La Russie de Moscou à Saint-Pétersbourg

Naviguer sur la Volga entre Moscou et Saint-Pétersbourg… S’il y avait un voyage que je voulais absolument faire au moins une fois dans ma vie, c’était bien celui-là. C’est fait, et j’ai déjà envie d’y retourner.

Le voyage commence donc à Moscou. La première chose qui frappe l’étranger qui débarque dans la capitale russe, c’est le trafic. Il y a des voitures partout, il y en a tellement qu’on avance à peine ; le plus souvent, on est carrément à l’arrêt. Les autoroutes ne s’arrêtent pas à l’entrée de la ville. En fait, Moscou est une ville traversée par des routes qui font souvent huit bandes de larges (quatre dans un sens, quatre dans l’autre), et même plus à certains endroits. Il y a quelques mois, Jean Quatremer avait soulevé un tollé avec son article « Bruxelles pas belle » dans lequel il dénonçait, entre autres, les « autoroutes » qui traversaient Bruxelles. Que Quatremer aille faire un tour à Moscou : la Rue Belliard, à côté, passerait presque pour une paisible route de campagne.

Premier arrêt : la Place Rouge. Tous les Francophones du monde la connaissent grâce à la chanson de Gilbert Bécaud. Mais au moment où je la visite, la Place Rouge n’est pas vide et ma guide ne s’appelle pas Nathalie… La Cathédrale Basile-le-Bienheureux est encore plus belle en vrai qu’en photo avec ses bulbes de couleurs vives. Il y a aussi le Kremlin, le grand-magasin GUM (l’équivalent des Galeries Lafayettes parisiennes) et… le Mausolée de Lénine. L’ex-chef de file des Bolchéviques y repose encore aujourd’hui et une longue file se forme chaque jour pour aller le saluer. Encore plus incroyable : Staline est enterré juste à côté du Mausolée de Lénine, et à côté de Staline repose… Yuri Gagarine, le premier homme dans l’espace.

La Cathédrale Basile-le-Bienheureux
La Cathédrale Basile-le-Bienheureux
Le Mausolée de Lénine devant le Kremlin
Le Mausolée de Lénine devant le Kremlin

L’après-midi, on visite le Kremlin, le centre du pouvoir russe. La guide nous informe que Poutine n’y travaille pas beaucoup, et quand il y vient, il vient en hélicoptère pour éviter les bouchons… C’est sur le Kremlin qu’on trouve l’Eglise en pierre la plus ancienne de Moscou, la Cathédrale de la Dormition de la Vierge. C’est ici que tous les tsars se marièrent et furent couronnés à partir d’Ivan IV « le Terrible. » On quitte le Kremlin pour visiter la Cathédrale du Christ-Sauveur, mieux connue en Occident pour avoir été la cathédrale dans laquelle les Pussy Riot furent arrêtées… Autant dire que les contrôles de sécurité à l’entrée de l’édifice sont sévères.

La Cathédrale de la Dormition de la Vierge
La Cathédrale de la Dormition de la Vierge

Autre curiosité à Moscou : le métro, construit sous Staline. Les stations de métro sont hallucinantes. Elles ressemblent à des églises ou des palais. Les murs sont recouverts de marbre, les plafonds sont recouverts de mosaïques à la gloire du parti communiste, les lustres scintillent de mille feux. On a l’impression de faire un saut dans le temps. La visite de Moscou se termine le lendemain avec une visite au Musée Tretiakov, le plus grand musée d’art russe au monde.

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Le métro de Moscou

Le bateau commence alors sa route vers Saint-Pétersbourg. En chemin, nous nous arrêtons chaque jour pour visiter les villes et villages qui longent le fleuve. Nous visitons Ouglitch, puis Yaroslavl. En route, nous croisons le clocher submergé de Kaliazine. C’est tout ce qui reste du village qui fut englouti pour créer un lac artificiel. Nous croisons aussi Mère Volga, une grande statue de l’époque staliniste qui symbolise l’importance du fleuve dans l’histoire russe. Nous nous arrêtons ensuite au monastère de Saint-Cyrille du Lac Blanc à Kirillov. On traverse ensuite le lac Onéga, un lac d’une superficie de 10.000 km². A ce moment-là, on se croit en pleine mer. On ne voit rien à l’horizon. On y visite l’île de Kishi, une île classée à l’UNESCO sur laquelle furent reconstruites d’anciennes maisons et églises en bois. Le dernier arrêt avant Saint-Pétersbourg a lieu à Mandroga, sorte de musée en plein air « Disneyland » dans lequel on croise plus d’Espagnols et de Chinois que de Russes. Mais il y a aussi une forêt où l’on trouve des sculptures en bois de personnages des contes de Pouchkine. Puis on traverse le Lac Ladoga et la rivière Neva pour arriver dans la plus européenne des villes russes.

Le clocher submergé de Kaliazine
Le clocher submergé de Kaliazine
Mère Volga
Mère Volga
Mandroga
Mandroga

En effet, Saint-Pétersbourg fut fondée en 1703 par Pierre le Grand comme une « fenêtre sur l’Occident. » Les grands palais qui bordent les avenues font très fort penser aux palais baroques qu’on trouve en France et en Italie. Mais on y trouve aussi des palais Art Nouveau, comme le grand magasin Elisseïev situé sur la célébrissime Perspective Nevski. Les églises et cathédrales ici ne sont pas russes, leur architecture est italienne. Nous visitons la Forteresse Pierre-et-Paul, dont l’église est connue dans le monde entier comme le lieu de sépulture de nombreux tsars. La dernière famille impériale, les Romanov, y repose également. Un autre passage obligé, pour moi en tout cas, est la rue Rossi, mieux connue sous le nom de « la rue aux proportions parfaites ». La rue fait 22m de large, 22m de haut et 220m de long… Je rêvais de la voir depuis la vision des Poupées Russes de Cédric Klapisch. Dans le film, Romain Duris y poursuit une jeune fille parfaite, comme la rue…

La Perspective Nevski
La Perspective Nevski
La Forteresse Pierre-et-Paul
La Forteresse Pierre-et-Paul
La rue Rossi
La rue Rossi

L’après-midi, départ pour Peterhof, le « Versailles russe ». Mais, en fait, Peterhof est très différent de Versailles. Pierre le Grand aimait faire des blagues à ses invités et a truffé son jardin de fontaines cachées dans les allées et de faux arbres. Le jour où je m’y trouvais, il faisait une chaleur étouffante et le parc était rempli d’enfants en maillot de bain qui couraient d’une fontaine à l’autre. Niveau ambiance, c’était beaucoup plus rigolo que Versailles !

Peterhof
Peterhof

Une fois la nuit tombée, on repart en ville pour apercevoir un phénomène typiquement pétersbourgeois. En effet, à partir d’1h du matin, les ponts de la ville s’ouvrent un à un pour laisser passer les grands bateaux. Le spectacle est magnifique, aussi bien pour les spectateurs restés sur les berges que pour ceux qui admirent le spectacle depuis les nombreuses barques qui parcourent la Neva.

Saint-Pétersbourg by night
Saint-Pétersbourg by night

Enfin, nous avons également visité le Musée de l’Hermitage. Ce palais baroque de couleur vert-turquoise abrite une des plus grandes collections d’art du monde, allant de l’art préhistorique à l’art moderne. Le musée compte parmi les plus belles collections de Rembrandt, Van Dyck, Picasso et autres Gauguin. Mais surtout, il abrite en ce moment la Manifesta, la biennale européenne d’art contemporain. Pour l’occasion, le musée a dispersé dans ses salles des œuvres d’artistes contemporains et actuels, comme une installation de Joseph Buys (en provenance du SMAK, à Gand). Mais l’œuvre la plus visible est sans conteste celle de l’artiste belge Francis Alÿs. Il s’agit d’une Lada verte écrasée contre un arbre dans la cour intérieure du musée. Alÿs avait tenté de rallier la Russie en Lada depuis la Belgique au temps du communisme. Cette première tentative avait échoué. Pour la Manifesta, il retenta sa chance. Le voyage fut complété il le termina en écrasant symboliquement sa voiture au pied de l’Hermitage…

Le Musée de l'Hermitage vu depuis la Neva
Le Musée de l’Hermitage vu depuis la Neva
Francis Alÿs à la Manifesta
Francis Alÿs à la Manifesta

La Lada de Francis Alÿs marque également la fin de mon voyage dans un pays qui m’a fasciné et que je compte bien, un jour, revisiter. Pourquoi pas en arpentant une autre route mythique : celle du Transsibérien.

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Diplômée en Histoire de l'Art et en Etudes culturelles, Margaux s'intéresse tout particulièrement à l'art moderne et contemporain.

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