La solitudine dei numeri primi

 
« 1984, 1991, 1998, 2007. Autant d’années qui séparent la vie de Mattia et d’Alice. Deux enfances difficiles, bouleversées par un terrible événement qui marquera à jamais leur existence. Entre leurs amis, leur famille et leur travail, Mattia et Alice sont malgré eux rattrapés par leur passé. La conscience d’être différent des autres ne fait qu’augmenter les barrières qui les séparent du monde, les menant à un isolement inévitable, mais conscient. »

Sans être un chef-d’oeuvre cinématographique, ce film (adaptation du livre de Paolo Giordano) arrive à nous toucher à travers le désespoir et l’isolement des deux protagonistes accablant pleinement le spectateur tout le long du film. La production est sympathique bien qu’un peu maladroite (les passages d’une époque à l’autre étant peut-être un peu trop abrupts), les acteurs – jusqu’ici inconnus de ma personne – ne sont pas mauvais et, si de nombreux éléments sont laissés à l’interprétation du spectateur, cette liberté n’est pas (trop) dérangeante.

Au niveau du scénario, regrets, non-dits, manipulation, cruauté, aliénation…  La solitudine dei numeri primi n’avait nullement la prétention d’être comique et, en effet, ce ne l’est pas. Drame dans toute sa puissance, l’amitié infaillible de ces deux enfants à qui fut volée leur insouciance ne compense pas leur affligeante torpeur. En effet, un manque cruel d’engagement cinématographique empêche ce film d’être plus qu’une présentation simple et vide de deux vies torturées. Pas de jugement, pas d’explication, pas de messages, Saverio Constanzo ne se mouille pas.

Un intérêt est à mettre en exergue, pourtant: la réflexion que cette présentation induit. Splendide démonstration de kidnapping parental, la destinée à peine choisie d’Alice et Mattia ne manque pas de nous ébranler pleinement, nous enjoignant à projeter en parallèle la confrontation de nos choix d’avenir à notre propre relation parent-enfant sur notre écran mental. Leur différence et leur isolement (dont les causes sont pleinement différentes) nous offre aussi le loisir de nous questionner sur notre propre position dans le monde qui nous entoure.  Ainsi, sorte d’antithèse du film précédent (à savoir 127 hours), la solitudine dei numeri primi ne nous en met pas plein la vue mais inflige à notre cerveau une activité  conséquente, approchant carrément la surchauffe.

Bref. Une double conclusion rapide:
– Un film à voir si toutefois on apprécie et ne craint pas les questionnements internes mais peut-être à éviter si on est préalablement déprimé.

– Un livre en plus à rajouter à la longue liste des prochains achats afin de savoir si Paolo Giordano est plus présent dans son livre que Constanzo ne l’est dans son film…
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