La serva amorosa

« Considérez d’abord : une dame plus toute jeune (Béatrice) – mariée en secondes noces avec un trop bon et viel homme (Octave)- capable de tout pour couronner son mariage d’un testament en faveur de son benêt de fils (Lelio). Ajoutez ensuite à ce bon époux, un héritier légitime d’un premier lit (Florindo), épris de la ravissante fille (Rosaura) de son vieil ami (Pantalone). Vous entrevoyez déjà la machine de guerre qui peut se mettre en route pour servir les desseins des personnages ! Et pour la succession des stratagèmes, rebondissements, quiproquos et conjectures qui mèneront la fable à se terminer joyeusement, vous pouvez compter sur l’inouïe Coraline ! La plus adroite et loyale des servantes de chair et d’os qui, gérant sa fine équipe (Arlequin et Brighelle) à l’esprit diversement affuté, fera triompher… l’amour, notre seul atout. »

En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, nous voilà plongé en pleine commedia dell’arte. Masques, grimages, personnages récurrents et caricaturaux, costumes incongrus, pirouettes et cacahuètes (ou plutôt saucisson), tout y est !

Endiablée, la furie italienne s’emballe et nous plonge dans une histoire sotte, une histoire drôle, une histoire d’injustices et de manigances mises à mal par une jeune femme au dévouement et à la loyauté de fer.

Sorte de Figaro au féminin, Coraline est fine et rusée, fière et honnête, fidèle et droite mais aussi jolie, vive et intelligente. Bref, une femme, et quelle femme ! Une simple servante…

Une héroïne, donc, qui non seulement met à mal l’aveuglement des gens plus fortunés qu’elle mais aussi – et surtout ! – qui place la femme, une fois n’est pas coutume, sur un pied d’égalité avec l’homme. Une pièce qui met en perspective la valeur intrinsèque de l’être humain, uniquement quantifiable par ses vertus morales et non par sa position dans la société ou encore son sexe.

Mélangeant les genres, Pietro Pizzuti s’amuse et ça se voit. Les classifications, les chemins battus, très peu pour lui. Dans sa mise en scène, il tente à la fois de nous plonger dans le monde théâtral italien du 18e, tout en y ajoutant des petites touches contemporaines comprenant des anecdotes et des clins d’oeil totalement actuels. Mais il n’est pas le seul à s’amuser. Les acteurs, dont l’énergie est tout simplement sidérante, eux aussi se prennent au jeu !

Que dire de plus si ce n’est que si vous aimez les comédies italiennes au comique de geste, de situation et de moeurs plutôt francs, vous serez ravis d’aller passer 1h50 (sans entracte) au Public? Rien probablement !

Du 15/01 au 02/03 au Théâtre Le Public, 64-70 rue Braemt à 1210 Bruxelles. Les tarifs sont de 7 à 25€.

De : Carlo Goldoni.

Mise en scène : Pietro Pizzuti.

Avec: Patricia Ide, Maroine Amimi, Grigory Collomb, Joëlle Franco, Pietro Marullo, Quentin Minon, Marvin Mariano, Flavia Papadaniel et Réal Siellez.

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