Là où chute Ernest, il y a toujours la tendresse de Célestine

On ne remerciera jamais assez Vincent Patar, Stéphane Aubier (d’ordinaire si aptes à partir dans des délires merveilleux) et Benjamin Renner d’avoir remis au goût du jour l’Ernest et Célestine de Gabrielle Vincent, de nous les avoir fait redécouvrir. Car oui, dans le monde de la littérature pour enfant, tout change très vite, de nouveaux héros prennent la place d’autres qui sont très vite relégués injustement au domaine du ringard. Grâce à un film, Ernest et Célestine, les jolis personnages de Gabrielle Vincent, sont devenus intemporels de tendresse et de réconfort. Autant l’avouer, avant ce film internationalement reconnu (un César, un Magritte mais aussi des prix à Stuttgart, à Seattle, à Dubaï et une nomination aux Oscars), je ne connaissais pas ces deux héros de papier, je n’ai pas grandi avec… Et c’est regrettable. Et c’est tant mieux que Casterman et ses Albums aux formats luxueux rééditent en ce mois de janvier La chute d’Ernest paru initialement en 1994 aux éditions Duculot/Casterman. Plus que pour prolonger le plaisir du film, voilà une manière douce et délicate de retrouver l’univers de l’aquarelliste et illustratrice belge, de ce qu’elle avait créé, de toute beauté, avant que l’animation ne s’en saisisse.

La chute d'ernest célestine

Ainsi, les préparatifs des deux amis, ours et souris, vont bon train: l’affaire n’est pas banale, Ernest et Célestine sont invités au mariage de l’ami Jérôme. Tout est prêt, sauf peut-être Célestine qui cherche encore son plus bel habit pour se faire charmante demoiselle d’honneur. Mais au moment d’aller chercher le train, trop de précipitation et… PATATRA! Ernest est par terre et saigne, impossible de se rendre au mariage. Le chagrin et les mines déconfites règnent.

La chute d'ernest sang

Eh oui, chute et petits bobos sont aussi le lot d’Ernest et Célestine. Heureusement, Célestine se montre belle et rassurante doctoresse. Et Gabrielle Vincent avait ce don de jongler avec plaisir des yeux et bons sentiments. C’est tendre, gentil et somptueux. Chaque dessin est une ode à la vie, à sa richesse, au partage. Et surtout, ça n’a pas d’âge: bien sur, ça plaira (énormément) aux enfants pour qui Ernest et Célestine sont un peu des doudous dessinés et émouvants, mais aussi aux grands. Preuve, j’ai 23 ans, certainement pas l’âge d’avoir des enfants, mais quelle joie de se laisser emporter dans cette aventure au banal formidable. Incontournable et intemporel, au même titre que les Martine et tous les autres. Et, quand je vois la production actuelle où les dessins sont parfois sommaires, rapides et bien laids, je me dis que Gabrielle Vincent avait tout compris: qu’on peut faire une oeuvre à destination d’un public au jeune âge tout en faisant de chaque page une oeuvre d’art, une beauté de papier et d’imaginaire.

La chute d'ernest en route

Gabrielle Vincent, La chute d’Ernest, Casterman, coll. Les albums Casterman, 32 p., 14,50 €.

Tags from the story
Written By

Cultureux vorace et journaliste avide, je me promène entre découvertes et valeurs sûres, le plus souvent entre cinéma, musique et bandes dessinées mais tout est susceptible d'attirer mon attention :)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *