La grande anthologie de la science-fiction – Histoires de robots

Cette anthologie datant de 1974 au thème plus qu’évident (suffit de lire le titre, n’est-ce pas ?) nous offre dix-sept nouvelles aux héros d’acier, pour notre plus grand bonheur !
Vraiment ? Non. Pas toujours. Malgré un directeur d’anthologie consciencieux et très doué, nous n’avons pas retrouvé cette uniformité de qualité nécessaire à la création d’une anthologie dont le principe sélectionnel se doit d’offrir le meilleur à ses lecteurs. Une certaine déception, donc, face à certaines nouvelles dont l’intérêt est moindre comparées à d’autres (apparaissant ou non dans cette même anthologie).
Mais passons rapidement en revue des dix-sept petites nouvelles, si vous le voulez bien (si pas, passez votre chemin, très chers) !
La première nouvelle, qui s’intitule « Un mauvais jour pour les ventes« , est écrite par Fritz Leiber qui nous montre un robot commercial pris à son insu dans une catastrophe naturelle. N’ayant qu’une fonction publicitaire, il devient obsolète dans un monde dévasté. Trop brève, cette nouvelle laisse le lecteur sur sa faim par sa forme inachevée
Mauvais début, donc, rattrapé par la seconde nouvelle « Le sixième palais » de Robert Silverberg. Avec un robot gardien d’un trésor, Silverberg illustre avec brio l’incessant combat intellectuel entre l’homme, créatif et instinctif, et le robot à la logique implacable et immuable. Suit alors « L’Homme minimum » de Robert Sheckley. Une nouvelle purement géniale où comment un robot peut être conçu pour avoir la poisse! Bien narrée, bien pensée, bien terminée, rien à redire. Remercions ces chers Robert !
« Boomerang » d’Eric Frank Russel se défend très bien aussi. Illustrant les contradictions internes que peuvent subir les robots à travers une critique du pouvoir et de la politique, cette nouvelle fait pourtant preuve d’un peu trop de légèreté dans son exploitation thématique. Juste après,  voilà Asimov qui, quant à lui, est égal à lui-même dans « Menteur ». Excellente nouvelle à la psychologie fine mettant en scène un robot au défaut de construction plutôt surprenant qu’est le pouvoir télépathique, modifiant dangereusement son interprétation des trois lois. Aussi subtile que délicieux !
Malgré un tirage en longueur et une petite lourdeur narrative, Lester del Rey nous offre un jeu de cache-cache robot/humain sur base de déséquilibre mental très pertinent dans « Cure de jouvence » alors qu’Anthony Boucher semble brouillon dans sa nouvelle « A la recherche de saint Aquin » mêlant Religion et Machine de manière trop nébuleuse… Bien que l’idée de base soit bonne !
« Châtiment sans crime » de Ray Bradburry aborde le robot comme objet pur, remplacement bien pratique de l’homme mais surtout repose la question de la délicate limite entre l’intention et l’acte en y ajoutant une donnée: l’exutoire… Un peu rapide mais bien pensée alors que « Septembre avait trente jours » traîne en longueur. Heureusement, l’exploitation thématique, à savoir l’abêtissement culturel massif, ainsi que le dénouement de la nouvelle sont des plus intéressants.
« Hélène O’Loy » de Lester del Rey a beau être célèbrissime pour être un des premiers robots ne développant pas le complexe de Frankenstein, il n’empêche qu’un robot amoureux de son créateur au point d’en être mièvre à mourir et une narration un peu faible affadi son concept novateur! Heureusement Clifford Simak nous offre un magnifique « Brikol’âge » avec un robot reproducteur aux instincts maternels. Il est un peu trop « humanisé sentimentalement parlant (mais après tout, on lui pardonne car c’est un prototype expérimental) mais zélé et plein de bonne volonté, pour le plus grand malheur de son hasardeux propriétaire !
Si on s’ennuie un peu lors de la lecture de « L’Androïde assassin » d’Alfred Bester nous narrant la fuite d’un homme et de son androïde qui… je vous laisse deviner… assassine des hommes, l’analyse psychologique et le raisonnement concernant le robot sont très sympathiques alors que « L’Artiste et son œuvre« , abordant l’implantation de personnalités mortes dans le cerveau d’êtres normaux,  n’offre aucune retombée marquante malgré un début prometteur.
Le dénouement spectaculaire de « Le tunnel sous l’univers » et le suspense distillé tout au long de sa narration font de cette nouvelle un très bon produit littéraire! Frederick Pohl nous conte ici l’histoire d’une ville matraquée sous les annonces publicitaires revivant sempiternellement le même jour sans s’en rendre compte. Tous sauf deux citoyens qui cherchent à comprendre le comment  mais surtout le pourquoi et  le qui de toute cette affaire… Quant à la nouvelle « Le gardien du savoir« , Walter M. Miller Jr. nous balance dans un monde de crétins atechnologiques divinisant un robot somme toute très basique. Rien de très novateur ou d’original.

Les deux dernières nouvelles se font merveilleusement écho de par leur thématique commune: comment réagit un robot lorsqu’il est livré à lui-même parce que l’homme a disparu ? Si dans « Instinct« , les premiers cherchent à tout prix à le récréer, les robots d' »Amnésie » ont totalement oublié l’existence de l’être humain… A travers deux types de réactions et d’incompréhensions, Lester del Roy et Peter Philips nous offrent deux analyses de la robopsychologie très riches et plutôt plaisantes… !

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