La foire du livre de Bruxelles 2011

 « Le monde appartient aux femmes !

Douce ironie, affirmation hasardeuse, constat masculin, voire machiste ? Tout cela à la fois sans doute ! Lorsque Philippe Sollers commençait son célèbre roman, Femmes, à l’aube des années 80, en proférant « le monde appartient aux femmes », il ne manquait pas d’enchaîner en disant « là-dessus, tout le monde ment ».  En 2011, la Foire du Livre lève le voile ! Par cette affirmation audacieuse, la Foire du Livre entend sonder les femmes et leur rapport aux hommes et au monde. « 
Pour avoir côtoyé au plus près le monde de la Foire de Bruxelles en tant qu’exposante, je puis poser une critique double: côté cour et côté jardin.
Et, malheureusement pour Ana Garcia et ses compatriotes, mon avis n’aura rien d’un coup de pub pour la Foire de 2012. N’ayons pas peur des mots, côté cour(toisie), le public – qui semble déjà prêt à payer entre 5 et 7 euros par pur amour du livre pour ensuite se ruiner tant le dos que le portefeuille – se voit accueilli  avec un sourire au doux prix minimal de 4 euros pour les motorisés, de 1 euro pour les plus couverts, de  4 euros 50 pour les affamés et de 2 euros 50 pour les assoiffés. Soit une base de 17 à 19 euros pour les visiteurs motorisés couverts déshydratés et crevant la dalle. En outre, une entrée placée en plein milieu de la foire flanquée d’une sortie s’inspirant vraisemblablement de l’homme invisible, des espaces bouffe lugubres et des aires de repos pratiquement inexistantes achèvent de dégouter ces braves gens qui viennent acheter des bouquins qu’ils auraient probablement pu commander sur le net avec, même, une potentielle réduction pour l’une ou l’autre raison promotionnelle. Par dépit ou contrainte, une bonne partie de ceux-ci adoptent alors une attitude cliente que l’on qualifierait par la charmante expression  « faire profil bas » ou « oui j’achète, mais euh… Pas trop ». Pour le plus grand déplaisir, évidemment, du côté jardin.
En effet, après le bêchage plus qu’éprouvant (et coûteux) puis l’amoureux plantage de leurs petites graines en papier, les éditeurs n’ont qu’un seul espoir: rentabiliser leur venue par un nombre de ventes minimal. Parce qu’il ne faut pas croire qu’il n’y a que le pauvre public opprimé qui paye une fortune pour venir. Non. Les modestes exposants qui viennent dans l’espoir de promouvoir leur petite maison d’édition vivotant plus ou moins correctement, cherchant à la fois à creuser leur niche,  créer leur ligne, montrer leur originalité et justifier leur existence, ces doux rêveurs doivent eux aussi débourser un paquet de fric pour un stand en carton qui ne paye pas de mine.  Et pour le reste? C’est en supplément! Un investissement conséquent donc pour finalement se faire largement voler la vedette par les gros groupes aux stands aussi grands que votre salon dont les livres sont  déjà connus par le lecteur lambda et aisément trouvables à chaque coin de rue (ou presque).
Bref, une grosse pompe à fric, comme la plupart des événements culturels d’aujourd’hui à peine compensée par le thème (pas suffisamment mis en exergue sur la Foire même), les dédicaces (aux files parfois longuettes) et les conférences (pas toujours très bien menées). Heureusement qu’il existe les retombées commerciales et les entrées gratuites !
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