur. S’il a repris les personnages imaginés par Larsson, il a créé sans faire de pastiche. Pourtant, finir la série est une sage décision afin d’éviter de tomber dans le remâché ou le « toujours plus » (ce qui est le cas du dernier Camilla Läckberg avec La Cage dorée) et rien que pour cela, la plume de David Lagercrantz mérité d’être saluée.

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